Votre avis sur La Favorite ?
2,5
Publiée le 16 décembre 2022
La guerre pour être « la favorite » de la reine est lancèe! Attention ce n'est pas du cinèma de tout repos et encore moins un film facile à regarder, sans doute parce qu'il contraint le spectateur à rester en èveil! En partant d'un fait historique, Yórgos Lánthimos fait du Yórgos Lánthimos avec des effets de camèra pas toujours utiles (le grand angle, le fisheye avec cet amorti qui arrondit ...). J.J Beineix faisait ça à une èpoque. Aujourd'hui c'est dèpassè, ça alourdit les images, cassant le rythme au passage! Mais les dècors sont somptueux, comme les costumes! Tout repose en fait sur l'excellent trio d'actrices dont la remarquable Olivia Colman, justement rècompensèe par un Oscar à Hollywood, qui se livre ici à des folies ètonnantes! il faut la voir malade de la goutte ou engueuler un jeune garde qui n'avait rien fait si ce n'est son travail de planton! Plus que tout se manifeste un cynisme à tout èpreuve qui donne, finalement, à ce monde dominè par les femmes, une sorte de dèlire grotesque (cf. la course aux canards). Une oeuvre à rèèvaluer...
5,0
Publiée le 6 février 2019
Outre une guerre fratricide et féminine il ne faut pas omettre la dimension politique "intra-familiale", la Reine Anne étant proche du partie Tories alors que Sarah est du partie Whigs. Si les scénaristes ont beaucoup étudié la correspondance des protagonistes pour écrire le scénario et enrichir cette page peu connue de l'Histoire il y a pourtant des libertés prises ; par exemple les lapins, le lesbianisme, l'empoisonnement ainsi qu'une chronologie chamboulée... Ce film entre drame historique et thriller psychologique est un grand film qui ne pêche que par quelques libertés prises avec les faits. La beauté formelle sert merveilleusement un fond vénéneux et anxiogène.
Site : Selenie
3,0
Publiée le 25 février 2019
Comme dans le film d'Adam McKay", on remarque ici que la personne à la tête d'un pays n'est pas forcément la plus puissante... La reine Anne occupe bien le trône d'Angleterre, mais c'est bel et bien Lady Sarah, sa femme de confiance qui prend toutes les décisions à sa place. Anne est une reine instable qui est décrite comme une femme un peu bête et surtout très influençable. L'influence joue un grand rôle dans ce film au même titre que les manigances et manipulations en tout genre. L'équilibre créé par Lady Sarah va être bouleversé lors de l'arrivée d'Abigail qui des ambitions élevées et qui va savoir s'y prendre pour arriver à ses fins. Maître dans l'art du bizarre, Yorgos Lanthimos récidive une fois de plus en s'amusant des codes du film historique, mais sans pour autant tomber dans la grossière parodie même si tout n'est pas très fin au niveau des dialogues ou des situations. Le plus intéressant dans ce film est le triangle amoureux avec ces deux femmes qui font tout pour devenir comme le titre l'indique la favorite de la reine. Les trois actrices s'en sortent bien, mais j'ai beaucoup aimé Emma Stone qui pour moi représente totalement l'esprit de ce film avec son ton décalé et corrosif. Pour le reste comme les enjeux politiques avec cette guerre entre l'Angleterre et la France, ce n'est pas assez développé pour apporter réellement quelque chose au récit. Comme toujours avec ce réalisateur, la forme est très soignée avec une jolie mise en scène, quelques superbes plans et une reproduction d'époque parfaitement reconstituée que ce soit les décors ou les costumes. Ce que je reproche au film, c'est d'être un peu trop long et par conséquent de s'essouffler lorsqu'il n'y a plus rien à tirer de ce triangle amoureux. Au final, ce nouveau Yorgos Lanthimos est pas mal, mais ce n'est pas non plus à la hauteur de ce qu'il a pu faire par le passé comme récemment avec l'excellent "The Killing of a Sacred Deer".
3,0
Publiée le 23 mars 2019
S'il y a bien quelque chose qu'on ne peut pas reprocher à « La Favorite », c'est de laisser indifférent. La première source d'inspiration de Yórgos Lánthimos semble à ce titre clairement « Barry Lyndon », ce qui est évidemment très ambitieux mais oblige aussi à une grande rigueur et maîtrise dans le développement. Heureusement, c'est manifestement le cas du réalisateur. Sans forcément adhérer à tous ses choix ni totalement à son style, celui-ci a un sens de la narration, du cadre, du découpage qui, s'il peut déconcerter, n'en est pas moins réelle et parfois saisissant. C'est vraiment le contraire de l'eau tiède : cinglant, ironique, légèrement décadent sans jamais être vulgaire, « La Favorite » fait preuve d'audace et d'originalité pour dépoussiérer le film historique, genre très souvent guindé, pour ne pas dire franchement académique. J'avoue, quand même, que si j'ai globalement apprécié le spectacle, le ton et la direction vers laquelle Lánthimos semble dirige l'œuvre, que je n'ai pas pour autant ressenti de jubilation, d'enivrement particulier : est-ce dû à l'époque, l'histoire, aux enjeux ? Peut-être un peu tout à la fois, les dernières minutes m'ayant même paru assez longues, comme si le cinéaste ne savait pas exactement comment conclure. Toutefois, ne vous y trompez pas : à une époque où le cinéma est devenu un art de plus en plus aseptisé, rongé par le politiquement correct, voici une œuvre faisant parler la poudre, faussement suave et en disant long sur l'ambition des hommes (et des femmes, en l'occurrence), prêts à toutes les manigances pour se rapprocher le plus possible du pouvoir. « Play dirty », OK, mais toujours avec style, élégance. À ce jeu, Emma Stone et Rachel Weisz livrent un affrontement de haute volée, « arbitré » par une Olivia Colman aussi saisissante qu'inattendue. Au passage, j'avoue toutefois être très surpris par le choix de l'Académie des Oscar de nommer les deux premières comme seconds rôles et la première comme meilleure actrice : l'inverse aurait été plus logique voire les trois dans la même catégorie mais là, je ne comprends pas bien, même si la victoire de cette dernière (la seule sur dix nominations) se défend largement. Bref, sans être extatique, voici une production sachant faire preuve d'ambition et de culot, que ce soit par sa description sans fard (et toujours autant d'actualité) de la « politique » et son insolence : assurément l'un des titres phares de ce début d'année.
4,5
Publiée le 4 février 2019
Et un film en costumes pour Yorgos Lanthimos. Ceux qui s'attendent à ce que le cinéaste grec dépoussière l'histoire anglaise ne seront pas déçus. La favorite est à peine moins radical que Canines ou The Lobster mais comme il est fidèle, dans les grandes lignes, à l'histoire du règne d'Anne d'Angleterre, le film marque un renouvellement bienvenu dans la carrière du réalisateur. La favorite raconte la guerre farouche qui opposa la favorite de la reine à sa cousine, qui n'avait pas d'autre objectif que de la supplanter, quitte à utiliser les plus basses manoeuvres pour y parvenir. C'est à un combat de garces (c'est le terme le moins trivial que l'on puisse utiliser) auquel le spectateur est invité à assister avec moult injures et actes d'une moralité douteuse. En même temps, c'est une lutte politique sans merci qui s'engage puisque ces femmes influencent voire dirigent toute la diplomatie anglaise de l'époque, dans le contexte d'une guerre contre la France (nous sommes au début du XVIIIe siècle) et de l'opposition entre Whigs et Tories. Une cour des grandes où tous les coups sont permis et les hommes des objets que ces dames traitent selon leur bon vouloir. Ceux qui n'aiment pas le cinéma de Lanthimos trouveront sans doute le film vulgaire et outrancier dans sa vision historique. Mais cela fait intégralement partie du plaisir de ce long-métrage, qui est aussi une farce grotesque, réalisé avec une maîtrise et une virtuosité stupéfiantes. Le trio d'actrices est dément : Olivia Colman en souveraine infantile, entourée de sa cohorte de lapins ; Rachel Weisz en maîtresse de la reine, cruelle et arrogante ; Emma Stone en arriviste forcenée et manipulatrice. Cette dernière, à mille lieux de La La Land, domine la distribution en incarnant son personnage avec une délectation manifeste.
4,0
Publiée le 22 février 2019
Yorgos Lantimos qui va se risquer dans un drame historique à la cour d’Anne Stuart ? J’avoue que ça m’a mis la puce à l’oreille. Je me demandais comment l’auteur grec allait pouvoir exprimer son esprit farfelu dans un genre cinématographique aussi codifié. Eh bien – surprise – le bon Yorgos a décidé de s’assagir un peu pour mieux faire coïncider ces deux univers : celui d’Anne Stuart et le sien. Ainsi se retrouve-t-on avec une intrigue assez classique de conspiration de palais et de lutte d’influence mais le tout est clairement imprégné d’une espièglerie, aussi bien dans la forme que dans le fond, qui sait apporter le souffle (et le souffre) nécessaire pour dynamiser le tout. On sent dans la réalisation de Lanthimos l’envie de malmener ses personnages en même temps que de les prendre en pitié. Les lieux et les codes sociaux sont clairement des entraves qui oppriment ces hommes et ces femmes, les poussant régulièrement à l’absurde, au ridicule ou au vice. Aussi, chercher de l’humanité dans ce monde de fou revient à s’exposer. Et ceux (et surtout celles) qui savent jouer de ces faiblesses deviennent les rois et les reines de ce théâtre (politique) de l’absurde. Et avec cette fresque historique Lantimos sait donc se montrer sage, il n’en reste pas moins juste. Par des lentilles de très grand angle il parvient à la fois à apporter une distorsion des lignes suggérant une certaine oppression par le lieu, autant qu’il parvient à apporter de la vitesse et du dynamisme dans la plupart des dépassements opérés. Tout ceci ne traduit que d’autant mieux toutes ces tensions refoulées par chacun, puissant moteur des uns comme des autres. Et j’avoue que j’admire d’autant plus la mesure que l’auteur a su mettre dans son œuvre qu’il est parvenu à insuffler une vraie tension sexuelle aussi malaisante qu’elle est liée à chaque fois à des rapports de pouvoir, de domination et de manipulation, mais tout en sachant s’arrêter là où il faut, sans sombrer dans une sorte de racolage malsain. Bien évidemment, si l’exercice fonctionne aussi bien, c’est aussi parce que l’ami Yourgos a su réunir de l’autre côté de la caméra un trio Weiz / Watson / (et surtout) Colman remarquable d’efficacité. Alors après, certes, cela reste malgré tout, dans l’ensemble, assez classique aussi bien dans le propos que dans la démarche globale, mais ne serait-ce que pour ce dynamisme de forme et l’efficacité de l’interprétation, je dois bien le reconnaitre : j’ai été conquis. Donc bravo Yorgos ! Mais bon, après ça ne reste que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
2,0
Publiée le 26 janvier 2024
Voici un film ambitieux qui souffre de deux problèmes majeurs. D'abord son scénario non seulement il est bien mince, mais il est très mal raconté, certaines scènes étant bâclés (le passage au bordel, l'affaire des lettres compromettantes) voire incompréhensibles (notamment cette fin absurde) Certains ont déploré la vulgarité, moi elle ne m'a pas dérangé, j'aurais même aimé que le saphisme de ces dames soit davantage exploités. L'autre problème est la réalisation, moi je veux bien qu'on fasse du grand angle mais là c'est l'overdose d'autant que ça apporte quoi ? Parlons de l'interprétation qui sauve le film du néant, dans des genres fort différent Olivia Colman, Emma Stone et Rachel Weisz nous livrent des prestations remarquables. Un mot sur la musique du film ou l'art de tout foutre en l'air… parce que Vivaldi et Schuman, d'accord mais pourquoi ce long passage de la pire musique concrète on un bâton répond à une trompette de foire ? Sans doute est-là un message sublimal de l'auteur qui clame son esprit iconoclaste, s'il savait comme on s'en fout !
2,0
Publiée le 25 février 2019
Pourtant au départ ça partait bien, pendant on va dire cinquante minutes, on expose longuement les personnages, on voit celui d'Emma Stone prendre de plus en plus de place auprès de la reine, commence à sentir qu'il y a un jeu de pouvoir qui se joue entre elle et Rachel Weisz. Le problème, c'est que ça n'aboutit sur rien.

Le film se perd dans des niaiseries à base de caprices insupportables de la reine au lieu de jouer la carte de l'intrigue politique alors qu'il y avait tout pour. J'ai l'impression que le réalisateur a voulu absolument cantonner son histoire à ces deux femmes qui veulent être la favorite de la reine, mais sans jamais vouloir voir au-delà (ou sans pouvoir, c'est possible aussi).

Finalement cette lutte de pouvoir n'est que très rarement drôle, cynique ou que sais-je encore, c'est surtout assez convenu et prévisible. Alors je sais bien, c'est une « histoire vraie », mais il y avait sans doute moyen de faire naître plus d'émotions, plus de haine envers les personnages qui sont tous des salauds manipulateurs. Là on voit juste Emma Stone marquer des points face à Rachel Weisz et c'est tout.

Il n'y a même pas de grosse révélation où on se rendrait compte que Emma Stone est une manipulatrice, on le voit dès le départ... J'ai trouvé ça d'un plat... d'un ennui...

Et puis il y a cette fameuse mise en scène tape à l’œil... Mais si ça l'éclate de faire son film d'époque avec des ralentis putassiers, des très grands angles qui déforment totalement l'image... ça aurait pu participer à l'ambiance, s'il se passait le moindre truc dans son film... Qu'il s'amuse... Mais en pratique ça ne sert pas à grand chose, c'est plus un artifice pour dire « je suis différent »... Et c'est le moment où on explique qu'être différent n'est pas forcément une qualité et ça ne veut pas dire que c'est fonctionnel.

Bon je suppose que certains aimeront, grand bien leur fasse... Moi ça m'indiffère, je baille gentiment...

Finalement Lanthimos échoue à renouveler le film d'époque, à en faire une fresque cynique, pleine d'humour noir... Je trouve ça juste fade... heureusement qu'il y a le sourire d'Emma Stone, parce que ça sauve un peu le film. Le reste c'est des gesticulations pour faire croire qu'il se passe un truc dans un film qui se fait dépasser par son sujet et dont il ne sait pas quoi faire... et où Lanthimos choisit donc de ne rien faire, ne rien dire, ne rien proposer que de l'esbroufe.

C'est un choix...
4,0
Publiée le 7 février 2019
Anne (Olivia Colman) est reine d'Angleterre dans les premières années du dix-huitième siècle. Malade de la goutte, cyclothymique, gloutonne, elle ne prête guère d'attention aux affaires du royaume, notamment à la guerre qui fait rage avec la France, et en a délégué la charge à sa favorite, Lady Sarah (Rachel Weisz).
Cousine de Lady Sarah, Abigail Hill (Emma Stone) a été réduite par les revers de fortune de son père à s'employer comme servante à la Cour. Mais grâce à une concoction d'herbes qu'elle prépare pour apaiser la goutte de la reine, la jeune femme entrevoit la possibilité de s'attirer ses grâces et de retrouver son rang.

"La Favorite" déboule sur nos écrans précédé d'une flatteuse réputation. La critique l'encense - à l'exception de "Libération" ("un barbouillis d’images qui s’affaissent sous leur propre poids") et des "Inrocks" ("Prostré derrière sa malice dont il se gargarise grassement, [le cinéma de Lánthimos] semble condamné à rester éternellement englué dans l’admiration de son propre génie"), qui prennent méchamment le contrepied de leurs confrères . Le film a raflé une moisson de récompenses à la "Mostra" de Venise et aux "Golden Globes" en attendant sa probable consécration aux "Oscars" dans quinze jours.

Yórgos Lánthimos est un jeune réalisateur grec surdoué qui, à l'instar d'un Alfonso Cuarón, d'un Denis Villeneuve ou d'un Alejandro Iñárritu, après avoir fait ses premières armes dans son pays ("Canine" en 2009, "Alps" en 2011), a tapé dans l’œil des studios hollywoodiens ("The Lobster" en 2015, "Mise à mort du cerf sacré" en 2017). Dès les premières images, on reconnaît sa patte. L'image est particulièrement soignée, qui nous plonge dans le même état de confusion que la reine malade : longs travelings, très larges objectifs, effets "fish-eye" refus du champ-contrechamp rapetissent les personnages, les isolent dans des espaces immenses, tordent les lignes droites. La bande son est tout aussi intrigante, mélange de musique baroque et sérielle.

"La Favorite" est un titre singulier pour un film pluriel. Il met en scène trois femmes : une reine et deux favorites. Des trois actrices, il est difficile de distinguer la meilleure. Qu'Olivia Colman soit en lice pour l'oscar du meilleur rôle et les deux autres pour celui du meilleur second rôle n'a guère de sens. Bien entendu, c'est pour Emma Stone que j'ai les yeux de Chimène (la bisexualité des personnages m'autorisant cette audacieuse métaphore). Elle joue à merveille la jeune ingénue, moins naïve qu'il n'y paraît. Mais force m'est de saluer aussi la maîtrise de Rachel Weisz, impériale de froideur, de beauté et de rage.

"La Favorite" a la cruauté sadique des "Liaisons dangereuses", l'ironie flamboyante de "Amadeus", la sophistication baroque de "Meurtres dans un jardin anglais". Un chef d’œuvre.
2,0
Publiée le 8 février 2019
Je pense que ce réalisateur n'est pas fait pour moi. Je n'avais pas aimé « The Lobster », j'ai eu du mal a aimer « La Favorite » . Deux femmes se disputent le rôle de favorite de la Reine : l'une veut retrouver son rang de Lady, l'autre veut le conserver et la congédier. Entre ces deux femmes, une reine complètement à l'ouest, naïve et candide. Le sujet de rivalité m'avait l'air intéressant mais je me suis pas mal ennuyée, c'est parfois répétitif, parfois creux, parfois bien. Les musiques m'étaient désagréables car trop étirées, et les concours de canard, tirs de pigeons, courses de homards et j'en passe, très peu pour moi. Les personnages étaient trop stupides pour être attrayants, tout simplement.

cinephile-critique.over-blog.com
4,5
Publiée le 22 octobre 2018
Après les déconcertants « The Lobster » et « Mise à Mort du Cerf Sacré », le cinéaste grec revient avec une nouvelle fable d’humour dérangeante. « La Favorite » est un film à costume qui se situe dans l’Angleterre du XVIIIème siècle. La reine Anne, OIivia Colman, a la santé fragile et délègue la gestion du pays à son amie Lady Sarah, Rachel Weisz. Un jour Abigail Hill, une nouvelle servante arrive, Emma Stone. Elle est alors prise sous l’aile de Lady Sarah pensant faire d’elle une alliée. Mais la servante voit une occasion de retrouver son titre de Lady et va dangereusement se rapprocher de la reine. Entre situations extrêmement loufoques et mise en scène anxiogène, le film ne nous emmène jamais dans la direction attendue. Il fallait pourtant se douter qu’avec Yórgos Lánthimos aux commandes, le film ne serait pas qu’une simple querelle de titres. Le cinéaste nous fait douter chaque minute sur la méfiance à avoir entre la manipulatrice ou la vipère. Est-ce l’amour et la vérité qui triomphe ou le mensonge et la fourberie ? Les actrices sont sidérantes tellement elles habitent leur personnage avec conviction. Les acteurs secondaires comme Nicolas Hoult apportent également une valeur à cette histoire imprévue, déroutante et jubilatoire.
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3,5
Publiée le 18 février 2019
Yórgos Lánthimos est vraiment un réalisateur qui clive : certain.e.s le portent aux nues, d'autres le vilipendent à tour de bras. Et si on restait entre les deux, après tout ! Beaucoup considèrent que "La favorite" est son film le plus accessible. C'est vrai, même si on y retrouve indéniablement tout ce qui, chez lui, plait aux uns et déplait aux autres : beaucoup d'images tournées avec un grand angle, des clins d'œil plus ou moins prononcés à la tragédie grecque, beaucoup de musique (le plus souvent très agréable, le plus souvent en accord avec l'époque décrite mais qui s'en écarte vers la fin avec Schubert et Schumann. Plus, à 2 ou 3 reprises, des sons qu'il est difficile de qualifier de musique, terriblement oppressants et fort désagréables). Le scénario, auquel Yórgos Lánthimos n'a pas participé, est tiré de l'Histoire avec un grand H : au début du 18ème siècle, la rivalité féroce entre 2 cousines, Sarah Churchill et Abigail Masham, pour s'attirer les bonnes grâces de la reine Anne d'Angleterre. Un film en costume, donc, très bien mis en scène et qui n'hésite pas à employer un langage très cru. En tête d'affiche, 3 comédiennes au sommet de leur art : Olivia Colman (Anne) est en lice pour un Oscar, mais on a le droit de penser que Rachel Weisz (Lady Sarah) et Emma Stone (Abigail) le mériteraient tout autant. Quant à la photographie, magnifique, elle est l'œuvre de Robbie Ryan, qu'on a déjà vu, entre autres, auprès de Ken Loach et de Andrea Arnold : bel éclectisme !!
3,0
Publiée le 9 février 2019
Sans doute l'un des films que j'attendais le plus cette année. Sans doute la plus gros déception de cette année. Yorgos Lanthimos me contrarie pour la première fois. Même si le film est techniquement et visuellement très réussi. L'interprétation est sa qualité principale. Les trois actrices sont extraordinaires. Olivia Colman est absolument bluffante (prix d'interprétation à Venise et Golden Globe de l'actrice dans une comédie, mérités). Bizarrement, elle est élevée au rang de meilleure actrice et ses collègues, Rachel Weisz et Emma Stone (toutes deux formidables aussi) seconds rôles féminins. Les rôles sont d'égal consistance à mon humble avis. Bref. La mise en scène du réalisateur grec, par contre, prend du plomb dans l'aile. Moins virtuose, moins puissante, plus tape à l’œil. Le scénario ne tient pas la distance par rapport à ses autres films. Il ne l'a pas écrit, pour la première fois. Ceci explique peut être cela. Il manque une cruauté, une méchanceté, un cynisme, un mordant, certes présents, mais trop en surface pour nous donner la fascination, la tension, le trouble qui caractérisent ses autres films. Pour la première fois, je ne suis pas sorti d'un de ses films bousculé, remué et mal à l'aise. Tout reste ici finalement assez gentillet. Une revisite du film d'époque en costumes qui, de luttes de cour et de pouvoir en amours saphiques, plaira (et plait déjà) certainement à beaucoup. La favorite, malgré ses belles qualités, restera donc pour moi une belle déception. Je ne viens par voir du Lanthimos pour me retrouver devant du sous Greenaway à la sauce Kubrick (ou vice-versa). Si le but était d'être plus grand public et plaire au plus grand nombre, c'est gagné : dix nominations et l'un des favoris aux prochains Oscar...
1,0
Publiée le 20 juillet 2020
La Favorite a des idées sur lesquels un bon film aurait pu être réalisé. Je crois aux trois actrices principales et à l'idée générale de l'histoire. Les costumes et les décors avaient l'air super. Mais une grande partie de la narration s'est avérée prétentieuse, exagérée, déroutante et ennuyeuse. Je n'ai pas compris l'intérêt d'une grande partie du film et il semble que je ne sois pas le seul à ne pas pouvoir expliquer une grande partie de l'histoire. Il y a eu quelques scènes où ils ont rejoué le même couple de notes rythmiques encore et encore et encore et encore. Et ce n'était pas dans un but évident à moins que leur but ne soit de m'énerver et de me distraire. À certains moments je me demandais ce que nous étions censés penser exactement. Beaucoup des grands angles de la caméra distrayaient également. Et le rythme semblait lent. Je pense que des choix plus audacieux et bizarres fonctionnent généralement lorsqu'ils sont ajoutés plus subtilement que ce que l'on voit dans le film. Pour le dire simplement : le style et le contenu étaient trop déroutants pour que je m'investisse suffisamment dans une bonne histoire ou un bon film. Un film trop bizarre, déroutant et prétentieux pour moi...
3,0
Publiée le 22 février 2019
Grand favori des Oscars 2019, The Favourite est la nouvelle proposition du cinéaste grec Yorgos Lanthimos qui se veut aussi particulière et inquiétante qu'ont été ses précédentes œuvres notamment avec le récent The Killing of a Sacred Deer. Lanthimos y exprime la même folie singulière mais celle-ci s'avère plus équilibrée ! The Favourite est un drame historique datant du XVIIIe siècle auquel une rivalité évidente va arriver entre une Lady et une nouvelle servante dans le but de gagner la confiance et, ainsi devenir la principale confidente de la Reine. La vengeance est souvent présente, ce qui rappelle le dernier film du réalisateur ! Derrière cette histoire se cache un jeu de perversion, des répliques salaces et des conflits haineux entre ces femmes fortes qui ne s'en laissent pas imposer. Elle est également brodé d'un humour noir assez provocant dont le public ne s'y attend guère ! La réalisation de Lanthimos en est certainement la principale qualité de ce long-métrage américano-irlando-britannique avec ces spectaculaires grands-angles, nous chavirant de scène en scène, tout comme sa trame sonore théâtrale qui est à la fois fascinante et troublante. Des décors somptueux, des costumes fidèles à l'époque et un langage aristocratique irréprochable nous font plongé au sein d'une ambiance poisseuse et insipide. Certaines séquences peuvent choquer ou nous faire rire bêtement spoiler: comme ces courses de canards, ces tirs de pigeon, jeter des fruits sur une personne nue (et souvent au ralenti)...
Ça appartient bien au style du cinéaste... ! Cela dit, plusieurs longueurs se veulent pénibles... On a un peu du mal à tenir face spoiler: aux discours et aux problématiques administratives et militaires
des personnages, pourtant tous bons ! C'est surtout grâce à un séduisant trio d'actrices (Olivia Colman, Emma Stone et Rachel Weisz) que The Favourite nous tient tout de même en haleine ! Les trois comédiennes bénéficient chacune de leur moment de gloire et offrent des performances solides (surtout Weisz à contre-emploi de The Lobster !) qu'il devient impossible de détourner son regard spoiler: de ces vipères qui s'empoisonnent progressivement...
Il y a aussi Nicholas Hoult en gentilhomme spoiler: qui s'efforce de tirer profit du pouvoir
dont jouissent certaines femmes du royaume, celui-ci endosse bien son rôle. En somme, The Favourite est un film historique très léché, assez fantastique et quelque peu déconcertant. Ça y est Yorgos Lanthimos est bel et bien connu à travers le monde grâce à sa Favorite (au vue de ses nominations pour les Oscars) !
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