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Un visiteur
5,0
Publiée le 29 décembre 2008
Lorsque le cinéma US indépendant se faire à faire du Ken Loach, on pouvait le craindre un peu, mais force est de reconnaitre qu'ici, tout tourne à l'enchantement : de l'histoire, superbement dessinée ( de la description de ce mort vivant qui reprend peu à peu goût à la vie) à l'interprétation (avec l'acteur de six feet under, enfin dans un premier rôle amplement mérité) en passant par la musique superbement mise en valeur. Impossible de ne pas être touché, voire bouleversé par le sort réservé à ses sans papiers, dont la situation n'a rien à envier à ceux qui vivent dans l'Hexagone. Du cinéma intelligent qui arrive à nous toucher au plus profond de nous, c'est quand même pas si courant dans la production cinématographique moyenne.
Ce film raconte l'histoire d'une prise de conscience, celle de Walter Vale (Richard Jenkins), professeur d'université englué dans la routine et le désintérêt pour son métier. Amené à se rendre à New-York où il possède un appartement, il va soudain avoir la révélation d'un monde dont il ne soupçonnait pas l'existence : celui des immigrants piègés par le "rêve américain". Car derrière la porte, ce n'est pas son intérieur familier qui l'attend mais un couple inconnu, Tarek le Syrien et Zainab la Sénégalaise, abusés par un loueur peu scrupuleux. Entre ces trois personnages que tout oppose, vont peu à peu se tisser des liens de compréhension d'abord, puis d'amitié, entre Walter et Tarek surtout, par le biais de la musique. Car, maladroit au piano, le professeur se découvre du goût pour le djembé dont Tarek a fait le centre de sa vie. Mais tout bascule le jour où le jeune Syrien est arrêté dans le métro : clandestin, il se retrouve en attente d'expulsion dans un centre dit de rétention. Walter fait ce qu'il peut pour l'aider, secondé par un avocat et la mère de Tarek, Mouna (Hiam Abbas, la fière Palestinienne des "Citronniers"). Un tendre sentiment naît entre les deux esseulés mais Mouna choisit de rejoindre son fils en Syrie. Thomas McCarthy nous montre ici comment un citoyen ordinaire découvre combien son pays peut se conduire avec injustice et cruauté. La colère de Walter contre l'employé du centre répond à l'inhumanité d'une administration qui se soucie aussi peu de l'opinion de ses propres administrés que du sort des personnes qu'elle rejette. Cette histoire a valeur de symbole car elle rappelle singulièrement des cas qui se sont "passés près de chez nous"! Symbolique aussi la dernière scène où Walter accomplit le souhait le plus cher de Tarek : jouer du djembé à la station de métro "Central Park". Certaines lois semblent bien absurdes devant la réalité des individus et de leurs aspirations : c'est ce qu'a voulu nous dire très simplement le cinéaste.
Je vous conseille de voir ce film qui mérite amplement 4 étoiles. Très bonne composition des acteurs auxquels on s'attache immédiatement. On s'installe tranquillement dans l'histoire. Je vous assure un très bon moment de cinéma.
bravo, sauf pour la bande son complètement ratée. avec un meilleur mix et une meilleure music, ça aurait pu être un chef d'oeuvre. en plus l'idée y est. je ne comprends pas. peut-être c'est la salle (cinéma des cinéastes) qui a trahi ? j'aime ce réalisateur!
La solitude de Walter pèse sur ses épaules et la relation qu'il va developper avec Tarik est très attendrissante. Les acteurs sont justes et sobres. L'ensemble n'est jamais dans l'excès, ça reste simple et touchant, amusant et attachant, énnervant et désespérant. Un très beau film à voir donc.
On est parfois déçu quand on entend faire l'éloge d'un film,mais avoir vu The Visitor, de Thomas McCarthy, m'a transportée de bonheur ! La "Renaissance" de ce professeur d'économie confit dans ses habitudes et sa morne routine,qui,selon ses dires,ne "vit" plus,ne travaille plus, n'écrit plus vraiment,mais "fait semblant",sonne si vrai,si juste, que l'on s'en réjouit pour lui : admirable Richard Jenkins(!),et que les accents du jembe résonnent en nous comme une délivrance. Et puis il y a ce jeune acteur syrien, ce "visiteur" incongru,qui lui donne,qui nous donne une superbe leçon de vie;sa "mère"c'est la formidable actrice Hiam Abbas,femme libre et bouleversante dans cet amour intense et pudique qui la lie à son fils, une "belle personne" crie Walter aux gardiens de la prison. Pour Mouna, cet homme est devenu son "habibi",celui qu'en d'autres circonstances elle aurait pu aimer...Un sujet actuel et sensible merveilleusement traité et interprété, un film inoubliable !
Un film qui dénonce la politique américaine en terme de l'immigration et cela est fait dans ce film d'une manière intelligente. On s'attache au acteurs principaux qui dénoncent la politique américaine qui prime l'origine de la personne plutôt que les vrai valeurs de celle-ci.
Le chef d'œuvre que la presse annoncé je ne l'ai pas vu. The Visitor est un film très attachant avec plein (trop) de bons sentiments pas tire larme et assez réaliste sur la clandestinité rappelons le sujet rare! mais sa manque d'intensité pour cette histoire d'un dénouement tragique.
Très bien interprété (actrices et acteurs sans exception), sobre mais pas ennuyeux. Réaliste : pas d’extrémisme ici, que ce soit dans un sens ou dans l’autre. Un homme qui, sous une apparence des plus classiques (l’habit ne fait pas le moine), s’intéresse aux autres, et partage son gout des percussions. Impuissant comme nous trop souvent devant une machine administrative qui a ses qualités et ses défauts. Malgré la fin, il reste à la sortie une opinion positive de l’être humain, un espoir. Ce n’est pas un chef d’œuvre, mais un bon film, et c’est déjà beaucoup.
Toute la stratégie du film tient à l'attachement que l'on est censé avoir pour Tarek. Si on en a pas, on en a rien à faire qu'il soit expulsé. Je n'ai eu aucun attachement pour lui, désolé...