Jean-Claude Barny, lui, choisit la ligne droite, le biopic ordonné, l’image sage pour un esprit rebelle. La mise en scène conventionnelle peine à rendre la complexité de Fanon, son engagement, et pourtant, que le film est long !
Les acteurs, tous afghans, habitent leurs rôles avec une force émotionnelle qui serre le cœur. Mohammad Hosseini, Hamideh Jafari et Bashir Nikzad traversent le film comme des âmes à vif.
Jack Black (Jumanji) et Jason Momoa (Aquaman), le premier en nerd, l’autre en loser, sont jetés dans la mine des univers multiples du jeu vidéo, où ils surjouent un comique outrancier délirant.
Le film interroge ainsi l’institution familiale, sacralisée à tout prix, et le courage qu’il faut pour la confronter. Le courage qu’il faut pour parler à Hélène Merlin est admirable, comme l’est son film, la tête haute.
Qu’il est cruel de vivre et d’aimer, qu’il est noble d’oser filmer les failles, les cris et l’impalpable ; Mike Leigh, immense, inaltérable, signe un drame déchirant sur la dépression.
La photographie recherchée de Jun Fukumoto confère une beauté austère à cette œuvre magistrale, à la fois intemporelle et moderne, qui redéfinit les codes du film de samouraï avec agilité et subtilité.
Le film s’ouvre sur une séquence aux ténèbres inquiétantes : un taureau dans la nuit, inquiet, agité, au regard d’effroi. Dans l’arène, un autre taureau harassé et haletant regarde la caméra. Une frontalité totale. La pluie fait couler des larmes noires de ses yeux tristes. C’est déchirant.
L’attention se porte sur Fabio, un juré ordinaire tiré au sort, joué par Julien Ernwein : ce comédien non professionnel au regard magnétique impressionne.
L’enquête avec ses surprises, ses hasards, ses petits bonheurs et ses mystères, est marrante comme un jeu de pistes : on se prend et surprend à ce jeu. Tout comme on se prend au jeu cinématographique de la superposition de ce docu-enquête avec la fiction.
Les luttes d’Azar Nafisi et des jeunes filles qui furent ses élèves, au lendemain d’une révolution aux promesses brisées, affirment une vérité intemporelle : la trame sans fin de la terreur des mollahs.
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau devrait peut-être voir ce film. Enfin cette farce. Enfin… cette comédie de fada, qui lutte contre le narcotrafic à sa manière : en coffrant un rire pop-corn, à défaut des vrais méchants.
Une forme pas totalement convaincante pour réussir à créer un semblant de suspens dans le récit. Le film reste néanmoins solide et bien interprété. Mais l’intérêt de The Alto Knights n’est pas là. Ce film sonne avant tout comme la lettre d’adieu de toute une génération de légendes de Hollywood aux films de gangsters.
Le duo Leïla Bekhti et Jonathan Cohen, qui se connaissent bien, a l’air de s’amuser. Autour, les autres acteurs avec leurs personnages ont du mal à se faire une place – même Jeanne Balibar et Anne Le Ny, ces grandes dames du cinéma.
Nous voilà être comme le premier des spectateurs, l’œil original, devant la centaine de vues restaurées en noir et blanc, dans leur format et leur vitesse d’origine – cela est essentiel.
Dans les fumerolles flottantes, les borborygmes du sol, Magma change de genre, plus irréel : il s’élève dans la fusion du souffle du volcan et de l’errance des êtres.