Après un premier épisode dont on peinait à trouver la saveur, Burton rechignait à rempiler pour une seconde fournée mais finit par accepter, une hésitation bien étrange tant ce second volet propose des choses un peu plus intéressant que son prédécesseur.
Exit l'univers très pulp-80's, cette fois ci Burton fait du Burton (ce qui donnera à cette suite son coté "sombre") et c'est ce qui fait à la fois les qualités et les faiblesses du film.
Si on s'ennuie moins que devant son grand frère, Michael Keaton a toujours autant de charisme qu'un membre de Modern Talking (et une affreuse coupe de cheveux, et un jeu d'acteur à la ramasse [voir sa première apparition à mourir de rire]...), ce qui fait que lorsqu'il incarne Batman, celui ci a autant de charisme qu'un membre de Modern Talking vêtu d'un costume de Batman (donc proche du néant).
Même problèmes que dans le premier volet et même conséquences : les autres personnages à coté n'ont aucun mal à crever l'écran et à faire oublier Batman (pourtant censé être le héros) : qu'il s'agisse de Catwoman (Michelle Pfeiffer, minimum 50% de l'intérêt du film), du Pingouin, ou de Christopher Walken qui dans un rôle très statique dégage un charisme étonnant à chaque apparition (grandement aider par sa coupe cheveux certes).
Et au final, Batman apparait sporadiquement en ne provoquant généralement que l'ennui.
Le film devient donc un long métrage de Tim Burton avec quelques fois Batman qui fait son apparition.
Qui plus est, si "Batman, le défi" fait illusion pendant 1h30, à partir de là, on commence à ressentir une certaine lassitude poindre son nez : les personnages s'agitent, remuent, sauf que derrière cela, il n'y a rien, rien d'autre que le vide, l'esthétique Burtonnienne n'est qu'un amas de cache misère, un rideau qui cache la pauvreté du background, un voile qui se déchire progressivement jusqu'à tomber : on sait comment tous cela va finir, le combat final contre le Pingouin est le contraire d'une surprise, le film aurait peut être dû s'arrêter une demi-heure plus tôt pour que Burton conserve son illusion.