La réalisation est astucieuse et novatrice parfois, mais elle feint de transcender un récit faussement provocateur. Difficile de voir en Dustin Hoffmann un homme de 21 ans alors que l'acteur dépassait allègrement la trentaine lors du tournage, nous rendant sceptiques, par cette arnaque, face à la différence d'âges qui le séparerait de Mrs. Robinson – Anne Bancroft n'avait jamais que 6 ans de plus que lui.
Cela dit, même en mettant de côté cette erreur de casting, le prisme à travers lequel est dépeint cette relation semble donner raison à la modération, sinon à la pudibonderie, au sein des relations amoureuses et sexuelles. Pour nourrir ce paradigme, on oppose la cougar allumeuse au jouvenceau réservé. Dans quel but ? Satiriser le patriarcat disant qu'un bonhomme en est un vrai qu'à partir du moment où il a perdu sa virginité ? Non. On aurait aimé qu'un film de 1967 soit à ce point avant-gardiste, mais hélas, cette relation pseudo-interdite n'est qu'un prétexte pour assouvir un fantasme inavoué,
finalement balayé à la fin puisque le bel adonis termine avec la fille Robinson.