Le Rocky Horror Picture Show se revendique comme un hommage aux vieux films de science-fiction et aux séries B, pas étonnant que tous les fans de cette culture cinématographique aient rapidement répondu présent, faisant de cette comédie musicale une œuvre culte qui continue à attirer les aficionados en salle, des années après sa sortie. Autant le dire tout de suite : c'est kitsch à en mourir. Le long-métrage n'est clairement pas fait pour tout le monde et s'en moque bien, il se jette à corps perdu dans un univers déjanté, où la logique n'a plus vraiment cours. En découle un scénario improbable qu'il serait futile de décrire. L'intérêt réside dans l'ambiance unique du film, qui se construit à partir des chansons et des personnages. Il difficile de déterminer ce qui est le plus excentrique entre les deux. Les paroles n'ont vraiment pas beaucoup de sens, tout comme les actions des protagonistes. Pourtant, les acteurs livrent une prestation rayonnante, très juste dans le surjeu. Ils parviennent à nous faire croire que dans leur tête tout ce qui se passe est normal, ce qui, croyez-moi, est un véritable tour de force. Tout dans la mise en scène tend vers ce ton absurde. C'est dynamique et cela reste joyeux, même si on ne comprend pas grand chose. Les transitions farfelues mais aussi les lumières de couleurs vives confirment que la réalisation est au service du kitsch. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce festival du n'importe quoi arrive à faire passer un message (pas très subtil, certes) sur la sexualité. En effet, le film critique le puritanisme à travers un couple très prude qui finira par se dévergonder au cours de l'histoire. La liberté sexuelle est revendiquée avec humour, ce qui passe très bien. Le Rocky Horror Picture Show arrive à être drôle, étrange et subversif à la fois. La bonne humeur générale est partagée par les acteurs, qui semblent s'amuser comme des petits fous, en particulier Tim Curry. Mon cerveau a fondu devant ce film et cela m'a fait du bien. A voir, à vos risques et périls !