Festival Lumière Lyon 2012. Après avoir vu UMBERTO D, chef d'oeuvre du néoréalsime du cinéma italien, j'ai le plaisir de découvrir Kes, chef d'oeuvre du réalisme britanique. Des différences : 16 années d'écart entre le tournage des 2 films, le N&B pour le premier, la couleur pour le second, un vieillard dans Umberto, un jeune ado dans Kes. Des points communs : absence d'avenir, solitude dans un mileu humain soit hostile (Kes), soit indifférent (Umberto D), et en contrepoint à cette solitude, un animal (un chien et une jeune servante chez de Sicca, un faucon et un prof ches Ken Loach). Le film de Ken Loach est toutefois moins désespéré que celui de de Sica. il y a du mouvement (le gamin court, le faucon vole), la campagne riante contraste positivement avec les usines noires et fumantes en arrière plan, et puis cette sorte d'humour cruel et britanique si bien illustré par la partie de foot où le prof est à la fois arbitre et joueur, adulte injuste et enfant-copain qu'on ne retrouve pas chez De Sicca. Mais à bien y regarder, Umberto s'enfonce vers la mort au mileu de gens certes égoïstes, mais qui semblent bien s'en sortir, alors que Billy qui a vécu un momen fabuleux avec son oiseau jusqu'à se découvir des talents de conteur devant sa classe, évolue dans un milieu de gens médiocres, méchants et sans avenir intéressant et la cruauté de son frère le fait probablement définitvement sortir de l'enfance à un moment où il doit quitter l'école pour gagner sa vie alors que rien ou presque ne l'intéresse en dehors de son faucon disparu.