Oui, c'est un film à voir. Je ne dirai rien sur l'absence de dénonciation (le film n'étant pas le livre) ni sur l'absence de complaisance esthétisante (Tarentino, Coppola, etc.). Voir là-dessus les différents commentaires et les critiques des journaux.
Je m'étonne de lire un certains nombre de critiques de spectateurs (0 ou 1 étoile) qui disent que ce film n'a ni queue ni tête, que les "acteurs" (sic) peinent à jouer, qu'on n'y comprend rien, voire — le clou — que sans les explications et les faits chiffrés livrés au spectateur avant le générique de fin, tout cela n'aurait aucun sens.
Il faudrait sa voir ce qu'on veut. Non, ce film n'est pas (heureusement) un documentaire; c'est un film bien qu'aucun artifice lourd ne vienne faire plus vrai que vrai ou esthétisant (pas de longs travellings, d'effet de caméra), que les acteurs ne surjouent pas façon Actor's studio. Absence de scénario ? De montage ? Pfff… Si le cinéma est fait pour révêr (lu dans un post), bref si c'est de l'entertainment, oui, n'allez pas voir ce film; regardez M6 et le flot hollywoodien bas de gamme.
L'un des intérêts du film, du point de vue cinématographique et narratif (je sais, certains vont parler déjà d'onanisme…), c'est d'immerger le spectateur dans des histoires qui se croisent ou ne se croisent pas; au spectateur de comprendre peu à peu, de ne pas tout comprendre de prime abord (un film, ça vaut le coup quand on y pense encore dans les jours qui suivent sa vision, ce n'est pas 90 minutes tout compris, douche comprise, j'allais dire), voire de ne pas comprendre du tout. Ce film est tout sauf démonstratif comme le serait un documentaire ou un reportage de guerre en 26 minutes. Et tant mieux. Je n'ai rien contre les fictions qui ont un commencement, un milieu et une fin, ni contre les scènes d'exposition et les épisodes. Mais il faut du culot (ou de la paresse) pour reproduire sempiternellement et réussir ce schéma classique. Et là, il fallait trouver autre chose pour éviter le documentair