Dès que la réalisation a été confiée à Justin Lin, la saga Fast & Furious a pris un nouveau départ,un nouvel essor. Le troisième volet intitulé Tokyo Drift nous faisait découvrir une nouvelle discipline venant s’inscrire aux courses de rue : le drift, où le freinage et la prise en main des virages ont une importance capitale. On y voyait également pour la première fois le personnage de Han joué Sung Kang, bien qu’il jouait déjà un personnage du même nom dans un précédent film du même réalisateur, Better Luck Tomorrow. Le 4ème épisode quant à lui faisait revenir les protagonistes originaux, c’est-à-dire Dom (Vin Diesel), Brian (Paul Walker), Mia (Jordana Brewster) et Letty (Michelle Rodriguez) qui a malheureusement été tuée par un sbire du trafiquant de drogue Arturo Braga, cet épisode sonnait alors comme une aventure vengeresse. S’en suit alors Fast Five, mis en place car le précédent était le plus lucratif de la franchise et les producteurs voulaient un film réunissant l’équipe au grand complet. On retrouvait donc au casting le fameux Roman (Tyrese Gibson) ainsi que deux nouveaux personnages : Luke Hobbs (Dwayne Johnson) et Elena Neves (Elsa Pataky), fédéraux ayant pour but de stopper le crew de Dom s’apprêtant à faire un dernier casse à Rio. A la fin on découvrait dans une scène post-générique grâce à Eva Mendes (Monica Fuentes, 2 Fast 2 Furious) que Letty est toujours en vie ! Imaginez la surprise et l’excitation des fans quand on apprend ce genre de nouvelles complètement inattendues ! Ce cinquième épisode de cette saga avait réussi à réconcilier aussi bien les fans que la presse. Fast Five est vraiment le seul de la franchise qui on peut le dire à reçu de bonnes critiques.
Cette révélation ne pouvait qu’annoncer un Fast & Furious 6 et c’est finalement ce qu’on a eu. On en trépignait d’impatience et notre souhait a été éxaucé ! Le sourire aux lèvres commence déjà à s’installer lors ce qu’on voit le logo d’Universal. On est devant Fast & Furious et le début nous le fait clairement sentir : Dominic et Brian sur la route, chacun dans sa voiture. Dom prend la tête puis c’est Brian et vice versa. C’est finalement ce dernier qui arrive le premier mais il ne s’agissait pas d’une course à proprement parler, nos deux amis se dépêchait car Mia Toretto, la soeur de Dom et petite amie de Brian est sur le point de donner naissance à un garçon. L’avenir semble radieux pour la petite famille qui vit paisiblement au soleil, loin des soucis, du côté de Dom il a refait sa vie avec celle qui était contre lui dans Fast Five, Elena Neves. C’était sans compter l’apparition d’une nouvelle menace, un dénommé Shaw (Luke Evans) doté d’une équipe de chauffeurs mercenaires redoutables, équipe qui comprend entres autres une certaine… Letty ! Luke Hobbs a désormais besoin de Dom et de toute son équipe dispersée au 4 coins du globe. Si les hispanophones Don Omar et Tego Calderon ne rempilent pas, on retrouve tout de même le reste de la bande : Han et Giselle qui résidait à Tokyo, Roman vivait dans le luxe entouré de filles, tout comme Tej (Ludacris) mais qui est resté très “Robin des bois” dans sa mentalité.
Si vous trouviez que Justin Lin avait frappé fort dans Fast Five, attendez de voir celui-ci ! Fast & Furious 6 est une pure claque visuelle, un véritable régal visuel que l’on citera probablement dans la liste des meilleurs films d’action de l’année. On jubile à la vue de ses magnifiques voitures superbement prises en main qui viennent titiller l’asphalte en s’affrontant sans relâche et en créant à l’occasion des dégâts considérables. Les caisses prennent cher, très cher même, elles roulent à une vitesse vertigineuse avant d’être percutées et projetées dans les airs de manière incroyable ou broyées sans pitié par un tank ! Les scènes d’actions hors bagnoles sont également d’une redoutable efficacité, frénétiques, brutales, intenses ! Sans oublier les pétardantes fusillades et explosions qui nous en foutent encore plein la vue ! Du pur divertissement qu’on ne va pas se cacher d’apprécier tellement c’est chié et impressionnant. En général dans ce genre de film tout est mis dans les images afin de masquer un scénario quelque peu indigent mais ici Chris Morgan a réussi à nous concocter un récit toujours intéressant et qui maintient notre intérêt même pendant les scènes de a laissé une grande place à l’humour, parsemant son script de répliques cultes et de punchlines mais c’est surtout grâce à Tyrese que l’humour fonctionne, il est parvenu à déclencher l’hilarité dans toute la salle, Il est par ailleurs aidé par Ludacris qui ne se prive pas de le charrier, mais ce n’est pas le seul !
Quel plaisir de revoir tous ses acteurs une fois de plus réunis, il disent eux-mêmes, ils sont une famille, une famille qui nous met de suite de bonne humeur et qui a le mérite de vivre des aventures hors du commun. Vin Diesel est toujours impérial en Dom Torreto, chef de bande amateur de débardeur comme pour souligner au cas où on l’aurait oublier que monsieur à musculature avantageuse! Même constat pour l’omniprésent Dwayne Johsnon (Infiltré, G.I. Joe, Pain & Gain), flic imposant et nerveux qui montre une fois de plus que c’est un homme d’action. Il retrouve ici une nouvelle acolyte en la personne de Gina Carano, cette combattante de MMA reconvertie en actrice que l’on avait déjà vu dans Haywire de Steven confirme ici ses réels talents pour les arts martiaux, notamment lors d’un combat sans une gare contre Michelle Rodriguez. Cette dernière fait d’ailleurs son grand retour au sein de la franchise après son supposé décès, comment seront les retrouvailles avec Dom ? Pourquoi a t-elle disparu ? Que c’est-il passé ? Mystère et boule de gomme… . On retrouve également les couples Han-Giselle et Brian-Mia, toujours aussi attachants et radieux. Cette fois-ci l’étiquette bad guy revient à Luke Evans (Le Choc des Titants, Robin des Bois, Le Hobbit…) qui s’en sort plutôt bien, il a d’ailleurs comme sbire Joe Taslim, acteur indonésien remarqué dans The Raid de Gareth Evans l’année dernière, film d’action ultraviolent aux allures de jeu vidéo. On a même droit à un caméo de la chanteuse Rita Ora qui annonce une course !
Justin Lin est un véritable chef d’orchestre. Accompagné de son camarade d’écrite Chris Morgan ils ont mis en place le Fast & Furious le plus grandiose, le plus impressionnant, le plus jouissif de toute la saga. Le réalisateur soigne sa mise en scène et filme distinctement les différentes courses et combats et confèrent à l’ensemble une certaine intensité. La photographie sublime les paysages ensoleillés, les cascades, ainsi que la ville londonienne où se déroule principalement l’action. Après un sympathique générique d’ouverture s’illustrant par une rétrospective de la saga (et sous l’excellente musique We Own It de 2 Chainz et Wiz Khalifa), on nous montre que Fast & Furious est passé à un niveau supérieur, la scène finale le prouve d’ailleurs aisément. On rigole, on tremble, on vibre, on s’inquiète, on jubile, et au final on adore ! En plus d’être un choc visuel, Fast Six est joue également avec nos émotions, ce qui n’est pas pour déplaire. Dommage que Justin Lin ne rempile pas pour une 7ème aventure, lui qui a teinté ces deux derniers films d’une indéniable maestria et étant donné le degré d’excitation et de dinguerie que procure la scène post-générique, la pression pour le futur réalisateur, James Wan (Insidious) est énorme !