Des hommes, des dieux... et des César

Grand favori des César cette année, "Des hommes et des dieux" n'a obtenu que trois récompenses dont celle néanmoins convoitée du Meilleur Film. Une déception toute relative qui a en effet donné lieu à un palmarès éclaté, riche en surprises, telles que les victoires de Sara Forestier, meilleure actrice pour "Le Nom des gens" et d'Eric Elmosnino, meilleur acteur pour "Gainsbourg - Vie héroïque".

La 36e cérémonie des César n'aura pas eu son raz de marée. Dix fois nommé,

Des hommes et des dieux ne repart qu'avec trois récompenses. Le Grand Prix Cannois 2010 obtient néanmoins le César du Meilleur Film, une première pour Xavier Beauvois et un doublé pour son producteur Pascal Caucheteux, lauréat comblé l'année dernière par le multi-récompensé Un prophète de Jacques Audiard. Le film décroche également le prix de la Meilleure Photographie et du Meilleur Second Rôle pour le divin Michael Lonsdale. Un premier César pour l'acteur (il avait été nommé pour Nelly et Monsieur Arnaud en 1996 et pour La question humaine en 2008), qui évoque avec tendresse son métier, face à un public conquis.

Devant Xavier Beauvois, Roman Polanski ovationné, se voit décerner quatre récompenses pour son Ghost-Writer. Outre un troisième César du Meilleur Réalisateur (après Tess et Le Pianiste), le cinéaste reçoit celui de la Meilleure Adaptation pour son film, qui repart également avec le César du Meilleur Montage et de la Meilleure Musique pour Alexandre Desplat. Deuxième fois lauréat après De battre, mon coeur s'est arrêté de Jacques Audiard, le célèbre compositeur français est par ailleurs en lice pour les Oscars ce dimanche, avec le favori Discours d'un roi.

De g à d : Xavier Beauvois - Eric Elmosnino - Sara Forestier - Michael Lonsdale / © Mireille Ampilhac

Face à des Des hommes et des dieux et The Ghost-Writer, un palmarès éclaté et riche donc, qui laisse place à de belles surprises, comme les victoires du Nom des gens, merveille inattendue de fin d'année, qui repart avec le César du Meilleur Scénario Original pour le couple attendrissant Baya Kasmi et Michel Leclerc, et le César de la Meilleure Actrice pour la fantasque Sara Forestier. Déjà sacrée Meilleur Espoir Féminin pour L'Esquive d'Abdellatif Kechiche en 2005, l' actrice, toute en confidences aussi incongrues qu'intimes, remporte la mise face aux grandes Catherine, Isabelle et Charlotte. Surprise féminine toujours, du côté du Meilleur Second Rôle, avec une discrète Anne Alvaro qui, dix ans après Le Goût des autres, décroche sa deuxième récompense pour Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier, éclipsant ainsi une Valérie Bonneton, attendue pour Les Petits mouchoirs. A noter que le succès public de Guillaume Canet, grand oublié de la cérémonie avec deux nominations (dont celle de Meilleur Second Rôle pour Gilles Lellouche), repart complètement bredouille.

De g à d : Edgar Ramirez - Leïla Bekhti - Anne Alvaro - Joann Sfar / © Mireille Ampilhac

Les hommes de la soirée sont dès lors à chercher du côté des biopics : outre Des hommes et des dieux, Carlos offre le César du Meilleur Espoir Masculin à un Édgar Ramírez ému, qui croit remercier l'Académie Française ; tandis que Gainsbourg - (vie héroïque), César du Meilleur Premier Film et du Meilleur son, décerne la récompense du Meilleur acteur à un Eric Elmosnino flatté. A noter que L' Illusionniste de l'imposant Sylvain Chomet, également en lice aux Oscars cette année, est le tout-premier lauréat du César du Meilleur Film d'Animation, catégorie inaugurée lors de cette cérémonie.

De g à d : Sylvain Chomet - Michel Leclerc & Baya Kasmi - Quentin Tarantino - Jodie Foster / © Mireille Ampilhac

Une cérémonie en demi-teinte dont on retiendra sans distinction le "fucking phoque" d'un Antoine De Caunes rendant hommage (?) au francophile Quentin Tarantino, l'humour de François Damiens remettant le César du Meilleur Court Métrage à Logorama, la victoire du Meilleur Film Etranger pour The Social Network millième césarisé ; et surtout les doux hommages au regretté Claude Chabrol, cinéaste jamais récompensé par l'Académie mais mis à l'honneur ce soir, entre autres par une Jodie Foster et un François Cluzet dithyrambiques et émus. Une émotion qui culmine grâce à la pétillante Leïla Bekhti, lauréate du César du Meilleur Espoir Féminin pour Tout ce qui brille : touchée et touchante, la jeune actrice tremblante nous offre le frisson de la soirée.

Vincent Garnier, Maximilien Pierrette, Laetitia Ratane et Yoann Sardet

Meilleur film

Des hommes et des dieux

Meilleur réalisateur

Roman Polanski (The Ghost-Writer)

Meilleur acteur

Eric Elmosnino (Gainsbourg (vie héroïque))

Meilleure actrice

Sara Forestier (Le Nom des gens)

Meilleur acteur dans un second rôle

Michael Lonsdale (Des hommes et des dieux)

Meilleure actrice dans un second rôle

Anne Alvaro (Le Bruit des glaçons)

Meilleur jeune espoir masculin

Édgar Ramírez (Carlos)

Meilleur jeune espoir féminin

Leïla Bekhti (Tout ce qui brille)

Meilleur scénario original

Le Nom des gens (Baya Kasmi et Michel Leclerc)

Meilleure adaptation

The Ghost-Writer (Robert Harris et Roman Polanski)

Meilleure première oeuvre

Gainsbourg (vie héroïque)

Meilleure musique écrite pour un film

The Ghost-Writer (Alexandre Desplat)

Meilleure photographie

Des hommes et des dieux (Caroline Champetier)

Meilleurs décors

Les Aventures Extraordinaires d'Adele Blanc-sec (Hugues Tissandier)

Meilleurs costumes

La Princesse de Montpensier (Caroline de Vivaise)

Meilleur son

Gainsbourg (vie héroïque) (Daniel Sobrino, Jean Goudier et Cyril Holtz)

Meilleur montage

The Ghost-Writer (Hervé De Luze)

Meilleur film d'animation

L'Illusionniste

Meilleur film documentaire

Océans

Meilleur court métrage

Logorama

Meilleur film étranger

The Social Network

César d'honneur

Quentin Tarantino

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