Enter The Void est un film atypique, tres intéressant a visionner au moins une fois! C'est le genre de délire sous acide totalement assumé qu'on aimera ou pas. Au final, je vois vraiment peu de "vrais" reproches a lui faire. Tout est si "spécial" et fait au service d'un style omniprésent, on ira meme jusqu'a dire que l'oeuvre entiere est un exercice grandiose. En ressortent des aspects qui pourront en déranger certains. Notamment le rythme tres lent. La caméra se balade librement pendant toutes ces phases de voyage astral. C'est vraiment cool ! Cependant, certains plans zénitaux seront parfois lents, tres lents. La répétition de certaines actions peut parfoit vite etre ennuyante.
Par exemple, a la fin du film quand on rentre dans le love hotel, on voit la caméra se balader de chambre en chambre pour assister a des scenes de sexe entre différentes personnes. Je pense qu'il n'était pas nécessaire d'en montrer autant... Je veux dire, oui, on avait compris l'ambiance au bout de deux, trois fois. Pas la peine de nous montrer les 127 chambres de l hotel pour qu'on soit sur que personne n'y soit venu pour dormir (bon j'abuse sur le nombre bien sur, mais c'est l'esprit)
... On a aussi droit a des moments de vie ou tout nous est montré. Quand on ne fait pas de micro-ellipse pour décrire une action, celle-ci peut paraitre tres lente. C'est le cas ici. Pour donner un exemple qui n'a rien a voir avec le film, disons que dans deux scenes, A et B, on nous montre un personnage qui s'habille. La scene A nous le montre encore en pyjama prendre des vetements dans son placard et commencer a enfiler un T-shirt. Cut, puis on le voit habillé qui sort de la chambre. Dans la scene B, on le voit en pyjama, enlever son pyjama, faire un bon gros zoom sur son pénis, puis il se tourne et on reste zommé sur ses fesses évidemment. Ensuite il va prendre ses vetements avec précaution, puis on va le voir les enfiler. Un a un. Il va peut-etre galérer un peu a mettre son pantalon, c'est pas toujours facile a enfiler les jeans quand sa sort du placard! Puis il va s'étirer un coup et sortir, doucement de sa chambre. Voila, c'est ca Enter The Void :) Evidemment j'abuse, et ce sont des scenes un peu plus intéressantes que ca qu'on nous montre, mais juste a peine pour certains passages honnetement. Apres, personnellement ca ne m'a pas dérangé outre mesure et j'accepte completement que ces instants un peu longs aident a instaurer l'ambiance et le ton uniques du film. On aura également toute une histoire quand meme tres fusionnelle entre Oscar le personnage principal, et sa soeur. J'aime d'ailleurs cet espece de don qu'a le film pour toujours flirter entre la dépravation et la beauté, le malsain et le touchant, le profond et le gnangnan. Effectivement, on a des scenes vraiment tres crues sur differents moments de vie, ce qui nous offre a la fois des choses tristes et violentes, et d'autres qui frisent un peu le ridicule. Car a tout montrer de maniere presque documentaire (dans le sens ou aucune action n'est romancée par le jeu d'acteur ou la mise en scene, bien que la caméra filme toujours ca de facon tres... Aérienne?) on se rend parfois compte que certaines choses mériteraient quand meme d'etre traitées avec un peu plus de suptibilité.
(mention spéciale a ce plan de pénétration intra vaginale)
Les couleurs et la lumiere sont vraiment superbes, on regrettera peut-etre un peu trop de flashs. La encore, j'aime, ca renforce le style toussa toussa mais bon des fois c'est trop. Faut pas etre épileptique! Les trips hallu sont bien "filmés", on s'y croirait. La bande son est tres bonne et nous plonge dans l'ambiance du film. On a droit a quelques scenes tres marquantes. J'ai trouvé vraiment percutant, ce moment ou
on voit Oscar et sa soeur dans un manege, et qui se termine en accident, projettant Oscar dans un de ses plus sombres souvenirs.
On se croit a la fois dans un reve et et dans un cauchemar. Il faut bien l'avouer, le film arrive tout de meme a cette prouesse d'atteindre une transcendence exceptionnelle a certains instants. A voir.