De quoi ça parle ?
Trois cadavres sont retrouvés dans un hôtel parisien, dont celui du milliardaire Rudolf Kesselbach. Peu d'indices sont laissés sur place : le chiffre 813, cinq lettres A.P.O.O.N., et deux initiales, L.M, gravées sur le porte-cigarettes de l'assassin. Très vite, Arsène Lupin est accusé du crime, mais Lenormand, le chef de la police, affirme qu'il s'agit d'un coup monté car "Lupin ne tue pas". Son enquête va les mener jusqu'aux plus hautes sphères politiques...
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Pourquoi c'est culte ?
Adaptée du roman 813 de Maurice Leblanc, cette série en six épisodes présente une ambiance et un Arsène Lupin assez différents du programme avec Georges Descrières (1971 à 1973). Il faut dire que le livre est assez sombre, et cela s'en ressent sur le ton de cet Arsène Lupin joue et perd : le titre lui-même est déjà un indice des complications que va connaître le célèbre gentleman-cambrioleur, ici joué par Jean-Claude Brialy.
Si Descrières proposait un Lupin assez charmeur, Brialy opte pour une sobriété exemplaire. Il met tout son talent au service des différents personnages qu'il incarne au cours de la série. Il est épaulé par une galerie de comédiens talentueux parmi lesquels Maurice Biraud et Jacques Duby, en passant par Christiane Krüger (fille de Hardy Krüger), qui joue la veuve de Kesselbach.
Arsène Lupin joue et perd adapte fidèlement le roman 813, et passé l'épisode 3, prend une forte dimension politique, mêlant le héros à un complot qui le dépasse parfois. On se retrouve donc avec un cambrioleur très humain, très incarné.
La mise en scène de ce Lupin plus réaliste passe par l'utilisation de plans séquences qui permettent aux acteurs de donner le meilleur d'eux-mêmes. Les six épisodes sont signés du réalisateur Alexandre Astruc, auteur du concept de la "caméra-stylo", et qui retrouve Brialy des années après avoir tourné avec lui L'Education sentimentale (1962).
L'info en plus
Le coût de la reconstitution de la France des années 1910 étant assez élevé, pour faire des économies, les costumes d'Arsène Lupin portés par Jean-Claude Brialy venaient souvent de productions précédentes. Il confiera notamment à Télé 7 jours en décembre 1980 : "ma garde-robe [dans la série] est un panaché de celle d'Helmut Berger dans Louis II de Bavière et celle de Dirk Bogarde dans Mort à venise". Par ailleurs, Brialy avait déjà joué le cambrioleur en 1962 dans Arsène Lupin contre Arsène Lupin, face à Jean-Pierre Cassel, et avait failli l'incarner à la télévision à la place de Descrières, mais avait trouvé cette version du personnage "trop vaudevillesque, peu fidèle au modèle".
Ce qui peut plaire aux plus jeunes
La complexité de l'intrigue va crescendo, jusqu'à ne révéler l'identité du coupable qu'au dernier moment, ce qui tiendra en haleine les spectateurs plus jeunes. Et le charisme de Jean-Claude Brialy devrait finir d'emporter leur adhésion.
Pour aller plus loin sur madelen
- Les Aventures d’Arsène Lupin (audio)
- L'émission documentaire "Territoire Polars"