Jeanne Dielman 23, Quai Du Commerce, 1080 Bruxelles
Note moyenne
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Yves G.

1 817 abonnés 3 953 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 avril 2023
"Jeanne Dielman" a été élu l’an passé par la prestigieuse revue professionnelle "Sight & Sound" meilleur film de tous les temps, juste devant "Vertigo" et "Citizen Kane". Auréolé de ce prestigieux trophée, il ressort dans quelques salles d’art et d’essai et y attire un public nombreux, de cinéphiles et de curieux masochistes. C’est que le film est précédé d’une pesante réputation : il dure 3h21 et dissèque la morne répétition des gestes quotidiens d’une jeune veuve sans histoires qui vit seule avec son fils, dans un appartement bourgeois de Bruxelles.

"Jeanne Dielman" n’a rien volé de sa réputation. C’est un film radical.

Par son sujet : l’aliénation d’une femme condamnée à répéter chaque jour les mille et un gestes déshumanisants d’un quotidien sans âme. Rien ne nous en est épargné, du lever jusqu’au coucher, filmé quasiment en temps réel, l’espace de trois journées, pour en montrer la longueur et l’ennui. On voit tour à tour la préparation des repas, le lent épluchage des pommes de terre ou la confection d’escalopes panées, les repas proprement dits, pris sans un mot avec Sylvain, cet adolescent taiseux qui ressemble déjà tant à un petit vieux racorni qui jamais n’esquisse un geste pour aider sa mère ni même pour lui manifester la moindre tendresse, la vaisselle dans la cuisine exiguë, les rares courses à l’extérieur, l’accueil chaque après-midi (à l’insu de Sylvain ?) d’un homme différent qui paie Jeanne pour la brève et sordide étreinte qui se déroule, porte close, dans sa chambre, sur une serviette posée sur son couvre-lit qu’elle remplace méticuleusement après chaque usage….

Par son traitement : "Jeanne Dielman" a beau avoir été tourné par une réalisatrice de vingt-cinq ans à peine, il témoigne d’une maîtrise étonnante du cadrage et de la mise en scène, avec un soin tout particulier apporté au son (la rue dont on entend le bourdonnement, les claquements des talons de Jeanne sur le parquet qu’elle arpente dans tous les sens à longueur de journée) et à la lumière (que Jeanne allume et éteint chaque fois qu’elle passe d’une pièce à l’autre). Quant aux dialogues, c’est bien simple, il n’y en a quasiment pas, les rares paroles échangées l’étant sur un ton bressonien, volontairement plat, dénué de tout affect – ainsi de la lecture à son fils par Jeanne de la lettre qu’elle reçoit de sa sœur expatriée au Canada grâce à laquelle le spectateur apprend quelques bribes de l’histoire familiale.

Et le sujet et son traitement, il faut en convenir, se nourrissent l’un de l’autre. Un film plus court n’aurait pas fait autant ressentir au spectateur exténué l’écrasant ennui qui régit la vie de Jeanne et la conduit à la folie. Il faut la regarder, dans un interminable plan fixe, éplucher pendant cinq minutes des pommes de terre pour comprendre son état et plus encore pour le ressentir.

Pour autant, aussi impressionnant que soit ce film, il fait partie de ceux qu’on est plus content d’avoir vus que d’être en train de regarder. Comme l’écrit Jacques Morice dans sa critique évidemment extatique, « Il fut à sa sortie le film des fauteuils qui claquent ». Difficile en effet, même quand on en est prévenu, de supporter ce spectacle et de ne pas avoir la tentation de s’en échapper. Tel fut le cas, à la moitié du film, de l’ami que j’avais invité et qui légitimement pourrait m’en faire le reproche pour le restant de nos jours s’il n’était pas l’ami le plus indulgent et le plus altruiste que j’aie jamais eu.

J’écris cette critique sous le coup de la colère que m’a inspirée hier soir, jusqu’à tard dans la nuit, cet interminable martyre. Je regretterai probablement dans quelques mois ce coup de gueule pavlovien. Peut-être même attribuerai-je alors à "Jeanne Dielman" les cinq étoiles que la critique lui décerne unanimement. Mais, pour l’instant, je vis le contrecoup d’une expérience exténuante que je ne souhaite à personne, et surtout pas à mon meilleur ami !
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

141 abonnés 2 014 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 décembre 2020
Ces 3h20 dans la vie de Jeanne Dielman, mère de famille bruxelloise qui se prostitue occasionnellement, ont marqué durablement les cinéphiles du monde entier. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles inventaient, à leur sortie en 1975, une écriture cinématographique largement inédite. En imposant son dispositif de plans fixes et en exposant en temps réel des rituels ménagers qui constituent l’essentiel des journées de l’héroïne du film – superbe Delphine Seyrig dans un rôle à contre-emploi – Chantal Akerman posait une brique décisive à l’édifice du cinéma contemporain. Formellement impressionnant de maîtrise, le long-métrage met sa structure au service d’une critique épidermique des sociétés modernes et du rôle imposé aux femmes dans celles-ci, qui finissent par intégrer leur propre avilissement au point de reproduire jusqu’à l’absurde des tâches quotidiennes n’ayant d’autre but que de remplir des journées désincarnées, tout en préparant la prochaine génération à reproduire ce modèle. Akerman filme de manière remarquable, par petites touches, cette machine intérieure délirante et bien huilée spoiler: qui va progressivement se gripper, jusqu’à l’inévitable déraillement final.
Le travail sur le décor et les lumières est superbe. Un chef d’œuvre qui marque profondément.
jroux86
jroux86

17 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2023
Jeanne Dielman n’est pas un film facile. L’action se déroule sur trois jours et se focalise sur le quotidien de Jeanne, veuve et mère au foyer, la plupart du temps dans son appartement bruxellois. Le linge, la vaisselle, le ménage, la cuisine remplissent ses journées qui ne s’achèvent qu’avec le retour du lycée d’un fils taiseux, qu’elle élève seule. Il y a les passes aussi, l’après-midi, pendant la cuisson des pommes de terre. Durant ces journées qui ressemblent à toutes les autres, peu de mots sont échangés, peu de musique pour égayer la morne routine. La caméra d’Akerman se concentre exclusivement sur les gestes de Jeanne, rythmant son quotidien comme le film, s’attardant sur leur aspect répétitif, cérémoniel. Ces gestes sont sûrs, ostensiblement sûrs, précis, presque implacables. Ils sont montrés dans leur durée quasi réelle - ainsi lorsque Jeanne fait la vaisselle, dos à la caméra, on la voit laver puis rincer du premier au dernier couvert. Cette gestuelle, orchestrée avec beaucoup de soin, forme une boucle infernale, un rituel qu’on devine immuable dans lequel s’est enfermé le personnage - comme tant d’autres.

Afin de nous faire éprouver ce quotidien très répétitif, Chantal Akerman mise sur la longueur des plans et étire ceux-ci à n’en plus finir. L’attention du spectateur est donc mise à rude épreuve mais cette litanie de gestes est découpée et cadrée avec une telle précision - l’importance des raccords avec ces portes qui s’ouvrent et se ferment, ces lumières qui s’allument puis s’éteignent - que, curieusement, l’intérêt se maintient. A cette série de longs plans s’ajoutent des éléments dont la présence intrigue : le soir, dans la salle à manger, cette lumière provenant de l’extérieur et qui ne cesse de clignoter ; ou encore cette chambre au fond du couloir dans laquelle Jeanne se vend à des inconnus, chambre qui se trouve entre la salle à manger et la cuisine, témoin (ou peut-être juge) des incessants va-et-vient de l’héroïne. Sont-ils le signe d’une catastrophe imminente ?

Et puis vient le moment de bascule, presque imperceptible. Un grain de sable dans cette mécanique du quotidien dans laquelle nous nous sommes lentement mais sûrement laissés embarquer. Tout va se dérégler dans la vie de Jeanne et qui, à part nous, peut s’en apercevoir ? Car c’est dans les infimes détails de cette mécanique, qu’on a vue parfaitement huilée, que va se situer une fêlure, peut-être jusque-là évoquée de manière très lointaine, presque abstraite. A compter de cet instant, la tension sera de tous les plans : un bouton de robe de chambre qui n’a pas été correctement attaché, un couteau qui tombe, un regard un peu absent… Que se passe-t-il dans la tête de Jeanne ? Serait-elle en train de sombrer ? Que cache cette fragilité qui s’incarne soudainement dans les tout petits détails de sa monotone existence ? Et c’est précisément là que le génie d’Akerman nous éclate à la figure. C’est parce que la radicalité de sa mise en scène nous a fait ressentir l’immensité du gouffre au bord duquel Jeanne se trouvait que nous nous mettons à chercher les signes, minuscules, du désastre qui s’annonce. C’est parce que chacun des gestes, chacun des plans s’est répété ad nauseam que cette chorégraphie de l’ordinaire, devenue grâce au lent écoulement du temps si familière, révèle ce qui s’y cachait : la fragilité de l’héroïne.

Un exemple parmi tant d’autres : lors du deuxième jour, avant que tout ne bascule, Jeanne cire les chaussures de son fils au petit matin. Elle procède de manière très méthodique, avec des gestes secs : d’abord la cire, ensuite la brosse, enfin le chiffon. Et puis, le jour d’après, la même scène, mais entre-temps il y a eu le grain de sable. Cette fois-ci, et la nuance est importante, les gestes sont effectués dans un ordre différent. Et étrangement, dans ce presque rien, la tension est palpable. Pourquoi l’ordre a-t-il changé ? Pourquoi Jeanne a-t-elle oublié de passer le chiffon ? Que lui arrive-t-il ? Le regard du spectateur se retrouve suspendu au moindre changement dans la gestuelle millimétrée du personnage, remarquablement interprété par Delphine Seyrig. Le diable n’a, au cinéma, sans doute jamais été autant dans les détails. Fascinant.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 février 2021
Apparemment, ceci est un bon film, comme quoi l'on a jamais fini de s'éduquer au cinéma. N'ayant pas appris à apprécier des scènes de cinq minutes où il ne se passe rien (et quand je dis rien, je veux dire rien ; j'ai apprécié Solaris et Stalker, par exemple), ni su déceler le message derrière les rituels de Jeanne Dielman, ménagère modèle entourée d'une tristesse morne qui fait croire au passage de Marguerite Duras à Bruxelles, pour moi ce sera un non. Un non à l'apathie, à la durée, et finalement aussi à ces gestes répétés, quoique précis, dont j'ai fini par ne plus pouvoir. Akerman arrive en tout cas à me faire confesser ma propre faiblesse : ce cinéma-là, ce n'est pas pour moi.

→ https://septiemeartetdemi.com/
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

126 abonnés 389 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 juillet 2023
La perspective de voir un film de 3h20, avec peu de dialogues et composé exclusivement de longs plans fixes sur des actions du quotidien a nécessité une certaine forme de préparation mentale, je l'avoue. Peur de trouver le temps trop long, de ne pas rentrer dedans, ou pire encore de m’endormir, mais également de voir mes attentes déçues devant une oeuvre de 1976 qui a tout de même été élue meilleur film de tous les temps par Sight & Sound, il y a peu.

Autant ne pas faire durer le suspense : je me suis pris une claque de cinéma monumentale.

Pas de sentiment d’ennui donc, j’ai au contraire été captivé de bout en bout. Avec ses faux airs de prémices de télé-réalité, c’est au contraire un film très mis en scène et qui ne se veut pas naturaliste. C’est grâce au génie de sa réalisation ultra pensée que Chantal Akerman parvient à créer une tension, un suspense, presque Hitchockien, à partir de rien, d’actions aussi banales que préparer du café, paner des escalopes de veau ou cirer des chaussures.

Totalement fasciné, comme hypnotisé par la répétition de ces actions familières, j’ai observé et détaillé chacun des gestes, essayant de comprendre à quelles lois obéissait cette routine millimétrée et de guetter le moment où elle allait nécessairement s’enrayer.

Je n'ai pu détacher mes yeux de l'écran une seule seconde, le charisme et la performance de Delphine Seyrig y étant également pour beaucoup. Elle incarne cette femme qui s'interdit tout plaisir, en s'enfermant avec aliénation dans ce modèle patriarcal, où tout doit rester sous contrôle. Jusqu’à ce que, justement, ce plaisir surgisse de manière imprévue et vienne tout dérégler, le personnage perdant alors petit à petit le contrôle. Le jeu de l’actrice devient alors vertigineux (scène d’épluchage de pommes de terre inoubliable), jusqu'à un final sidérant.

Jeanne Dielman est un film immense dont je me sens encore imprégné plusieurs jours après.

Ma page ciné insta : fenetre_sur_salle
Anaxagore
Anaxagore

149 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 février 2008
«Jeanne Dielman» (1975) est très certainement le chef-d'oeuvre d'Akerman. La réalisatrice y dénonce une certaine manière d'aliénation de la femme avec une incroyable efficacité. Elle filme, trois heures durant, avec une précision chirurgicale, les faits et gestes quotidiens d'une veuve qui vit seule avec son fils dans un appartement bruxellois et qui, pour arrondir ses fins de mois, se prostitue. Akerman a le génie de nous faire ressentir en profondeur le vide existentiel d'une femme littéralement abrutie par la répétition quotidienne des mêmes tâches ménagères, au point de nous faire comprendre de l'intérieur son geste final désespéré. La mise en scène méticuleuse, qui assume l'héritage de films expérimentaux comme «Hôtel Monterey», est tout à fait remarquable. Basée sur de très longs plans fixes, elle épouse, en temps réel, une vie réglée comme du papier à musique où le moindre désordre, qui semblerait insignifiant dans une mise en scène concise et rapide, acquiert les dimensions d'une véritable tragédie (les pommes de terre trop cuites!). On ajoutera, pour celles et ceux qui ont connu la ville de Bruxelles dans les années 70, que la réalisatrice traduit à merveille l'ambiance très particulière qui était jadis celle de la capitale belge, avant qu'elle ne perde son âme! Un film extraordinaire!
Spiriel
Spiriel

42 abonnés 318 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juillet 2010
Aujourd'hui, le film est très célèbre car trop particulier pour être jamais imité. Il s'agit de 48 heures de la vie d'une veuve de la petite bourgeoisie bruxelloise. Le film, constitué de plans séquences fixes très étirés, montre l'interminable quotidien du personnage. Aucune réelle satisfaction ne semble se dégager de ce rituel permanent qu'elle essaie de réaliser à la perfection. En réalité, elle s'applique à effacer sa propre individualité à travers cette aliénation de la répétition exacte quotidienne, et lorsque des imprécisions viennent s'y glisser, elle perd le contrôle de ses actes et commet l'irréparable, sans raison apparente pour quelqu'un d'extérieur. Oui mais voila, l'intention de Chantal Akerman est là, à travers une mise en scène repoussante car sans vie, on vie le calvaire absolument banal (c'est ce qui est le plus terrifiant, comment ne pas se demander si sa mère n'a pas ressenti, même partiellement, la même détresse?) de cette femme, le vide intolérable de son existence. De ce point de vue, le film est une étonnante réussite. Maintenant, il est d'une exigence inouïe par rapport au spectateur, car il demande la plus grande copncention pour détecter les grains de sable qui viennent perturber les rouages alors que le film a pour effet de détourner l'attention en nous montrant sèchement un quotidien qu'on ne veut voir, qu'on cherche à fuir. A ce titre, peut-être le film est-il trop long. L'investissement du spectateur est au final plus élevé que n'importe quel film de Tarkovsky ou encore les 9h30 de Shoah d'une traite, j'ai personnellement eu du mal à m'accrocher tout le long des 3h15 que font le film. A voir néanmoins car aucun autre film ne s'en approche, et il n'y a pas de doute qu'il était "à faire".
QBN
QBN

42 abonnés 147 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 16 août 2013
3h13 sans presque aucun dialogue et sans aucune action. A la fois fascinant et choquant de voir que la doxa cinéphile nous vende ce film comme un chef d'œuvre. Arrêtons 5 minutes, je pense qu'il ne l'ont tout simplement pas vu car faire répéter 3 fois en 3h13 la journée quotidienne d'une mère au foyer de l'après guerre effectuant à peu de choses près les MÊMES tâches et répétant EXACTEMENT les mêmes dialogues avec son fils... Quel intérêt??? Et il faut voir les dialogues... Qui parle aussi peu dans la vie? Qui est aussi morne que ça? Bah j'espère personne. C'est d'une tristesse, une vision de la vie si fade, ça frise le malaise -> cf. La scène de repas quotidienne de 10 minutes, donc 3 fois 10 minutes dans le film [je vous laisse faire le calcul] dans le silence absolu entre la mère et son fils, sans parler du reste du film tout aussi silencieux. Non mais sérieusement les mecs, on se fout de qui avec ce film? Je veux bien être ouvert à de "nouvelles formes de langage du cinéma" je pense qu'il y a des limites. Même la fin qui aurait pu être "profonde" et en fait ridicule après 3h à s'emmerder de la sorte.
Je filme ma mère c'est aussi intéressant hein mais après je vous le fous pas au cinéma le film. Le pire dans tout ça c'est que la Chantal aie osé faire ce film ou que je me le sois infligé entièrement (et sans pause en plus)?
Bref le seul point positif du film, c'est qu'on y apprenne des recettes, sachant que tout est filmé non stop mais bon j'attends pas d'un film qu'il m'apprenne ça.
ferdinand75

716 abonnés 4 402 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 novembre 2024
Très étonnant de voir cet engouement, cette sorte de mise sur piédestal, pour ce film si ennuyeux, si plat, si soporifique. Film culte pour une frange de l’intelligentsia, film tourné uniquement en plans fixe, assez, voire très longs , où il ne se passe quasiment rien .Une seule scène dialoguée , très courte , sinon un silence complet pendant 3h20mn, indigeste . Et pourtant le plan fixe peut être un outil formidable, essentiel, sublime comme il l’est chez l’immense réalisateur japonais Yasujiro Ozu, auteur d’une dizaine de « vrai » chefs d’œuvre du cinéma. Parce ce que ses films sont remplis de sentiments, de complexité, d’analyse de l’âme humaine , de la relation intra familiale , de retournement .Des plans fixes oui, mais aucune répétition, des vrais scénarios et surtout de l’humanité, de la variation , de la mise en scène. Ici un enchaînement de plans ultra-ennuyeux : Jeanne va éplucher ces pommes de terre pendant 5mn, nettoyer et récurer sa baignoire avec de la poudre pendant 6min, laver la vaisselle pendant 10mn. Le pire, c’est le plan fixe du hall d’entrée de l’immeuble, jolie faïence bruxelloise, que l’on doit bien voir à 15 reprises, en plan fixe de 3 min , donc déjà presque une heure de film d’un hall d’immeuble . Est-ce que cela apporte quelque chose ? La vie est répétitive, nous le savons, mais ……Il y a cette allégorie sur le rôle de la femme, sa soumission, son aliénation, son quotidien triste, OK , mais cela aurait pu être la même chose pour le quotidien d’ un ouvrier , prolétaire bruxellois. Il y a la rébellion dans l’avant dernière scène. Révolutionnaire, radicale ? ,Bof , la symbolique est bien lourde , facile , aucune subtilité, dénué de sens . Et on finit sur un plan fixe de 10mn, on avait pourtant déjà compris le symbole, on est décidément pas dans de la dentelle. Très grande performance de Delphine Seyrig , qui était une très grande actrice. Mais cette mise sur piédestal de Chantal Ackermann, me reste assez incompréhensible et s’explique probablement pour d’autres raisons que cinématographique. Il en faut pour tous les goûts.
Nath0301
Nath0301

66 abonnés 195 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 30 novembre 2024
Ce film réussit à me faire douter de mon amour du cinéma. Impossible de comprendre qu'il ait été désigné "meilleur film du monde". ça me dépasse. Pourtant, j'aime tous les genres de film, il m'est arrivé d'être fascinée par une oeuvre un peu expérimentale ou radicale. Mais là, c'est trop pour moi. Parce que, 5 minutes de plan fixe sur une femme qui prépare des escalopes panées ça peut s'entendre (et se regarder). Mais 3 h 30 !!! ?? Des heures de vide, de néant, des scènes où il ne se passe rien, à part Jeanne qui épluche les pommes de terres, qui astique sa cuisine et accessoirement quelques hommes de passage... Le procédé est peut-être audacieux, il n'en reste pas moins assommant. Il y a bien d'autres façons de nous faire ressentir l'ennui que celle qui consiste à nous l'infliger.
stebbins

560 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 février 2008
Un chef d'oeuvre, un objet filmique de pure mise en scène qui prend littéralement aux tripes. Le génie de Chantal Akerman est d'avoir réussi à créer une atmosphère effrayante à travers la description d'une banalité quotidienne et aliénante propre à son personnage. Le dispositif est, comme souvent avec la réalisatrice belge, d'une incroyable simplicité ( ce qui ne veut pas dire simpliste pour autant ) : les plans fixes se succèdent, répétitifs, interminables, obsédants. Une cuisine. Une salle à manger. Une chambre. On suit Jeanne Dielman durant trois journées consécutives, journées variant insensiblement ( du moins à première vue ). Akerman expose sa réflexion sur le temps en dirigeant Delphine Seyrig à la perfection et en alimentant son récit d'ellipses narratives ( les jeux d'ombres et de lumières sont plus que pertinents ). Jeanne Dielman, 23 Quai du Commerce, 1080 Bruxelles...Un film sur le besoin pathétique d'agir, sur l'angoisse du changement et sur l'aliénation d'une femme à la réalité déprimante. L'un des plus grands films du cinéma francophone des années 1970.
Yetcha

1 077 abonnés 4 698 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 28 novembre 2024
Bon... Je ne dois pas être le cinéphile averti que je me targue d'être de temps à autre. Là franchement on s'ennuie à mourir. J'ai saisi la volonté des tâches répétitives qui veulent emporter le spectateurs dans l'ennui qui caractérise la vie de cette femme. La soumission qu'elle subit dans son quotidien en ayant visiblement accepté de la subir. Mais bon... C'est tout de même très long et c'est ce qui fait le point très noir de cette oeuvre encensée dans le milieu professionnel. Je pense que cela aurait gagné en force sur un format deux fois plus court et ne m'aurait pas autant ennuyé. A moins que cela ne soit l'objectif premier de la réalisatrice, ce que je pense. Mais bon... Je n'ai pas vraiment accroché. Je reste circonspect. Meilleur film de tout les temps devant Vertigo et Citizen Kane... Mouais, je vais plutôt revoir les deux autres.
evariste75
evariste75

204 abonnés 232 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 avril 2023
Le film le plus rasoir que j'aie jamais vu !... Comment a-t-il pu être qualifié de "meilleur film de tous les temps " ?? Personnages mutiques, lumière blafarde, musique inexistante, que peut-on trouver à ce film ?
Pascal
Pascal

243 abonnés 2 310 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juillet 2023
La ressortie en salles de " Jeanne Dielman", réalisation mythique de la cinéaste Belge Chantal Akerman ( considéré même par un classement anglo saxon récent comme le meilleur film de l'Histoire du cinéma) permet d'évaluer, près d'un demi siècle après sa réalisation, sa pérennité, sa pertinence dans son regard sur l'existence.

Héritière de Bresson, Akerman propose un regard sur le réalisme de la médiocrité à travers le portrait au scalpel de ce qu'est une vie mutilée par sa banalité.

Delphine Seyrig interprète avec justesse et retenue ce personnage de femme ( sans doute atteinte de névrose obsessionnelle) qui prend conscience du vide, du manque de sens qu'elle a donné à son existence.

Contrairement à ce que j'avais pu lire, le film n'est pas répétitif, mais parvient au contraire, à renouveler ( certes dans les détails) les scènes quotidiennes et ne tombe jamais dans une exposition qui serait expérimentale.

Certes, sa longueur ( 3h20) peut rebuter à priori, mais cet opus de Akerman se suit avec intérêt jusqu'à son terme .

Toutefois, il faut reconnaître qu'il s'adresse, avant tout, à l'amateur d'un certain cinéma d'auteur ( les aficionados des films de Bresson et de Duras seront comblés, ainsi que les lecteurs de Cioran ou de Thomas Bernhard).

La destinée personnelle de la cinéaste s'éclaire peut-être avec le profil ( pessimiste ou réaliste ?) du personnage principal de ce film exigeant, qui donne envie de revenir sur l'ensemble de la filmographie d'Akerman et au passage de regarder autour et à l'intérieur de soi.

" Jeanne Dielman" appartient selon moi à la liste des films pivot de l'Histoire du septième art.
Antonin T.
Antonin T.

38 abonnés 48 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 juillet 2014
Un film hypnotique, un film fleuve, un film monde
3heures durant lesquelles ont restera, nous spectateurs, plonger dans un monde à part, dans la vie de Jeanne Dielman.
Les meilleurs films de tous les temps