Loggerheads a été présenté en sélection officielle au Festival de Sundance en 2005, ainsi qu'aux Festivals Gay et Lesbien de Paris en 2006 et de Bruxelles en 2007. Il a reçu le prix du Jury à l'Outfest de Los Angeles en 2005, ainsi que deux prix du public, l'un au Florida Film Festival et le deuxième au Nashville Film Festival (2005).
Loggerheads est le troisième long métrage deTim Kirkman, après Dear Jesse (1998) et The Night Larry Kramer Kissed Me (2000).
Le tournage s'est déroulé à Eden, Kure Beach et Wilmington en Caroline du Nord aux Etat-Unis, pendant un mois, entre mai et juin 2004. Le cinéaste a tenu à tourner dans cet état, car il est né et a grandi en Caroline du Nord.
Le réalisateur s'est inspiré de l'histoire vraie de Diana Ricketts, qui a du abandonner son enfant à cause de son jeune âge. Plusieurs années après, elle voulu savoir ce qu'il était devenu mais elle n'a pas pu, à cause des lois de Caroline du Nord des Etats-Unis qui préviennent ce genre de demandes et les empêchent, dans le but de préserver l'équilibre des familles adoptives. Elle a alors fait appel à un détective privé, qui lui appris que son fils était mort du Sida à l'âge de 27 ans. Elle a découvert qu'il avait souhaité connaître l'identité de ses parents biologiques, mais qu'on lui avait refusé l'accès à son dossier, toujours à cause de cette loi concernant l'adoption.
Le titre Loggerheads signifie en français tortues caouanne. Certaines de ces tortues de mer viennent pondre l'été sur les plages de Caroline du Nord, et repartent en laissant leurs oeufs derrière elles. Le cinéaste a aimé la métaphore entre ces tortues et ses personnages. Il est fasciné par la façon dont les petits sont abandonnés par leur mère, et le parallèle entre la menace d'extinction de ces tortues et leur lutte pour survivre. Pour Tim Kirkman, le plus impressionnant avec ces tortues est la connexion avec la mère, puisque les femelles viennent pondre sur la même plage où elles ont vu le jour.
Selon Tim Kirkman, l'un des thèmes du film est le chemin de la honte vers la destruction. Il distingue plusieurs types de honte : celle d'abandonner, celle d'être abandonné, celle d'être stérile, celle d'être gay... Le film montre comment transformer cette honte en quelque chose de positif et d'optimiste.
Kip Pardue, l'acteur qui interprète Mark, a été le seul à passer une audition pour ce rôle. La première fois que le réalisateur l'a vu, il a été fasciné par l'intensité et la gentillesse qui se dégageait de l'acteur.
Tim Kirkman a choisi l'actrice Bonnie Hunt en partie à cause de la sympathie qu'elle suscite auprès du public. En faisant ce voyage pour retrouver le fils qu'elle a abandonné, son personnage, Grace, peut paraître égoïste et envahissant. En choisissant Bonnie Hunt, le cinéaste savait qu'elle allait apporter l'intelligence nécessaire à ce personnage et la rendre sympathique.