Bon, eh bien oui, malheureusement, force est de constater que Les Chevaliers du ciel se limite à une chose : des scènes aériennes réussies.
C’est triste, car c’est un aspect qui aurait vraiment pu plomber le film. On pouvait craindre des fx moisis, une avarice de scènes d’action, comme le cinéma français aime souvent le faire d’ailleurs, mais non. C’est propre, les paysages sont beaux, même si ça reste un peu redondant vu qu’il n’y a quasiment pas d’affrontements aériens, et même si Pirès livre une mise en scène à l’américaine, très saccadée, parfois relativement agaçante, surtout dans la première partie du film, avec un début plus qu’horrible ! Par la suite il tend à perdre cette mauvaise habitude.
Alors du coup Les Chevaliers du ciel prend des allures de grosse attraction réjouissante, avec plein d’action, un rythme efficace, et l’on se prend à croire que c’est bien, que le cinéma français tient enfin son film d’action aérien digne des grosses productions américaines, d’autant qu’en la matière les réussites outre-Atlantique se comptent aussi sur les doigts d’une main.
Seulement voilà c’était sans compter le reste ! Le reste qui a été presque totalement oublié en route ! Et surtout, l’histoire ! Mais c’est quoi ce gloubi-boulga infect ? Entre les clichés, les sous-intrigues de comptoir (la pilote américaine d’une rare inutilité !), les séquences incompréhensibles qu’il faut décrypter (la fin), les ellipses monumentales (huit jours dans le désert ?!), la narration calamiteuse que Pirès semble toujours essayer de sauver avec des scènes d’action, les retournements de situation express (saurez-vous aimer à la folie une personne que vous vouliez dézinguer à peine cinq minutes avant ?), Les Chevaliers du ciel est une horreur scénaristique ! C’est une horreur à supporter pendant 2 heures, et je peux vous dire qu’heureusement qu’il y a des scènes d’action ! Je n’ai pas compris ce vide abyssal ! C’est odieux !
L’interprétation fait ce qu’elle peut. C’est-à-dire pas grand-chose, avec un Clovis Cornillac qui décidément peine à me convaincre dans ses films. Il est mono-expressif, et son personnage est à peu près réduit à un coureur de jupons de pacotille. Super. Benoît Magimel est au-dessus, c’est indéniable et c’est celui qui surnage le mieux au milieu du reste. Pas que Géraldine Pailhas ne convainc pas, mais la pauvre se démène avec un personnage sans saveur aucune engoncé dans sa froideur administrative. Philippe Torreton nous sert son éternel personnage tourmenté sans se forcer, et Taglioni s’amuse en pilote, mais peut-on croire une seconde aux revirements de son personnage ? Et puis si elle peut convaincre dans la première partie, à la fin c’est n’importe quoi, elle ne colle pas à son rôle.
Pour le reste je n’y reviendrai pas, une bande son moderne mais assez impersonnel, et un budget plus qu’honorable qui apporte les principaux intérêts du film : les scènes d’action et un travail formel très propre.
Bon, en somme Les Chevaliers du ciel répond présent là où on l’attend surtout : les cascades. Maintenant cela suffit-il à convaincre ? Non, car ok, un blockbuster n’est pas obligé de casser la baraque niveau scénario, mais il faut un minimum. Là c’est écrit par un gamin de cinq ans, pas possible autrement ! Une interprétation géniale aurait pu tirer l’ensemble au-delà de la moyenne, malheureusement celle-ci est aussi inégale. Du coup je donne 2, et vraiment car le film remplit le cahier des charges sur la matière essentielle, les avions et les cascades.