Par sa durée (moins de 40 minutes) et son sujet, le film témoigne de la modestie assumée de Brac, qui constitue à la fois sa force, mais aussi sa principale limite.
Deux sœurs ressemble à son héroïne : objet revêche et déplaisant, parfois au bord de l’insoutenable, il vous plante malgré tout son poignard au plus profond du cœur.
En filmant l'enrayement de la machine capitaliste et ses effets, Les Tourments, deuxième volet de la trilogie que consacre Wang Bing aux ateliers textiles de la ville de Zhili, se voile d'une émotion plus sombre et accède à des strates encore inexplorées dans Le Printemps.
Le re-enactment est ici la matrice d’un film contemplatif où les séquences de lutte « rejouées » visent autant à filmer les gestes des personnages que le territoire qu’ils habitent et cherchent à défendre.
Tardes de soledad prend la forme d'une expérience, avec ce qu'elle engage de jeu pervers : où commence notre indifférence et jusqu’où va-t-elle ? Ou bien : jusqu’où peut-on admettre de ne pas souffrir devant un film ?
La vie quotidienne rurale est dépeinte à la manière d'un tableau, dans un clair-obscur qui, s’il manque parfois d'originalité, convainc par sa précision.
Quand bien même les films de Tsui Hark investissent désormais un cadre très balisé, ils ne ressemblent à rien d’autre qu’à eux-mêmes – épiques et pourtant bizarres, lourds et toutefois ponctuellement gracieux, normés et néanmoins striés d’éclats.
À force de figurer sagement le clinquant de ce petit monde, Steven Soderbergh finit par accoucher d’un film d’espionnage qui ne cache rien : une belle vitrine joliment agencée, dans laquelle il n’y a pas grand-chose à voir.
Au milieu de ce programme mélodramatique en pilote automatique flotte Pamela Anderson, dans une performance outrancière mais étonnante, et d’une réelle étrangeté.
L’intérêt du travail de Marie Losier n’est pas de s’attacher à la reconstitution emphatique de la dynamique d’une carrière, mais de privilégier un contraste permanent entre continuité et discontinuité.
Queer se situe aux antipodes de l’esthétique un peu précieuse de Call Me by Your Name, comme si Guadagnino affrontait, à l’instar de son personnage, la vérité crue de son désir.
Le film s’intéresse moins au musicien qu’au portrait mythifié d’un homme en proie à ses démons, au point que les séquences musicales sont réduites à de simples ponctuations illustratives dans le rythme effréné du montage.