Le vendredi 21 mars marquait l’ouverture tant attendue du Festival Séries Mania. Pour cette édition 2025, c’est Camélia Jordana, figure emblématique du paysage audiovisuel français, qui a été choisie pour présider le jury de la catégorie dédiée aux formats courts.
Lors d’un entretien avec Allociné, la comédienne nous a parlé de son rôle de présidente et de la manière dont le jury va juger les fictions en compétition. Des œuvres qui, cette année encore, se distinguent par leur richesse et leur diversité.
Allociné : Qu’est-ce qui vous a attirée dans le rôle de présidente du jury dans la catégorie des formats courts ? Est-ce une proposition que l’on ne peut pas refuser ?
Camélia Jordana : Oui, complètement ! D'abord parce qu'elle vient de Laurence Herszberg et qu'elle a le droit de me demander absolument tout ce qu'elle veut. C'est une femme que j'admire énormément, que j'aime beaucoup et pour qui j'ai de l'affection. Et puis parce que c'est Séries Mania. C'est un festival que j'ai découvert l'année dernière. Je me suis pris une énorme tarte. J'ai des souvenirs magnifiques de cette édition. Quand Laurence m'a proposé ce rôle-là, évidemment que j'ai dit oui les yeux fermés. Je suis très honorée de cette place de choix.
La sélection du festival est comme chaque année très riche. Est-ce que vous avez des genres de prédilection ?
J'adore les séries documentaires et le fait qu'on soit dans la réalité. C'est une structure de la pensée de la personne qui est derrière qui m'intéresse beaucoup. Que ce soit en série ou en cinéma, peu importe la taille du format, ce qui m'intéresse à l'image c'est de rencontrer la personne qui est derrière la caméra, qui a pensé ce projet et qui a travaillé dessus pendant des années. En fiction, ce sont des humanités qui me cueillent. Ça, ça me bouleverse.
Il y a un autre genre que j'adore, c'est la science-fiction. Les films de genre, j'avoue que c'est une forme avec laquelle je n'ai pas beaucoup d'affinités. Je trouve que la vie est déjà suffisamment complexe pour ne pas chercher à se rajouter de l'angoisse. Mais évidemment, je prendrai sur moi et je ferai l'effort s'il y a des fictions de ce genre pour la compétition.
Comment allez-vous juger les œuvres en compétition ?
Les personnes qui me connaissent savent mon amour du débat. J'avoue que plutôt de privilégier une chose que je trouverais très réussie et dans laquelle je me reconnaîtrais, je pense que c'est important de mettre en avant des œuvres qui font débat. Je ne connais pas encore les personnes du jury mais j'imagine qu'on vient tous d'horizons différents et qu'on va tous se retrouver autour d'une œuvre qui fait débat. Quand une œuvre interroge et questionne, ça apporte beaucoup de valeur. S'il y a de grands désaccords autour d'une œuvre, je pense qu'elle suscitera beaucoup plus mon attention.
En 2023, vous étiez l'héroïne d'Irrésistible, une série Disney+. A l'époque, Clémence Madeleine-Perdrillat, la scénariste, réfléchissait à une saison 2. Peut-on espérer que la série revienne avec une nouvelle salve d’épisodes ?
Je n'ai pas de nouvelles de la saison 2. Je prie, j'espère et je croise les doigts. J'adorerais qu'on puisse encore raconter les histoires folles d'Adèle et de tous ses camarades. J'aimerais pouvoir vous en dire plus mais malheureusement, je n'ai pas d'informations.
Vous avez finalement fait peu de séries. Est-ce un format que vous aimeriez explorer davantage ?
J'adore les séries et j'adore tourner des séries. J'ai adoré mon expérience sur Irrésistible et j'aimerais pouvoir en faire plus. J'ai le grand privilège de pouvoir m'amuser et m'exprimer aussi en musique, au théâtre, dans l'écriture ou encore la composition. Quand je m'engage dans un projet, c'est du temps que je ne consacre pas à mes propres projets. J'ai eu la chance qu'on me propose plein de séries. Je les ai déclinées parce que je ne me disais pas que c'était le projet de ma vie. Je préfère donc laisser ma place à une consœur comédienne qui sera très heureuse d'incarner ce personnage et de faire partie de cette histoire, qui se jettera corps et âme dans le projet avec un entrain peut-être plus important que si je le faisais moi-même.
Si vous pouviez choisir la série dans laquelle jouer, quel serait le pitch et quel personnage aimeriez-vous incarner ?
Il y a deux sujets qui m'intéressent énormément. Le premier, ce serait de faire parler des femmes entre elles, des parisiennes de plein d'horizons différents. On a toutes un groupe d'amies magnifiques où les femmes sont toutes différentes mais en même temps viennent toutes plus ou moins du même milieu. On se voit, on se sait, on s'entend et on peut rire des mêmes choses même si on vit dans des endroits différents.
L'Histoire Franco-Algérienne m'intéresse énormément. Je m'y intéresse beaucoup en ce moment. Ça fait des années qu'elle est centrale dans mon travail mais je me documente beaucoup en ce moment. C'est un sujet que j'aimerais beaucoup traiter. Et la série serait peut-être le bon format. C'est un sujet qui va prendre beaucoup de place dans mon travail dans les années à venir, c'est certain.
Quels sont vos projets ?
Je suis tellement heureuse d'annoncer que je tournerai un film au printemps en Algérie. C'est le prochain projet d'un réalisateur franco-algérien que j'admire énormément qui s'appelle Rabah Ameur-Zaïmeche. Et à l'automne, je tournerai Cora dans la spirale, un film de Benoît Volnais. C'est un projet auquel je tiens énormément. Je suis très heureuse. Et puis j'avance aussi sur mes propres projets que ce soit dans la musique ou dans le cinéma. J'ai du pain sur la planche (rires).