Fidaï est le second documentaire de Damien Ounouri. Le premier, Xiao Jia rentre à la maison, moyen métrage qu'il réalisa pour son projet de fin d'études, est sorti sur les écrans en 2008 et s'intéressait au cinéaste indépendant chinois Jia Zhang-ke. Avant, le jeune metteur en scène avait réalisé quelques courts, dont un intitulé également Fidaï, qui sert d'introduction à ce long métrage.
Fidaï doit son titre à une expression arabe désignant un "combattant prêt à donner sa vie pour une cause, sans crainte d'être un martyr". Le terme s'applique donc au parcours du grand-oncle du réalisateur Damien Ounouri, ex-fidaï pour le compte du FLN (Front de Libération Nationale), et aux fonctions que ce dernier occupait durant la guerre d'Algérie. Le jeune cinéaste avait l'intention, à travers ce documentaire, de rendre hommage à son grand-oncle, raconter son histoire.
C'est en 2008, lors d'un séjour en Algérie, que Damien Ounouri a eu l'idée de raconter la vie de Mohamed El Hadi Benadouda à travers un documentaire. Ce dernier n'était pas du tout réticent à l'idée de se confier face à une caméra. Il souhaitait simplement ne pas être montré comme un héros. A partir de ce moment, les deux compères se sont entretenus à plusieurs reprises au téléphone et Ounouri s'est rendu six fois en Algérie pour les besoins du tournage. Il a en tout fallu quatre années pour produire et réaliser Fidaï.
Avec Fidaï, Damien Ounouri avait l'ambition de raconter la guerre d'Algérie, non pas telle qu'elle est relatée dans les livres d'histoire, mais à travers le regard d'un de ses protagonistes, en l'occurrence, son grand-oncle. Il souhaitait également "porter un regard nouveau sur Révolution Algérienne" et célébrer le cinquantenaire de l'Indépendance du pays.
Des maisons de production issues de l'Algérie, l'Allemagne, la Chine, la France, le Koweït, le Royaume-Uni et le Qatar se sont alliées pour produire ce documentaire "historique". Le film a commencé à être produit en 2010, mais le tournage n'a débuté qu'en 2011 pour s'achever l'année suivante.
Damien Ounouri a travaillé sur l'écriture de Fidaï avec Linda Amiri, historienne spécialiste de la question de la Révolution Algérienne, notamment de l'histoire du FLN.
Fidaï a fait le tour des festivals internationaux les plus prestigieux. Aux rencontres d'Alger, il a remporté le Prix du meilleur film. Il a également été présenté au Festival International du film de Toronto de 2012, dans la section TIFF Docs.