BDE, c'est un groupe de quadra qui pense qu'il a encore vingt piges, et se confronte au fait que non, à l'inverse d'un Connemara en fin de soirée, il n'est pas intemporel (pour la ringardise, en revanche, on est bon). Avec le récent Morning Night (sur M6) et ce BDE, on sent que Michael Youn est nostalgique, et rêve de faire revivre le personnage décadent de sa matinale incroyablement gamine et jouissive, sauf qu'il n'arrive pas à nous faire partager son plaisir, on n'a qu'une envie : se remettre la compil des émissions, les vraies. Ici, la nostalgie est faite au forcing extrême (on nous hurle littéralement les références comme Bioman, tous les tubes de boîte des années 90 / 2000 qui s'enchaînent comme une "check-list"), les "méchants" de l'intrigue sont une bande de kékés insupportables au-delà de ce que leur rôle (ultra caricatural) leur demande (emmenés par Rayanne Bensetti, le champion dans la catégorie), et les gags ne fonctionnent jamais. On s'ennuie, on sait déjà comment cela va finir (bienpensance oblige), les rôles secondaires sont inexistants (les flics sont transparents, et les cambrioleurs stupides sont de longs moments - pas drôles - à passer... Comme l'ensemble du film), et le quatuor de vedettes cabotine péniblement sur la durée du film, sans jamais nous faire croire à leur personnage. Comme un Projet X qui traîne ses savates, essaie de se replonger puérilement dans une nostalgie qui le réconforte mais est très ringarde de l'extérieur (le fait paraître vingt piges...de plus), BDE est surtout au Bord De l'Ehpad.