Seul contre une armée, Stephen Chow se régal et distribue les coups de savate. Souvenez- vous la décadence dans l'absurde dont son dernier film, à savoir Sholin Soccer, était imprégné. Et bien, cette démentielle leçon de kung-fu se base sur le même principe: faire d'une banalité une énormité, et ainsi, extrapoler un petit chahutage entre gangs en un véritable champ de bataille où les ennemis s'élèvent très haut sous une salve de coups random, jusqu'à toucher le ciel les amis. Et oui, il est comme ça Stephen Chow, loufoque et amateur d'action pure, friand de personnages atypiques en situations cartoonesques. Là où n'importe quel lambda se transforme en machine de guerre, il n'y a pas de frontière, pas de limite à l'impossible. Nous voilà plongés au cœur des années 60, en plein règlement de compte entre le terrible gang des haches et les locataires d'un HLM. On retrouve un enchainement de combats épiques et cet humour déjanté typiquement nippon, bardé de références en dessins animés. Le réalisateur Hongkongais est néanmoins resté soft par rapport à son dernier métrage. Celui-ci est plus précis dans la réalisation, plus hollywoodien; je dirais même, plus posé dans la nostalgie du cinéma d'antan. Le budget était là, cela ne fait aucun doute, on ne peut donc que profiter du spectacle offert par un roi du gag qui s'amuse au moins autant que nous. Savoureux. 4/5