Nous avions déjà eu à subir deux (mais il y en a peut-être eu d'autres) naufrages télévisuels des co-productions de cette Alliance entre les télévisions publiques allemande, italienne et française, avec un Tour du monde en 80 jours à faire pleurer et un Léonardo consternant, mais avec cette Jeune fille et la nuit, le naufrage devient abyssal. Deux épisodes, et j'ai ma dose: scénario de sit com, réalisation dénuée de tout relief, interprétation hétéroclite où même les rares acteurs français que l'on connaît et reconnaît -et qui peuvent être excellents- livrent ici le minimum syndical. Naturellement, c'est tourné en anglais, ou peut-être en volapuk intégré. Mais le pire du pire, c'est le décor: une côte d'Azur improbable et irrémédiablement laide. On est supposé être en France mais le gymnase s'appelle "gymnasium" et les avis de recherche portent en gros "missing". Par ailleurs, dans ce Midi de la France filmé Dieu sait où, les affaires criminelles sont traitées par la police municipale. Inutile de préciser que dès le début, l'on se fiche comme d'une guigne de cette Vinca, victime supposée de plusieurs hommes, et qui n'existe tout du long qu'à travers sa perruque rousse. Si le sort d'une jeune fille martyrisée vous intéresse, voyez ou revoyez Laetitia, un téléfilm qui lui, fait honneur au service public. Quant à cette misérable bluette, elle ne conserve de "coproduction" que l'élément "copro".