D'après le roman de James Fenimore Cooper. Une adaptation taillée à la hache et menée au pas de charge. Michael Mann ne s'est embarrassé ni des considérations historiques, ni des réflexions sur les Amérindiens, contenues dans le livre ; il n'a retenu que les dimensions épiques, héroïques et romantiques, qu'il restitue avec une efficacité spectaculaire, certes. Son film, prenant, ne démérite pas côté mise en scène. Ni côté décors, costumes et photo (superbe travail du chef op' Dante Spinotti, notamment en matière de clair-obscur). Mais ça manque globalement de subtilité et de profondeur. Ça va trop vite, que ce soit dans la mise en place du drame, le développement des relations entre les personnages, les revirements de situation. Daniel Day-Lewis (investi et athlétique) court presque tout le temps et agite une abondante chevelure qui lui donne, dans certaines scènes, des airs de rock star ; Madeleine Stowe hérite d'un rôle trop peu étoffé ; Patrice Chéreau, en général français, laisse perplexe. La musique, enfin, est jolie mais envahissante. On reste donc sur une impression en demi-teinte, à l'image du dénouement qui n'assume pas complètement la noirceur finale du roman.