Votre avis sur La Favorite ?
3,0
Publiée le 25 février 2019
Comme dans le film d'Adam McKay", on remarque ici que la personne à la tête d'un pays n'est pas forcément la plus puissante... La reine Anne occupe bien le trône d'Angleterre, mais c'est bel et bien Lady Sarah, sa femme de confiance qui prend toutes les décisions à sa place. Anne est une reine instable qui est décrite comme une femme un peu bête et surtout très influençable. L'influence joue un grand rôle dans ce film au même titre que les manigances et manipulations en tout genre. L'équilibre créé par Lady Sarah va être bouleversé lors de l'arrivée d'Abigail qui des ambitions élevées et qui va savoir s'y prendre pour arriver à ses fins. Maître dans l'art du bizarre, Yorgos Lanthimos récidive une fois de plus en s'amusant des codes du film historique, mais sans pour autant tomber dans la grossière parodie même si tout n'est pas très fin au niveau des dialogues ou des situations. Le plus intéressant dans ce film est le triangle amoureux avec ces deux femmes qui font tout pour devenir comme le titre l'indique la favorite de la reine. Les trois actrices s'en sortent bien, mais j'ai beaucoup aimé Emma Stone qui pour moi représente totalement l'esprit de ce film avec son ton décalé et corrosif. Pour le reste comme les enjeux politiques avec cette guerre entre l'Angleterre et la France, ce n'est pas assez développé pour apporter réellement quelque chose au récit. Comme toujours avec ce réalisateur, la forme est très soignée avec une jolie mise en scène, quelques superbes plans et une reproduction d'époque parfaitement reconstituée que ce soit les décors ou les costumes. Ce que je reproche au film, c'est d'être un peu trop long et par conséquent de s'essouffler lorsqu'il n'y a plus rien à tirer de ce triangle amoureux. Au final, ce nouveau Yorgos Lanthimos est pas mal, mais ce n'est pas non plus à la hauteur de ce qu'il a pu faire par le passé comme récemment avec l'excellent "The Killing of a Sacred Deer".
3,0
Publiée le 23 mars 2019
S'il y a bien quelque chose qu'on ne peut pas reprocher à « La Favorite », c'est de laisser indifférent. La première source d'inspiration de Yórgos Lánthimos semble à ce titre clairement « Barry Lyndon », ce qui est évidemment très ambitieux mais oblige aussi à une grande rigueur et maîtrise dans le développement. Heureusement, c'est manifestement le cas du réalisateur. Sans forcément adhérer à tous ses choix ni totalement à son style, celui-ci a un sens de la narration, du cadre, du découpage qui, s'il peut déconcerter, n'en est pas moins réelle et parfois saisissant. C'est vraiment le contraire de l'eau tiède : cinglant, ironique, légèrement décadent sans jamais être vulgaire, « La Favorite » fait preuve d'audace et d'originalité pour dépoussiérer le film historique, genre très souvent guindé, pour ne pas dire franchement académique. J'avoue, quand même, que si j'ai globalement apprécié le spectacle, le ton et la direction vers laquelle Lánthimos semble dirige l'œuvre, que je n'ai pas pour autant ressenti de jubilation, d'enivrement particulier : est-ce dû à l'époque, l'histoire, aux enjeux ? Peut-être un peu tout à la fois, les dernières minutes m'ayant même paru assez longues, comme si le cinéaste ne savait pas exactement comment conclure. Toutefois, ne vous y trompez pas : à une époque où le cinéma est devenu un art de plus en plus aseptisé, rongé par le politiquement correct, voici une œuvre faisant parler la poudre, faussement suave et en disant long sur l'ambition des hommes (et des femmes, en l'occurrence), prêts à toutes les manigances pour se rapprocher le plus possible du pouvoir. « Play dirty », OK, mais toujours avec style, élégance. À ce jeu, Emma Stone et Rachel Weisz livrent un affrontement de haute volée, « arbitré » par une Olivia Colman aussi saisissante qu'inattendue. Au passage, j'avoue toutefois être très surpris par le choix de l'Académie des Oscar de nommer les deux premières comme seconds rôles et la première comme meilleure actrice : l'inverse aurait été plus logique voire les trois dans la même catégorie mais là, je ne comprends pas bien, même si la victoire de cette dernière (la seule sur dix nominations) se défend largement. Bref, sans être extatique, voici une production sachant faire preuve d'ambition et de culot, que ce soit par sa description sans fard (et toujours autant d'actualité) de la « politique » et son insolence : assurément l'un des titres phares de ce début d'année.
3,5
Publiée le 18 février 2019
Yórgos Lánthimos est vraiment un réalisateur qui clive : certain.e.s le portent aux nues, d'autres le vilipendent à tour de bras. Et si on restait entre les deux, après tout ! Beaucoup considèrent que "La favorite" est son film le plus accessible. C'est vrai, même si on y retrouve indéniablement tout ce qui, chez lui, plait aux uns et déplait aux autres : beaucoup d'images tournées avec un grand angle, des clins d'œil plus ou moins prononcés à la tragédie grecque, beaucoup de musique (le plus souvent très agréable, le plus souvent en accord avec l'époque décrite mais qui s'en écarte vers la fin avec Schubert et Schumann. Plus, à 2 ou 3 reprises, des sons qu'il est difficile de qualifier de musique, terriblement oppressants et fort désagréables). Le scénario, auquel Yórgos Lánthimos n'a pas participé, est tiré de l'Histoire avec un grand H : au début du 18ème siècle, la rivalité féroce entre 2 cousines, Sarah Churchill et Abigail Masham, pour s'attirer les bonnes grâces de la reine Anne d'Angleterre. Un film en costume, donc, très bien mis en scène et qui n'hésite pas à employer un langage très cru. En tête d'affiche, 3 comédiennes au sommet de leur art : Olivia Colman (Anne) est en lice pour un Oscar, mais on a le droit de penser que Rachel Weisz (Lady Sarah) et Emma Stone (Abigail) le mériteraient tout autant. Quant à la photographie, magnifique, elle est l'œuvre de Robbie Ryan, qu'on a déjà vu, entre autres, auprès de Ken Loach et de Andrea Arnold : bel éclectisme !!
3,0
Publiée le 9 février 2019
Sans doute l'un des films que j'attendais le plus cette année. Sans doute la plus gros déception de cette année. Yorgos Lanthimos me contrarie pour la première fois. Même si le film est techniquement et visuellement très réussi. L'interprétation est sa qualité principale. Les trois actrices sont extraordinaires. Olivia Colman est absolument bluffante (prix d'interprétation à Venise et Golden Globe de l'actrice dans une comédie, mérités). Bizarrement, elle est élevée au rang de meilleure actrice et ses collègues, Rachel Weisz et Emma Stone (toutes deux formidables aussi) seconds rôles féminins. Les rôles sont d'égal consistance à mon humble avis. Bref. La mise en scène du réalisateur grec, par contre, prend du plomb dans l'aile. Moins virtuose, moins puissante, plus tape à l’œil. Le scénario ne tient pas la distance par rapport à ses autres films. Il ne l'a pas écrit, pour la première fois. Ceci explique peut être cela. Il manque une cruauté, une méchanceté, un cynisme, un mordant, certes présents, mais trop en surface pour nous donner la fascination, la tension, le trouble qui caractérisent ses autres films. Pour la première fois, je ne suis pas sorti d'un de ses films bousculé, remué et mal à l'aise. Tout reste ici finalement assez gentillet. Une revisite du film d'époque en costumes qui, de luttes de cour et de pouvoir en amours saphiques, plaira (et plait déjà) certainement à beaucoup. La favorite, malgré ses belles qualités, restera donc pour moi une belle déception. Je ne viens par voir du Lanthimos pour me retrouver devant du sous Greenaway à la sauce Kubrick (ou vice-versa). Si le but était d'être plus grand public et plaire au plus grand nombre, c'est gagné : dix nominations et l'un des favoris aux prochains Oscar...
3,0
Publiée le 22 février 2019
Grand favori des Oscars 2019, The Favourite est la nouvelle proposition du cinéaste grec Yorgos Lanthimos qui se veut aussi particulière et inquiétante qu'ont été ses précédentes œuvres notamment avec le récent The Killing of a Sacred Deer. Lanthimos y exprime la même folie singulière mais celle-ci s'avère plus équilibrée ! The Favourite est un drame historique datant du XVIIIe siècle auquel une rivalité évidente va arriver entre une Lady et une nouvelle servante dans le but de gagner la confiance et, ainsi devenir la principale confidente de la Reine. La vengeance est souvent présente, ce qui rappelle le dernier film du réalisateur ! Derrière cette histoire se cache un jeu de perversion, des répliques salaces et des conflits haineux entre ces femmes fortes qui ne s'en laissent pas imposer. Elle est également brodé d'un humour noir assez provocant dont le public ne s'y attend guère ! La réalisation de Lanthimos en est certainement la principale qualité de ce long-métrage américano-irlando-britannique avec ces spectaculaires grands-angles, nous chavirant de scène en scène, tout comme sa trame sonore théâtrale qui est à la fois fascinante et troublante. Des décors somptueux, des costumes fidèles à l'époque et un langage aristocratique irréprochable nous font plongé au sein d'une ambiance poisseuse et insipide. Certaines séquences peuvent choquer ou nous faire rire bêtement spoiler: comme ces courses de canards, ces tirs de pigeon, jeter des fruits sur une personne nue (et souvent au ralenti)...
Ça appartient bien au style du cinéaste... ! Cela dit, plusieurs longueurs se veulent pénibles... On a un peu du mal à tenir face spoiler: aux discours et aux problématiques administratives et militaires
des personnages, pourtant tous bons ! C'est surtout grâce à un séduisant trio d'actrices (Olivia Colman, Emma Stone et Rachel Weisz) que The Favourite nous tient tout de même en haleine ! Les trois comédiennes bénéficient chacune de leur moment de gloire et offrent des performances solides (surtout Weisz à contre-emploi de The Lobster !) qu'il devient impossible de détourner son regard spoiler: de ces vipères qui s'empoisonnent progressivement...
Il y a aussi Nicholas Hoult en gentilhomme spoiler: qui s'efforce de tirer profit du pouvoir
dont jouissent certaines femmes du royaume, celui-ci endosse bien son rôle. En somme, The Favourite est un film historique très léché, assez fantastique et quelque peu déconcertant. Ça y est Yorgos Lanthimos est bel et bien connu à travers le monde grâce à sa Favorite (au vue de ses nominations pour les Oscars) !
3,5
Publiée le 19 février 2019
Favori aux prochains Oscars, "La Favorite" est un biopic historique élégant par sa forme et grinçant par son fond, qui se transforme en grande tragicomédie baroque, à la fois perverse et grivoise. Une chose est sûre, le réalisateur grec Yorgos Lanthimos fait tout pour traiter ce genre poussiéreux à contre-pied, quitte à en faire un objet d'expérimentation. Ainsi, les décors majestueux nous surplombent par les grands angles de caméra qui déforment toutes perspectives. L'absence de lumières artificielles donne du reflet aux scènes filmées à la lueur des bougies. Et la musique anxiogène participe à cette notion d'étouffement dans le vaste espace vide d'un Palais Royal. Ici, la politique est coupée du reste du monde et rime avec manipulation, passe-temps et cruauté...
Ces partis prix resserrent l'action sur ses trois personnages, cobayes des vices de la nature humaine en quête de pouvoir. Ce petit jeu de massacre ne serait rien sans son trio féminin indissociable, où chacune participe à sa manière à l'anti-conformisme moral de ce portrait royal. Olivia Coleman, en reine instable et hystérique, est à la fois curieuse et touchante. Rachel Weisz, en femme de pouvoir déterminée, semble celle qui garde la tête froide tandis qu'Emma Stone dessine une véritable ascension sociale pour son personnage, accompagné de changements d'humeur étonnants ! Leurs relations vénéneuses et leurs dialogues punchys, marqués par un humour cru et extrême ont de quoi nous captiver.
Personnellement, j'en attendais beaucoup plus ! Je pensais vraiment que "La Favorite" s'éloignerait de toutes conventions, surtout dans son final. Bien que l'action s'étende sur la durée et semble parfois tourner en rond, on ne s'ennuie pas. Mais la folie machiavélique, qui est pour moi simplement effleurée, manque cruellement à cette montée d'adrénaline. Dommage, car tous les ingrédients étaient là pour en faire quelque chose de plus rock'n'roll, en total désaccord avec le cadre spatio-temporel. J'avoue être resté sur ma faim et avoir trouvé l'ensemble trop sage malgré une maitrise parfaite et un plaisir jubilatoire du jeu.
3,0
Publiée le 31 décembre 2019
Une période historique revisitée , de manière un peu parodique et créative. Cette reine lesbienne , très malade, manipulée dirige cette Angleterre de manière indirecte. beaucoup d'excès, du lyrisme, un peu de fantsmagorie. Une mise en scène brillante, et une trio d'actrices au Top. Un oscar de la meilleure actrice entièrement mérité.
3,0
Publiée le 8 février 2019
Je crois comprendre que ce film a les faveurs des pronostiqueurs aux Oscar. Normal, je n’en fait pas parti. Plus sérieusement, sur la filmographie d’un monsieur tel que Yórgos Lánthimos, voir apparaître une film en costumes est une bonne nouvelle, vite réprimée par le trop plein d’effets qui n’en sont pas. L’extravagance tient d’abord dans la longueur de ce très long métrage ( 2 h ) qui joue la théâtralité bouffonne, en surajoutant des tics de mise en scène qui à priori se veulent élégants. Qu’apporte le « fish-eye » dans deux ou trois brèves séquences, et cette musique martelée sans autre raison que de marquer les esprits ? L’anachronisme revendiqué dans les costumes et les accessoires figure la même envie de faire chic, sans pour autant séduire d’avantage. L’affiche relève le niveau et permet de tenir un peu la distance.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
3,5
Publiée le 16 mars 2019
Ce film historique se déroulant au XVIIIème siècle s'apparente plutôt à une comédie grinçante sur le règne de la Reine Anne (Olivia Colman). Il souffle un vent de fraîcheur avec les deux prétendantes aux faveurs de celle-ci incarnées par Rachel Weisz et la formidable Emma Stone. Yourgos Lanthimos, dans son style si caractéristique, exploite à merveille le potentiel de ses actrices et donne parfois un air de folie douce à ses personnages. Dommage que ce film à costumes s'étire un peu en longueur mais il m'a réconcilié avec le cinéaste que j'avais trouvé mauvais dans "Mise à mort du cerf sacré" et surtout "The Lobster". Ce film est beaucoup plus accessible au grand public.
3,5
Publiée le 19 février 2019
Au XVIIIe siècle, à la cour d'Angleterre, un cruel jeu de pouvoir, de désir et de manipulation entre la reine Anne, sa favorite officielle et une jeune arriviste. On est quelque part entre "Meurtre dans un jardin anglais" et "Barry Lyndon", en mode féminin saphique. Décors feutrés, verbe aiguisé, férocité parfois bien crue. C'est peut-être le film le moins "barré" de Lánthimos. Il n'en reste pas moins baroque et sarcastique. Souvent jubilatoire. La lumière du film est superbe. D'autres choix esthétiques sont plus discutables (le grand angle déformant). En termes de récit, le dénouement n'est pas forcément à la hauteur de ce qui précède. Mais l'ensemble reste d'une qualité piquante et doit beaucoup, aussi, à la performance des trois actrices principales (Olivia Colman, Rachel Weisz, Emma Stone).
3,5
Publiée le 23 mars 2019
Plus proche de la farce que du film historique où 2 lointaines cousines se disputent les faveurs de la dernière héritière de la lignée des Stuart, « La Favorite » est portée par un trio des plus notables : Rachel Weisz, Emma Stone et surtout Olivia Colmar, distinguée à plusieurs reprises pour son incroyable interprétation de la Reine Anne. Le style Yórgos Lànthimos déstabilise quelque peu mais donne une manifeste disparité à un film drôle et incongru sur le pouvoir mais au scénario pas toujours fertile, un peu long et miné par une musique qui n’a jamais cessé de m’irriter deux heures durant.
3,0
Publiée le 11 février 2019
Lanthimos signe un film élégant et corrosif mais au vu de ses œuvres sulfureuses postérieures on était en droit d’attendre davantage d’audace. Il serait dommage que ce cinéaste subversif emprunte les sentiers balisés du film en costumes oscarisable.
3,0
Publiée le 19 février 2019
Une réalisation très particulière dont la signature est très personnelle. L’interprétation de ces 3 femmes, entre humour et colère, ne laissera personne indiffèrent. Vérité ou déformation ? La reine Anne était apparemment un personnage compliqué et faible, très bien rendu à l’écran.
3,0
Publiée le 26 mars 2019
Le talent du grec n'est plus à démontrer et une fois de plus, il ne déçoit pas. Alors ok, c'est assez long et répétitif mais je pense que c'est nécessaire pour bien détailler les liens présents entre tous les protagonistes. Les actrices sont au top du top et le duo (voire le trio) est très sympa. Le gros point important du film est la bande son qui est omniprésente. Je crois qu'il n'y a pas une seule minute sans le son. Les plans sont très originaux pour certains et ça apporte une originalité au sujet et à une période qui ne le sont pas particulièrement. Ceci dit l'époque est bien retranscrite, les décors sont jolis et les costumes bien réalisés. Après, comme je l'ai déjà dit, j'ai trouvé le temps un peu long. Aussi le fait que la fin soit un peu ... bof bof. Je m'attendais à un autre dénouement. Mais dans l'ensemble, j'ai passé un bon moment et je le recommande. 12/20.
3,5
Publiée le 1 avril 2019
Il y a quelque chose de pourri dans ce royaume dirigé par des femmes ... Si le film brille par son interprétation, sa photographie, son scénario, son ton mi-comique, mi-feroce, il faut reconnaître qu'il finit par lasser (effets de caméra redondants, une intrigue qui piétine à mi-parcours, une fin décevante) et le résultat se révèle donc mi-figue, mi-raisin.
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