"L'Echelle de Jacob" fera toujours figure d'OVNI dans la filmo d'Adrian Lyne. Qu'est ce qui a bien pu pousser le réalisateur de "Flashdance" a plonger dans les méandres de l'esprit torturé de Jacob Singer? Rescapé du Viêtnam, ce dernier est victime de visions cauchemardesques mêlant images de guerres, personnages défigurés et démons. La première chose qui frappe dans ce film, c'est qu'on ne sait jamais si le personnage principal est réveillé ou endormi. Ce dernier, interprété par Tim Robbins qui livre ici une prestation tout simplement hallucinante, ne sait plus s'il est poursuivi par le gouvernement ou par des créatures infernales. Constamment baigné dans une ambiance malsaine due aux apparitions subites et à la mince frontière entre rêve et réalité, "L'Echelle de Jacob" ne laisse pas indifférent surtout que les thèmes abordés sont divers et variés et souvent très bien traités (la guerre du Viêtnam qui nous apparaît ici dans toute son horreur ou encore la folie en elle-même qui nous fait douter autant que Jacob). Si le final peut paraître assez décevant de prime abord, ce n'est qu'en repensant au film qu'on se rend compte de la subtilité et de l'intelligence du scénario. Visions infernales, scènes de guerres qui tournent à la boucherie, flashs déconcertants, mondes parallèles qui se touchent et s'entrecroisent à n'en plus finir, c'est un euphémisme de dire que "L'Echelle de Jacob" est un film qui déstabilise profondèment. Ce tour de force, on le doit à un cinéaste au sommet de son art qui, le temps d'un film, aura pratiquement atteint la perfection pour une oeuvre fantastique très choquante au niveau psychologique et mettant en scène l'un des plus grands acteurs de la décennie 90, Tim Robbins, définitivement génial et bouleversant.