En ces heures sombres de notre histoire où le politiquement correct règne, où l'on se fait traiter de pédophile quand on a le malheur de dire que l'on aime les enfants et ou les balayeurs ont été promu technicien de surface, il est difficile d'être drôle. On peut rire de tout... Sauf des noirs, des arabes, des juifs, des femmes, des pédophiles, des tueurs en série, des génocides, des viols, des terroristes, etc... Reste alors les blagues de toto, ou les blagues sur les belges... Heureusement sur cette terre est arrivé Borat. Le film des deux trublions Larry Charles et Sacha Baron Cohen. Probablement les seuls personnes en ce bas monde à pouvoir intégrer dans leur film une séquence appelé "le lâcher de juif" sans déchaîner lobby et association anti-raciste. Et devant le succès de ce film, ou se dit que finalement les gens ont gardé leur sens de l'humour...
Borat est un reporter tout droit sortit d'un film de Kuturica (dont le film pompe allègrement la bande original). Il vit au Kazakhstan un monde merveilleux où l'antisémitisme est un sport national et où pédophilie, zoophilie, viol et inceste sont monnaie courante. A travers les yeux de ce Freddy Mercury Kazakh, Larry Charles brosse le portrait de la connerie intergalactique de ses compatriotes. Racisme, homophobie, religion... Borat aborde tous les sujets à polémique et provoque volontairement ses interlocuteur pour les faire réagir et nous montrer l'étendu de leur connerie. Et c'est assez effrayant... Quand Borat demande à un vendeur de voiture à combien il doit rouler pour écraser un gitan, ce dernier lui répond comme si on venait de lui poser une question sur la consommation en carburant du véhicule. C'est sans doute cela le pire dans Borat. Le manque de réactivité des interlocuteurs face à un type qui débite les pires ignominies. Certaines réactions sont tellement énormes, que l'on se demande sans cesse se qui est vrai et ce qui ne l'ait pas.
On pourrait reprocher à Borat d'être trop graveleux. De faire constamment dans le sordide. Notamment via cette scène de lutte grequo-romaine très équivoque dans une chambre d’hôtel. On apprécie d'ailleurs la bonté de la post-prod qui nous épargne gracieusement avec un petit rectangle noir le traumatisme qu'aurait pu provoquer la vision d'un pénis Kazakh. Personnellement, plus c'est border-line plus j'aime ça. En revanche, pas sur que les fans de l'humour subtil de Woody Allen apprécieront. Borat, c'est de l'humour frontal.
Je pense que Borat fait partie des 10 films devant lesquels j'ai le plus rigolé. Chaque scène est culte. Il n'y a pas une séquence, moins bonne que l'autre. Et en plus de nous faire rire, Borat dénonce (il enfonce un peu des portes ouvertes, mais c'est l'intention qui compte).