En plusieurs points le nouveau "Massacre à la tronçonneuse" est une réussite totale. Tout d'abord, le réalisateur, à l'inverse de Tobe Hopper il y a 30 ans (déjà...) souligne et zoome sur les membres arrachés, les souffrances de ces jeunes gens, ajoutant même pour renforcer cette impression de malaise qui nous tiraille pendant tout le film, des images d'archive particulièrement dures elles aussi, et c'est pour cela aussi que c'est limite censurable (car on en a censuré pour moins que ça) : on verse jusqu'au snuff movie à la fin. Mais ne fouettons pas les chats.
Esthétiquement, le film de Marcus Nispel est éblouissant : photographie sale et crasseuse (d'ailleurs, c'est le même qui a fait l'image de l'original), montage nervueux mais pas surboosté, caméra omniprésente et jamais deux fois au même endroit (si si!), tout ce joyeux bordel organisé sied très bien à cette histoire horrible.
Mais Nispel ne s'arrête pas là. Sous ces airs de film d'horreur qui fout vraiment les jetons (mais vraiment), il arrive à y introduire une réflexion aussi pertinante sur l'Amérique que les démembrages de Leatherface sont violents (c'est dire). En effet, c'est l'image d'une Amérique puritaine que nous renvoie la famille de barjes qui habitent cette maison, punissant à l'extrême les jeunes qui se droguent (un peu) et qui commettent le péché originel (un peu plus). Ca fait aussi peur que le film...
Pour terminer, en plus de livrer le film d'horreur ricain qui nous a fait le plus flippé depuis "Scream", Nispel réalise une peinture critique de l'Amérique profonde. Avec beaucoup de rouge...