M. Vaughn a tout simplement trouvé son créneau et a ce niveau là on peut dire que ce dernier excelle de plus en plus dans ce qu'il fait, surtout quand on voit ce petit bijou du genre ,assez unique dans son style, que le réalisateur propose ici, et une fois de plus en sachant créer la surprise et l’ahurissement dès les premières secondes. Cette nouvelle adaptation d'un comics de M. Millar est tout simplement hors norme et par tout ses aspects puisque autant le scénario que les effets visuels ou tout simplement les personnages sont incroyablement bluffants, dans un rythme effréné qui ne laisse que peu de temps pour comprendre vraiment ce que l'on prend dans les yeux, donnant envie immédiatement après le générique final de revoir certains passages parfaits que l'on ne peut se lasser de décortiquer pour profiter de toute la puissance de ces derniers, et comment décrocher ne serait ce une seule seconde l'attention devant tout de si bonnes choses? Car bien évidement on ne peut pas passer à côté de la puissance spectaculaire de certaines scènes impeccablement orchestrées avec cet énorme goût de reviens-y chaque fois que l'une d'entre elle débute, avec à chaque fois une mise en scène des combats totalement unique grâce à des plans non coupés de plusieurs secondes qui immergent dans chaque coups donnés, une vitesse d'exécution affolante offrant tout sorte de combinaison de frappes, le tout chorégraphié au millimètre et offrant des passages subjuguant à l'image la scène dans l'église étant clairement le chef d'oeuvre de ce film, tant par le montage incroyable et laissant bouche bée du début à la fin, mais aussi par la tournure que prend ce long passage dont on souhaiterait qu'il dure tout le film tellement il y a de quoi être impressionné par le travail cinématographique effectué à ce moment là, et cela à l'image des nombreuses autres scènes toutes aussi jouissives à l'écran. Et le côté spectacle de ce film est sans aucun doute la clé de voûte de l'ensemble puisque en dehors de tout les combats géniaux, l'action y est tout aussi maîtrisée lors de passages moins adrénalisés mais tout aussi incroyables comme les entraînements des nouvelles recrues ou tout simplement dans l'utilisation de l'ultra violence impeccablement utilisée dans le film, que ce soit de manière explicite lors des affrontements mettant en scène les capacités de combats hors norme de certains personnages, offrant son lot de détails bien sympathiques dans certains coups donnés et scotchant le plus insensible aux scènes d'actions à son siège, mais cet aspect se retrouve aussi de manière plus fun, à l'image du "feu d'artifice final" qui joue intelligemment d'humour et de violence, cela étant clairement l'une des marques de fabrique de M. Vaughn quand il s'agit d'adapter un comics bien décalé. Ainsi, l'autre grande force de ce film, et clairement des autres œuvres du genre que le réalisateur créé, c'est un humour bien acide et un anticonformisme en ce qui concerne les genres légendaires du cinéma, et dans celui ci, l'univers des agents secrets y est traité de façon hors norme et il est clair que James Bond fait office de fossile quand on voit le héros que le film propose pour détourner le plus british des espions du cinéma, offrant d'un côté un aspect parodique bien au dessus de la simple rigolade mais faisant clairement de ces supers agents des machines de guerre aux gadgets bien plus efficaces que ceux de 007, et ainsi ce parallèle avec le personnage de C. Firth permet des références incroyables et pourtant d'une singularité des plus appréciables, et d'un autre côté donnant lieu à un scénario de la même trempe, n’hésitant pas à se jouer des codes du genre pour être à la fois toujours impressionnant et surtout surprenant à des moments les plus inattendus. Et bien évidemment, toutes ces prouesses visuelles, ces personnages hors du commun, cet humour bien grinçant sachant jouer à la fois sur la subtilité et le côté bien gras ou alors par des références archi bien amenées, une mise en scène impressionnante surtout lors de l'action donnant des plans assez uniques lorsque l'adrénaline est à son comble par tout style de cameras et déplacements avec un rendu à l'écran bluffant, mais aussi l'utilisation de plans d'ensemble pour illustrer la chaos final offrant son lot de détails croustillants et extraordinaires si l'on s'y attarde attentivement, chose simple certes mais au combien efficace, ces différents éléments sont clairement au service du scénario proposé, sachant à la fois reprendre les idées les plus intéressantes du roman graphique de M. Millar pour les porter à l'écran mais surtout se le réapproprier afin que ce dernier porte pleinement la marque de M. Vaughn dans son exécution et sa manière d'établir le déroulement des événements, et là dessus on ne peut être que convaincu, surtout quand on aime la manière dont le réalisateur traite la notion de spectaculaire et "supers humains". En effet la trame scénaristique est tout simplement passionnante jouant subtilement d'une double intrigue entre nouvelles recrues plus portée sur le personnage de ce jeune londonien à la vie bien morose et prenante par la claque que l'on prend lors de l'exposition de sa condition initiale, et d'un autre côté un regard porté sur l'agent déjà bien entraîné permettant d'entrer dans le cœur du scénario et apportant les scènes plus puissantes, et afin que l'ensemble de ces histories se lie pour offrir un final incroyable, tant dans l'idée que dans la réalisation visuelle, et en dehors de histoires secondaires établies tout du long déjà bien amenées et traitées avec le même intérêt jusqu'à la conclusion, la trame principale de ce film est passionnante, bourrée de rebondissements et de surprises totalement inattendus, et offrant un méchant des plus géniaux au plan machiavélique bien barré et la façon dont est amené ce dernier est tout simplement bluffante, et on ne peut résister a se tordre de rire autant que d'être ahuri devant ce qui est mis à l'écran, de plus le scénario parvient à tenir sans aucun problème sa vocation à aller à l'encontre de tout ce que l'on peut connaître des films du genre, avec des dialogues à se tordre de rires, des personnages haut en couleur et totalement uniques, une multitude de références de la culture populaire et pas nécessairement liées aux films d'espionnages, allant jusqu'à utiliser tout un tas de répliques sous entendus concernant le film lui même, comme la réplique finale du personnage de S.L Jackson sacrement bien amenée et ne pouvant que faire sourire tout comme des nombreuses autres qui plairont inévitablement aux plus perspicaces et c'est par tout ces aspects, qui souvent relèvent du détails, que le scénario tient l'attention sans souci, provoque de sacrés fou rires, laisse circonspect devant de nombreuses scènes et que l’alchimie entre anticonformisme, auto-dérision, violence sans concession, humour pour tout les goûts et intrigue singulière, fonctionne immédiatement et cela de la première seconde jusqu'à la scène post générique de fin. Alors bien évidement, le scénario étant déjà bien déjanté sur le papier, il fallait des personnages tout aussi marqué, et pour ce qui concerne le casting, chaque protagoniste majeur trouvant sa place dans le film mais surtout chacun d'entre eux possède son moment de gloire lors de scènes uniques utilisant le potentiel des différents protagonistes à leur maximum, en tout cas il y a de quoi être subjugué par leurs interprétations, car bien sur que S.L. Jackson est à mourir de rire dans le rôle de ce pourri complètement déjanté, rien qu'à voir le paradoxe entre ses plans et son "allergie" et ridicule à souhait quand on voit son chapeau et sa façon de parler donnant clairement lieu à un protagoniste des plus barrés, et bien évidement que le jeune T. Egerton est plus que convaincant, surtout dans l’évolution qu'il donne à son personnage à travers tout le film vraiment appréciable pour finir en apothéose et jouant tout aussi bien son rôle de victime au commencement que celui de héros au fur et à mesure de l'avancement de l'intrigue et bien que peu connu, il offre une interprétation des plus appréciables et offrant lui aussi son lot de réplique bien fun à travers son incompréhension souvent plus que justifiée, c'est sans aucun doute que M. Strong est toujours aussi bon dans ces rôles à mi chemin entre dureté et humour tranchant et qui offre une fois de plus un personnage et de surcroît un acteur incontournable, comment ne pas reconnaître l’intelligence de M. Vaughn dans le fait de donner le rôle de la fille aux jambes lamées à la jeune danseuse hip hop franco algérienne S. Boutella qui offre une scène d'affrontement digne d'une chorégraphie musicale des plus réussie et donnant un certain réalisme dans ses déplacements, chose pas forcement évidente quand on voit son personnage et qu'elle porte impeccablement, malgré tout ces personnages hors du commun, il est clair que l'un d'entre eux est le plus impressionnant tant par la place qu'il occupe dans le film que par la performance d'acteur extraordinaire qu'il propose, c'est bien évidement l'agent incarné par C. Firth, totalement inattendu dans ce genre de rôle et pourtant tellement époustouflant que ce personnage va sans aucun doute le faire rentrer dans le Panthéon des très grands acteurs pour sa capacité à proposer un palette de rôle très opposés dans des styles bien différents et à chaque fois incroyablement bon dans cet exercice, et prenant place dans ce film dans les scènes les plus rythmées, on ne peut être qu'ébloui par le personnage qu'il propose là, tant par son flegme britannique qu'il porte impeccablement et sa manière de se battre totalement inédite dans ce genre de film et qui laisse le cul par terre, tout comme son évolution dans le scénario qui ne cesse de surprendre. Alors même si l'ensemble de sa filmographie en tant que réalisateur est de bonne qualité, il est évident que M. Vaughn est bien plus incroyable dans sa vision des antihéros que dans le rendu très traditionnel et nécessaire quand il s'agit de traiter les super héros légendaires, et par ce film là il appose sa patte incontestablement en ce qui concerne sa vision des scènes d'actions, du traitement de ces héros et surtout d'un anticonformisme des plus plaisants, et ainsi met une fois de plus en avant le style du cinéma britannique qui sait surprendre à tout moment, et que l'on y soit sensible ou peu, il est indéniable que ce film repose sur bien plus qu'un film à gros budget et aux effets visuels chargés de numérique, car ces aspects là sont totalement soumis à la vision très singulière du réalisateur pour offrir un pur moment de plaisir dont on ne voit pas passer les minutes une seule seconde, même si toutefois mieux vaut être un spectateur averti à la vue de certaines scènes et dialogues!