_________________________________________
Pour le lecteur pressé, en moins de 2 minutes: https://youtu.be/fXHxZNeIaP4
_________________________________________
Sinon:
The Alto Knights, c’est du grand art mafieux, du velours noir brodé avec une aiguille trempée dans le whisky. Barry Levinson ne refait pas le monde du crime, mais il l’emballe dans une boîte laquée avec un ruban en or. Ça sent les grands classiques à plein nez : Les Affranchis, Le Parrain, et pourtant, jamais un simple copier-coller. Non, ici, tout coule, tout glisse. Une évidence.
Et puis, Robert De Niro. Ou devrais-je dire : les Robert De Niro ? Deux rôles, deux parrains, un seul monstre sacré. Vito Genovese d’un côté, Frank Costello de l’autre. Il ne joue pas ces personnages, il les incarne jusqu’à l’os. Son regard, c’est une arme de destruction massive : une seconde, et l’air du room change. Un silence pesant, une tension électrique. À ce niveau-là, ce n’est plus du cinéma, c’est un duel d’ombres entre deux légendes vivantes.
Levinson, lui, dirige comme un vieux parrain qui connaît trop bien son affaire. Rien ne dépasse, chaque scène est taillée comme un costume sur mesure. Trop lisse ? Peut-être. Mais qui s’en plaindrait quand le résultat est aussi classe ? L’atmosphère est moite, la tension fluide, et chaque plan suinte le respect du genre. On ne réinvente pas, mais on maîtrise. C’est déjà énorme.
Côté seconds rôles, Debra Messing refuse d’être une potiche et ça fait plaisir. Son Bobbie a du répondant, une vraie présence. Cosmo Jarvis, lui, campe un Vincent Gigante aussi impassible qu’un serpent enroulé sur sa proie. Un sourire ? Rare. Une explosion de rage ? Lente, méthodique, brutale. L’efficacité dans la retenue.
Alors oui, The Alto Knights ne joue pas la carte de l’originalité à tout prix. Mais c’est un cigare parfaitement roulé, une tension en sourdine, un duel de regards où chaque clignement vaut un coup de feu. En un mot ? Impérial.