Shamira Raphaëla est une réalisatrice de double culture : de mère néerlandaise et de père originaire de Curaçao, elle a elle-même grandi à Aruba, île néerlandaise de la mer des Caraïbes, située au large des côtes du Venezuela. Après avoir terminé ses études secondaires dans les Caraïbes, elle s’est installée aux Pays-Bas où elle a obtenu une licence en arts audiovisuels à l’académie d’art et de design Artez en 2006.
Shamira Raphaëla a voulu adopter un point de vue opposé à celui de son documentaire de 2014, Deal With It, qui montrait le côté sombre et malheureux de l’héritage des immigrants, une famille caribéenne tombée dans la drogue et le crime. Si Shabu se déroule dans un quartier défavorisé, il n’y a pas de victimisation ou de misérabilisme. Elle explique : “je me suis sentie obligée de montrer l’autre facette de notre communauté, des familles heureuses et aimantes, des pères attentionnés, des amitiés solides, des voisins qui nous soutiennent, des rêves et des aspirations, la normalité, quoi. Un film rempli d’amour, de lumière et de joie, malgré le contexte difficile.”
La réalisatrice espère que son film sera vu par des enfants à partir de 10 ans mais aussi par un public adulte : “regarder un film ensemble peut être une expérience enrichissante et le point de départ d’une conversation plus approfondie”. Shabu montre que les garçons sont autorisés à pleurer et à être vulnérables.”Dans notre société, les garçons noirs sont trop souvent stéréotypés, avec toutes les conséquences que cela entraîne.”