Porté par l'interprétation élégante de Alexandre Bouyer, Fanon rend accessible la pensée de cet homme d'engagement et parvient à des vérités humaines bouleversantes.
L’entreprise est aussi louable qu’enrichissante, mais les enjeux dramatiques tardent à s’y imposer, la construction narrative, parfois maladroite et abrupte, toute en rebonds soudains et revirements forcés, donnant la sensation que le film navigue à vue. Pourtant, impossible de ne pas être captivé (...).
Dur de passer outre ces approximations d’écriture mais cette plongée dans la communauté de Château Rouge finit par donner au film une tonalité originale – les rôles secondaires, de Ralph Amoussou à Makita Samba, sont écrits avec plus de précision que les principaux – et repeindre Paris avec le très grand art de la sapologie.
Boursoufflé et complaisant, Paolo Sorrentino passe à côté de sa sublime histoire et de son immense personnage pour lui préférer les circonvolutions d’une forme qui épuise et s’épuise.
Si le film se révèle un peu trop long pour éviter la redondance, celle-ci n’a rien de l’acharnement d’un cinéaste en quête de pathos. Il s’agit juste d’un regard, certes appuyé, mais frontal sur une réalité indicible.
De cette poignée de personnages, filmés avec douceur, souvent en plan séquence pour leur laisser le temps d’exister, Constance Tsang livre une lente réflexion sur l’exil, sur ceux qui refusent d’être prisonniers d’un lieu, d’une personne ou d’un sentiment.
Sous ses airs de chronique amusante et amusée, sociale et fantastique, Reine mère tape juste et fort sur le traumatisme migratoire et la manipulation des perceptions.
Pas franchement féministe mais ultra-féminin, le film débine le jeunisme et cherche à sauver ce qu’il y a de sauvable dans un savoir-faire en voie de disparition. Venant d’une femme de 38 ans, à la tête d’un film joyeusement fauché, c’est à la fois anachronique et délicieusement réconfortant.
Alors disons que, contrairement aux machines qu’il met en scène, le film n’a tout simplement pas de cœur, à l’image de la prestation de Millie Bobby Brown, actrice toute en technique qui, ici, ne parvient jamais à véhiculer la moindre émotion authentique ou touchante.
Hanté par le deuil, la culpabilité et l’envie de tourner la page, "BLACK DOG" crée de pures images de cinéma, vibrantes, marquantes, évocatrices, comme autant de pansements sur les plaies du monde et de ses personnages.