Emmanuelle rejoint son mari en Thailande et, sur les conseils de ce dernier, soucieux de parfaire l'éducation sexuelle de sa jeune épouse, se prête à diverses aventures sensuelles.
On a du mal à croire que cette niaiserie érotique de Just Jaeckin ait connu un tel succès public et une telle notoriété. Certes, Sylvia Kristel est belle mais, d'une part, l'érotisme soft, voire pudique, dont elle fait l'objet (ainsi que la débutante Christine Boisson) est indifférent, affecté et même daté dans son esthétisme; d'autre part, le scénario est d'une vacuité et, consécutivement, d'un ennui insurmontables.
Les personnages, qu'ils soient utilisés à des fins érotiques ou pas sont transparents, incarnations d'une bourgeoisie insignifiante. Chacun y va de son petit discours convenu sur le sexe et l'amour (qu'il ne faut pas confondre, voilà une belle leçon) et invoque la liberté sexuelle comme sauvegarde du couple. L'austère Alain Cuny, en homme vieillissant et expérimenté, participe à ce jeu snob et pompeux en jouant un des initiateurs d'Emmanuelle aux secrets de la sensualité. Sur fond de Thailande format carte postale, c'est bavard et vain.