Votre avis sur La Convocation ?
Vicky

15 critiques

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3,5
Publiée le 27 mars 2025
Suffoquant, gênant et à la fois captivant.
L actrice est juste géniale, comme à son habitude avec une scène de " fou rire / hysterie" deja dans les annales..
Les sujets employés sont sensibles, parlant à tous.
Ici on dénonce les mauvais choix et le laxisme de l éducation nationale, la maltraitance infantile, la bipolarité et beaucoup d autres sujets, plus sous-jacents mais bien présents
3,0
Publiée le 27 mars 2025
Récipiendaire de la Caméra d’or à Cannes, « La Convocation » est du film d’auteur scandinave pur jus dans ce qu’il a de plus singulier et réussi mais aussi parfois de plus austère et hermétique. Et le cinéaste Halfdan Ullmann Tondel trahit sans peine ici sa parenté avec son grand-père qui n’est nul autre que le grand Ingmar Bergman. Le petit-fils ne singe pas son illustre héritage mais on retrouve tout de même cette propension à l’étude de caractères versée dans un cadre froid presque rigoriste.

La première partie du film nous conquiert sans peine, faisant vaguement penser à l’excellent film allemande « La Salle des profs » dans son postulat scolaire et ses histoires de harcèlement. La comparaison s’arrête là, le film prenant des directions thématiques et visuelles bien différentes et il faut avouer que notre préférence va clairement au film germanique tant celui-ci est peu aimable et parfois difficile à appréhender.

La manière de filmer cette école est admirable, pas loin de celle de l’étrange et passionnant « L’Heure de la sortie » de Sebastien Marnier. On flirte avec le fantastique, comme si cette école filmée en fin d’année durant les chaleurs étouffantes de l’été était un endroit qui broyait les esprits et les cœurs. On est dans le lugubre à l’allégorie parfois nébuleuse cependant et la dernière partie (moins réussie et trop métaphorique) en est la preuve. En tout cas, le début nous happe et s’avère convaincant, le film laissant planer le doute sur ce qui s’est passé entre les deux enfants et qui a valu aux parents d’être convoqués. Ce huis-clos oppressant à six personnages principaux (trois parents et trois membres du personnel scolaire) est bardé de non-dits et les regards et les silences nous en apprennent parfois plus que les paroles en elles-mêmes. Le mystère est là et on a envie de savoir de quoi il retourne...

Sauf que le temps passe et celui-ci s’épaissit. Tondel choisit d’être elliptique sur les faits, de faire douter le spectateur, la perspective change souvent et on ne sait pas trop à qui nous raccrocher. C’est un sentiment agréable et les informations sont distillées au compte-gouttes, ce qui nous laisse la possibilité d’échafauder différentes issues et scénarios possibles. Sauf que « La Convocation » restera une œuvre au tenants et aboutissants qui resteront parfois obscurs, pas mal de zones d’ombres demeureront en effet non élucidées ou basées sur des suppositions. Les acteurs sont tous époustouflants notamment Renate Reinsve, le prix d’interprétation cannois d’il y a trois ans pour « Julie en 12 chapitres », qui nous gratifie de l’un des fous rire gênants les plus longs de l’histoire du cinéma. Une scène malaisante comme beaucoup d’autres dans le film, amplifiée par ces cadrages et un grain de l’images particuliers.

Puis, au bout d’une bonne heure, le film et son script commencent un peu à tourner en rond. Et Tondel, dans des digressions quelque peu absconses et nombrilistes, prend la direction de l’onirisme. De cette manière, il rend son film encore plus délicat à apprécier. Plusieurs séquences sont vraiment étranges, censées représenter l’état d’esprit des protagonistes mais elles alourdissent considérablement l’ensemble. Quand vient le final, tout aussi métaphorique mais plutôt réussi, qui éclaircit (un peu) cette affaire en rebattant les cartes, on est soulagés car on commençait à trouver le temps long et tout cela quelque peu prétentieux. Voilà donc une œuvre exigeante à la forme travaillée, parfois un peu trop, qui nous captive une bonne partie mais qui part ensuite dans des délires clivants. Des choix qui nous ont interrogé et repoussé dans le derniers tiers rendant « La Convocation » moins réussi que prévue.

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3,0
Publiée le 27 mars 2025
Une jeune veuve, actrice, est convoquée à l’école de son fils pour cause d’agression sexuelle sur un camarade. L’équipe pédagogique la confronte aux parents de la victime.
Un film froid sur les non-dits, la jalousie et le mensonge. C’est le petit fils d’Ingmar Bergman derrière la caméra (d’or) et il faut reconnaître une vraie volonté de mise en scène.
Parfois ça marche : le hors-champ systématique des enfants, l’école filmée comme un personnage et parfois ça ne fonctionne pas : les séquences dansées incompréhensibles.
Le tout fini même par sonner un peu prétentieux.
1,5
Publiée le 24 mars 2025
Un titre qui évoque la solennité, le mystère, et, osons le dire, un certain ennui administratif. Halfdan Ullmann Tøndel, héritier d’une lignée cinématographique illustre, nous convie à une œuvre qui, sous ses airs de thriller psychologique, s’apparente davantage à une dissertation académique sur l’angoisse sociale. On sent le sérieux du projet, la gravité du propos, et surtout, l’absence totale d’un souffle véritablement cinématographique.

Renate Reinsve, qui avait électrisé Julie, se retrouve ici à porter un personnage plus figé qu’une statue de marbre sous la neige norvégienne. Son interprétation d’Elizabeth est empreinte d’une tension palpable, certes, mais une tension qui ressemble plus à un cours magistral qu’à une explosion d’émotions. Ellen Dorrit Petersen nous gratifie d’une performance glaciale, à tel point que l’on se demande si elle joue un personnage ou si elle a simplement froid sur le tournage.

Quant aux seconds rôles, ils semblent enfermés dans une tragédie nordique dont eux seuls connaissent les règles. Thea Lambrechts Vaulen tente d’apporter un semblant d’élan au film, mais son personnage, écrit avec une austérité quasi-monastique, peine à exister. Øystein Røger et Endre Hellestveit sont là, présents, respirant, articulant leurs dialogues avec cette précision clinique propre au cinéma scandinave. Fascinant d’un point de vue anthropologique, mais cinématographiquement parlant ? Plus proche d’un exercice de style que d’une immersion véritable.

Là où Tøndel aurait pu insuffler une tension insoutenable, il préfère s’attarder sur des cadres statiques, des silences pesants, et un rythme contemplatif qui frôle l’auto-satisfaction. Certes, la photographie est impeccable, les compositions millimétrées, mais où est ce qui peut toucher le public que nous sommes, pauvres humains ? Cette mise en scène trop maîtrisée finit par ressembler à un meuble IKEA parfaitement assemblé : fonctionnel, solide, mais sans âme.

Le film aurait pu être un cauchemar kafkaïen, une plongée vertigineuse dans la paranoïa bureaucratique. Il n’est qu’une démonstration appliquée, un exercice brillant mais dénué d’audace. Peut-être que Tøndel, trop soucieux de prouver qu’il appartient à une certaine élite du cinéma d’auteur (sa mère est Linn Ullmann, Liv Ullmann et Ingmar Bergman ses grands-parents) a oublié que le spectateur, lui, apprécie parfois une étincelle d’imprévu.

Au final, La Convocation est un objet élégant, maîtrisé, mais d’un académisme glacial. Comme une lettre recommandée que l’on redoute d’ouvrir, on comprend son importance, on en respecte le contenu, mais on ne peut s’empêcher de soupirer face à son austérité.
Tom Vey

1 critique

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3,5
Publiée le 24 mars 2025
Un film prenant et bien ficelé, dont les métaphores restent néanmoins un peu obscures par moment (vu au cinéma)
3,0
Publiée le 24 mars 2025
C'est un huit clos suédois oppressant où chaque plan cherche à mettre mal à l'aise le spectateur...

On suit des parents que tout oppose qui vont être confrontés au pire.... La parole de l'enfant de l'un contre celle de l'autre.

L'esthétisme est impactant et ici tous les bruits ont leur importance : les pas dans les couloirs, les murmures, la pluie qui tape sur les carreaux....
Ils créent un sentiment de malaise et de pression indirecte tout au long du film.

Le plus marquant pour moi est que, tout au long du récit, on parle d'enfants qui ne seront jamais présents à l'écran. On ne peut se raccrocher qu'aux parents et aux figures représentatives de l'institution scolaire. J'avoue que c'est déroutant.

On ne peut que ressentir le poids des mots et des non dits, l'impact des rumeurs infondées et surtout la transmission de la violence familiale.

L'actrice principale, Renate Reinsve, est vraiment incroyable ! Elle a un jeu intense et elle est capable de simuler un fou rire très long c'est bluffant. D'ailleurs cette scène fait partie de celle qui m'a le plus déstabilisé. Elle est très étirée et on ne sait pas quoi en penser c'est très perturbant.

L'atmosphère pesante est maintenue tout le film et c'est très réussi !

Je regrette certaines scènes trop longues et trop appuyées qui auraient pu gagner en efficacité si elles avaient être écourtées ou simplifiées.

C'est un film déroutant qui va être clivant.
Je garde en tête le jeu intense de l'actrice principale et cette atmosphère lourde qui reste constante tout au long du récit et qui est efficace !!
1,0
Publiée le 22 mars 2025
Le film démarre bien, pose la situation avec rigueur et soudain vire grotesque en plaquant des scènes symboliques: la mère danse avec l'homme de ménage, on la harcèle dans les couloirs, elle fuit. Le ridicule ne tue pas. Au secours !
4,0
Publiée le 19 mars 2025
Super film avec beaucoup de suspens autour d'une altercation entre deux élèves de 6 ans dans une école. Sauf que certaines versions des événements ne coïncident pas.... et cela fait remonter des événements du passé. Bonne musique, bon rythme.
4,0
Publiée le 19 mars 2025
A vu « La convocation » (« Armand ») du réalisateur norvégien Halfdan Ullmann Tondel qui a obtenu la Caméra d’Or (prix du meilleur premier film) lors du dernier Festival de Cannes. Unité de lieu, de temps et d’action. Le scénario est ultra efficace et dès le premier plan nous sommes devant un vrai objet cinématographique. Tout le film se passe lors d’une fin de journée dans un collège. Elisabeth (Renate Reinsve impressionnante) mère d’Armand qui est en CP est convoquée par le Directeur de l’école (Oystein Roger) à une réunion où seront présents l’institutrice (Thea Lambrechts Vaulen) et un couple de parents (Ellen Dorrit Petersen et Endre Hellestveit) qui se plaignent des agissements d’Armand sur leur fils, Jon. Elisabeth ignore tout de ce qui est reproché à Armand et les manquements de chacun va faire que la situation va échapper totalement à tout contrôle. Le metteur en scène exploite totalement son décor au maximum de façon inventive voir presque parfois de façon sur-réaliste. Le scénario et le montage alternent les moments de tensions intenses avec des pauses bénéfiques de répit (même si ces scènes superbes oniriques ne sont pas toujours compréhensibles, elles font du bien). C’est le monde névrosé des adultes qui est mis sous le microscope où alternent mensonges, jalousie, manipulations psychologiques, préjugés et non-dits. Des informations capitales sont distillées tout au long du film et permettent de rebattre les cartes de cette réunion en petit comité. L’atmosphère de ce huis-clos magnifiquement photographié est dense, dérangeante, étouffante, claustrophobique. Aucun doute le petit fils de Bergman et de Liv Ullmann a un talent fou et a l’oeil pour cadrer de façon imparable. La bande son musicale lancinante d’Ella van der Woude lie le tout avec brio.
4,5
Publiée le 19 mars 2025
Un excellent film interprété de façon magistrale par une superbe actrice . La scène du fou rire , si elle n’était pas aussi tragique montre le désarroi de cette mère et c’est tout simplement magnifique .
Film à voir absolument car d’actualité.
2,5
Publiée le 19 mars 2025
J'ai déjà vu au moins un film avec le même scénario mais sans Pina Bausch heureusement car je me demande ce qu'elle vient faire dans ce bateau. J'ai bien baillé car je connaissais forcément la fin. Si quelqu'un se souvient du film auquel je pense, merci d'avance. L'actrice est charismatique et excellente mais ça ne suffit pas.
2,0
Publiée le 19 mars 2025
Là encore, un film qui figurait dans mes grosses attentes ciné de ce premier trimestre 2025, et qui s'est avéré être une grosse déception à l'arrivée.

Premier film mis en scène par le norvégien Halfdan Ullmann Tøndel (petit-fils du cinéaste Ingmar Bergman et de l'actrice Liv Ullmann) et auréolé l'année dernière d'une Caméra d'Or Cannoise, voilà le genre d'histoire sur la famille, la violence en héritage ou encore le mal-être qui aurait pu se raconter en un court-métrage pour moi.

Se déroulant dans une école qui semble désertée, un huis clos austère, verbeux et finalement lassant dans sa manière de nous dérouler son histoire.
Un film onirico-dramatique misant par moments sur les interprétations théâtrales et parfois outrancières (à l'image de ce fou rire qui n'en finit plus), et poussant (et étirant) à l'excès les séquences métaphorico-stylistiques (dont des scènes de danse tout droit sorties du programme nocturne d'Arte), représentant les états d'âme de ses personnages.

Des problématiques pourtant intéressantes et une Renate Reinsve (Julie (en 12 chapitres)) à nouveau impliquée dans son rôle, mais clairement desservies par l'aspect narrativo-formel du film, qui m'a laissé en-dehors de celui-ci, et ce jusqu'à sa conclusion qui n'a pas vraiment résolu grand chose.

Bref, le genre de cinéma auteurisant et ronflant qui me laisse complètement imperméable.
2,5
Publiée le 18 mars 2025
C'est un sujet grave (un enfant qui accuse un autre enfant d'agression sexuelle), voilà un film qui commence plutôt bien, avec une convocation des parents de chaque enfant (mais pourquoi ne pas en avoir parlé d'abord à la mère de l'enfant accusé, plutôt que de la convoquer sans préalable ?), des échanges concrets, on s'intéresse et on a envie de savoir ce qu'il en est de ces accusations. Mais le film se perd dans des détails inutiles spoiler: (les saignements de nez de la directrice, je ne vois pas ce que ça apporte),
dans des scènes qui n'en finissent pas spoiler: (le fou rire nerveux d'Elisabeth)
, bizarres spoiler: (danses d'Elisabeth avec le balayeur),
oniriques spoiler: (les séquences de la fin, indescriptibles et interminables)
pour arriver au summum du n'importe quoi vers la fin, spoiler: tout le monde sous une pluie battante
.. Bref on part d'une description plutôt froide pour arriver à du surréalisme qui n'apporte rien à cette histoire. Décevant. Tout cela aurait pu être beaucoup mieux !
2,0
Publiée le 18 mars 2025
Lorsqu’un incident se produit à l’école, les parents des jeunes Armands & Jon sont convoqués. Mais tout le monde à bien du mal à expliquer ce qu’il s’est réellement passé, les récit s’opposent et les points de vue s’affrontent…

Pour son premier long-métrage, Halfdan Ullmann Tøndel (qui n'est autre que le petit-fils d'Ingmar Bergman) nous immisce au coeur d’un huis clos étouffant au sein d’une école, où il est question de harcèlement et d’agression sexuelle. Un sujet lourd et une mise en scène particulièrement déroutante, parviennent à créer un climat déstabilisant, ajouter à cela l’excellente interprétation de ses comédiens, il y avait tout pour pleinement convaincre… sauf qu’en réalité, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît

Le film avait le mérite de plutôt bien démarrer, en nous confrontant d’entrée de jeu aux protagonistes. Mais petit à petit et de façon sournoise, le film s’enfonce inexorablement dans une sorte de mise en scène pompeuse (et inutilement chorégraphique) qui se traîne en longueur durant deux longues heures (on les sent passer), allant jusqu’à lorgner du côté de l’onirisme.

C’est d’autant plus frustrant que l’on appréciera la façon avec laquelle le réalisateur dépeint ses personnages spoiler: (le proviseur insupportable parce qu’il n’est pas en mesure de prendre des décisions et d’assumer son rôle, l’infirmière qui a constamment un pet de travers ou encore la mère de Jon qui fusille du regard).
Sans oublier bien évidemment, ses superbes actrices, à commencer par Renate Reinsve (Julie (en 12 chapitres) - 2021) qui parvient à nous crisper le temps d’une scène malaisante (où elle passe du rire aux larmes), ainsi que Ellen Dorrit Petersen (The Innocents - 2022) particulièrement redoutable.

Pour pleinement convaincre, il aurait fallu tailler dans le gras, resserrer ici et là et éviter de prendre des sentiers battus qui nous éloignent du sujet principal, dommage car La Convocation (2025) avait d’excellents atouts.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
3,0
Publiée le 18 mars 2025
Elisabeth reçoit un appel de l’établissement privé où est scolarisé son fils, Armand. Elle est convoquée sur le champ à un entretien avec l’équipe de direction. Personne ne lui explique les raisons de cette convocation. Une fois sur place, la jeune femme fait face à des accusations graves de la part d’un autre couple de parents d’élève qu’elle semble bien connaître. En salle le 12 mars.

spoiler: "La convocation" est un huis-clos dont l’environnement parvient à dévorer les personnages et le spectateur. Les couloirs et salles de cette école parviennent à accentuer l’expression des émotions puissantes des forces en présence. Renate Reinsve est exceptionnelle et projette une aura sur l’ensemble du film, qui sombre petit à petit dans le spectacle et l’incompréhensible. Un peu trop d’ailleurs à mon grand regret, car l’intrigue finit par me perdre sur certaines scènes. Je ne comprends pas non plus certains choix artistiques qui me sortent du film comme le fou rire malaisant. Une oeuvre intéressante et envoutante malgré tout.
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