Repérée avec Vierges, un premier long-métrage intéressant, l'israélienne Keren Ben Rafael confirme son talent avec A cœur battant, l'histoire d'un couple qui doit expérimenter une situation "Loin des yeux" moderne puisque les nouvelles technologies permettent de se voir à distance mais toujours pas de se toucher. Une absence/présence dont A cœur battant s'empare avec finesse, refusant les poncifs, élaguant quand il le faut, insistant quand c'est nécessaire, rendant la romance en difficulté du film presque aussi palpitant qu'un thriller. C'est évidemment un film de dialogues, de sourds assez souvent, avec quelques personnages périphériques qui apportent humour ou originalité. Keren Ben Rafael témoigne d'une belle maîtrise dans sa mise en scène évitant autant que faire se peut les répétitifs champs/contrechamps. Mais le film ne serait pas certainement pas aussi réussi si ses deux personnages principaux n'étaient pas aussi remarquablement incarnés par Arieh Worthalter. et surtout Judith Chemla, étonnante à chacun de ses rôles et sans conteste l'une des meilleures actrices françaises contemporaines, sa modestie dût-elle en souffrir. Il y a quelque chose de romantique et de désuet dans A cœur battant, rien de nouveau sous le soleil, dira-t-on avec raison, mais qui semble à la fois unique et universel comme l'est n'importe quelle histoire d'amour.