Tres beau film, envoûtant, troublant, proche de David Lynch. Elias Koteas au top, superbe musique, un film marquant, l'un des plus beau d'Atom Egoyan qui fit encore mieux avec le suivant, Exotica.
Egoyan dresse le portrait de plusieurs personnages; un expert en assurance, sa femme censeur. Autour d'eux gravitent d'autres personnages: les clients de l'un, les collegues de l'autre notamment. Tous ces personnages se définissent d'abord par la profession qu'ils exercent. Egoyan via une mise en scène langoureuse et énigmatique met en lumière les troubles qui les traversent et surtout pose les jalons de De beaux lendemains car les personnages de Noah et de Bubba sont de la même espèce que Mitch, l'avocat perdu de The Sweet Hereafter
Il est agent d’assurances chargé d’évaluer les sinistres, elle fait partie de la commission de censure du cinéma, ils habitent une maison témoin qui est la seule relique d’un programme immobilier avorté. Autour de cette situation, Egoyan décrit leur rapport de couple, leurs relations avec les autres, leur difficulté d’être dans cet univers étrange. Cela fourmille d’inventions visuelles, de personnages secondaires fantasques, et le film baigne dans une morosité plaisante. On s’attache vite à ces héros en somme ordinaires qui s’efforcent de croire en leurs missions professionnelles pour masquer leurs faiblesses, et qui s’inventent des rôles comme le font les enfants. Mais si l’on sonne la fin des récréations, comme le fait l’un des protagonistes dans l’épilogue, ne reste peut-être plus qu’à disparaître, ou alors, à recommencer un tour de manège… Un film original, servi par d’excellents comédiens, sur les difficultés de vivre et de communiquer dans un monde par bien des côtés absurde, et qui est en fait le notre.
OVNI cinématographique à sa sortie, cette oeuvre apparaît rétrospectivement comme une date clef dans la filmographie de Egoyan. Des personnages insolites, des situations saugrenues, et une réflexion sur le voyeurisme et le trouble mental. A voir au moins une fois.