Mahjong
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Arthur Debussy
Arthur Debussy

188 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2025
Avec « Mahjong », Edward Yang livre une leçon de cinéma. En 2 heures seulement, il reprend le dispositif du film choral qui lui est cher, pour dépeindre la trajectoire de plusieurs personnages, qui tentent tant bien que mal de vivre, ou plutôt de survivre – et aimer – dans le Taïpei de ce 20e siècle qui s'achève et de ce 21e siècle qui commence à se dessiner.

Edward Yang fut un visionnaire. Lui qui a étudié aux États-Unis et bénéficiait d'une grande ouverture au monde, avait compris dès 1996 (et probablement avant), que le 21e siècle serait celui de l'argent roi, comme déifié, et de l'Asie, devenue un nouveau Far West où les personnes peu recommandables cherchent l'argent facile et le pouvoir... dont les cupides occidentaux.

« Mahjong » est un film surprenant et multiple, d'une très grande densité l'air de rien. Yang commence par poser les bases du récit lentement, en s'intéressant à des petites frappes qui cherchent à arnaquer des pigeons et à se faire de l'argent sur leur dos. Lorsqu’apparaît Marthe (lumineuse Virginie Ledoyen), une Française à la recherche de son amant Anglais, élément perturbateur qui va rebattre les cartes de ce jeu de dupes.

Peu à peu, les personnalités des personnages s'affirment, et on s'attache à eux, des plus honnêtes aux plus barrés. L'humour est omniprésent, et rend le film très plaisant à suivre. Mais le tragique fait irruption par moments, rappelant qu'Edward Yang avait beau être un grand sensible et un grand romantique, c’était aussi le cinéaste de la modernité désenchantée.

C'était aussi un esthète : la mise en scène est très maîtrisée, que ce soit dans le cadrage et la composition des plans, les mouvements de personnages et d'appareils, les choix de couleurs et de lumières... « Mahjong » est un portrait à la fois enamouré et rageur de la vibrionnante Taïpei, de ses nuits aux éclairages artificiels... et de ses habitants, notamment sa jeunesse, qui se perd dans des rêves tout aussi factices...
takeshi29
takeshi29

33 abonnés 135 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 juillet 2025
Même si on retrouve beaucoup des thématiques socio-politiques d'Edward Yang - En cela "Mahjong" est un miroir de "Confusion chez Confucius", autre film d'Edward Yang à sortir pour la première fois en France la semaine prochaine - on sent une volonté d'aller draguer à l'international, à l'image d'une partie du casting. C'est donc assez bavard, le rôle joué par les femmes n'est pas des plus glorieux dans un récit qui se perd. Et le spectateur que je fus avec... Bref de loin le Yang que je trouve le plus daté.

Vu en festival
Joce2012
Joce2012

260 abonnés 724 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 juillet 2025
Film dont le scénario est un peu compliqué ce qui le rend un peu lourd, des scènes un peu burlesques inutiles, bref très moyen
Cinememories

571 abonnés 1 625 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2025
"Dans Mahjong, Edward Yang transforme Taipei en une immense table de jeu où les tuiles humaines s’entrechoquent, se combinent puis se brisent. Sous les masques du capitalisme triomphant, il dévoile une vérité d’une désarmante simplicité : à force de courir après l’argent, ses personnages ont oublié ce qui ne peut pas être acheté. C’est dans cette fissure intime que Mahjong, derrière sa noirceur hypnotique, devient peut-être le film le plus lucide et le plus cruel de Yang."

"Le jeu chinois devient la clé de lecture du film : ses combinaisons multiples, ses alliances brèves, ses renversements soudains dessinent la condition de personnages-tuiles, que le récit assemble puis disperse au gré d’un argent qui dicte le tempo. Dans cette mosaïque instable surgit Marthe, jeune Parisienne venue retrouver son amant britannique Markus. Candide sur tous les aspects, elle ignore encore qu’elle sera le premier domino, celui qui fait vaciller des équilibres déjà fragiles et, surtout, profondément mensongers. Son arrivée révèle un Taipei où les symboles occidentaux sont incrustés partout : sur les murs, dans les bars, jusque dans les conversations. L’anglais devient une monnaie et un code social. « Un bon endroit pour le business, pas pour les affaires de cœur », dit un personnage. Marthe l’apprend vite : ici, les sentiments ont un prix, et le silence vaut parfois plus qu’une déclaration."

"Autour d’elle gravite le gang de Red Fish, avec Hong Kong, un playboy sans gravité ; Little Bouddha, un prophète de pacotille ; et Luen-Luen, interprète nerveux, déchiré entre deux langues et deux mondes. Le comble est que Luen-Luen comprend tout, mais n’entend rien. Il traduit les mots, jamais les intentions. Il sert de passerelle à des colocataires obsédés par les combines, persuadés de pouvoir manipuler à tout-va pour gratter quelques billets dans un jeu qui les dépasse. Sous cette agitation, pourtant, chacun cherche ce qui manque : amour, reconnaissance, dignité, une place dans un monde qui semble n’en avoir pour personne."

"Ainsi, Mahjong raconte la fin d’une innocence et l’émergence d’une quête identitaire portée par des êtres dispersés comme des tuiles, cherchant encore la combinaison parfaite qui pourrait les rendre entiers. Edward Yang signe là son film les plus urbain et le plus féroce, mais aussi l’un des plus humains. Un magnifique film sur les mirages de l’argent, et sur tout ce que l’argent ne pourra jamais acheter."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Pascal
Pascal

243 abonnés 2 310 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 juillet 2025
Inédit de Edward Yang ( avec Hou Hsiao Hsien figure tutélaire de la nouvelle vague Tawainaise et sans doute deux des meilleurs cinéastes asiatiques des années 1990 ) " Mahjong" (1996) à le mérite de proposer un casting international où l'on retrouve la française Virgine Ledoyen ( dans un rôle dilué mais central dans un film choral ).

Sous des allures de polars ( la plupart des scènes déroulent en intérieur), Yang propose une critique sévère de la place de l'argent dans les relations intersubjectives.

Pour Yang la recherche effrénée de l argent ( assimilée à un jeu : le Mahjong ) éloigne les personnages de ce qui pourrait faire leur bonheur : des relations saines ou l'amour et la bienveillance sont les pièces maîtresses ( cf dernier plan ).

Parfois un peu brouillon et bruyant, les personnages s'agitent comme des poissons hors de l'eau, témoignage de l'inconsistance de leur vie.

Le scénario manque peut-être de changement de ton ou de progression, mais les amateurs de la filmographie de Yang ne laisseront pas passer une telle rareté.
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