Le cinéaste Philippe Garrel, dont le dernier film, Le Grand chariot, sortira le 13 septembre, est accusé par plusieurs actrices de propositions sexuelles contre l'obtention de rôles au cinéma.
Selon Mediapart, qui a dévoilé une longue enquête sur le sujet, le réalisateur de 75 ans aurait fait des "propositions sexuelles à 5 comédiennes lors de rendez-vous pour des rôles, dont quatre relatent des tentatives de baisers non consentis."
Certaines actrices témoignent sous couvert d'anonymat dans l'enquête de Mediapart. D'autres ont décidé de le faire à visage découvert comme Anna Mouglalis, Clotilde Hesme, Laurence Cordier ou encore Marie Vialle.
"Dans cette enquête, cinq femmes le mettent en cause pour des propositions sexuelles dans un cadre professionnel, dont quatre évoquent des gestes et baisers non consentis, susceptibles d’être qualifiés d’agression sexuelle ou de tentative d’agression sexuelle", indique Sophie Boutboul, journaliste Mediapart chargée de l'enquête sur Philippe Garrel.
"Aucune plainte n’a été déposée à ce jour. Le réalisateur affirme qu’il ne lui est « jamais arrivé d’embrasser une femme contre son gré », mais indique qu’il a « peut-être essayé d’embrasser l’une d’entre elles » sans être sûr de son souvenir. Il présente ses excuses s’il a pu blesser des comédiennes", explique Mediapart.
Philippe Garrel nie la majorité des faits. "Il explique avoir 'mal interprété' des 'ressentis' et évoque une 'remise en question'", précise Sophie Boutboul. "À la lecture de tous ces témoignages, je réalise la différence entre ce que j’imaginais alors et ce que je leur ai fait vivre. J’avais déjà pris conscience de la culture qui m’a façonné, et cela a ouvert en moi une remise en question", a déclaré Philippe Garrel, cité par Mediapart.
L’intégralité de l’enquête est en ligne sur le site de Mediapart.