Maria
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286 critiques spectateurs

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Les sorties de Philippe
Les sorties de Philippe

75 abonnés 99 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 février 2025
Maria est un film crépusculaire, nous vivons la dernière semaine de vie de Maria Callas, en 1977 à Paris dans son grand appartement avec son majordome et sa cuisinière. Elle se perd, non, en fait elle ne vit que dans ses hallucinations, renforcées par les médicaments qu’elle surconsomme, à la poursuite d’une voix qui s’est évanouie. Elle fait défiler sa vie, ses rencontres, notamment Aristote Onassis, ses plus grandes performances à l’opéra (reconstituées avec Angelina Jolie), en marchant dans un Paris qui n’est pas toujours Paris, un regret que le film n’ait pas été tourné en totalité dans la capitale. La bande-son est évidemment magnifique, avec des extraits de la Callas et, curiosité, pour les scènes du film, la voix d’Angelina Jolie, qui a appris à chanter pour l’occasion, mixée avec celle de la Callas, et ça fonctionne bien. Pablo Larrain déploie une lenteur maîtrisée, une atmosphère stressante et mélancolique, une introspection crue. Une vraie réussite.
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2024
Il faudrait parler de biopic à la Pablo Larraín, tellement la trilogie, qu'il a consacré à Jackie, Diana et Maria, se rejoignent dans une volonté, non de raconter une vie en entier, entreprise vaine s'il en est, mais d'en capter au moins l'essence, de manière impressionniste. Ici, il s'agit de trouver la Callas à l'état pur, au crépuscule de sa vie, rendue confuse par les médicaments et l'érosion de sa voix, esseulée, malheureuse et nostalgique comme l'ont été, peu ou prou, les femmes iconiques que le cinéaste chilien a portraituré dans ses longs métrages passés. La différence entre les trois étant que Maria a été une artiste adulée et que de nombreux flashbacks émaillent donc le film, de sa jeunesse grecque aux triomphes sur scène, en passant par sa romance avec Onassis. L'émotion n'est pas le moteur premier de Maria, certains trouveront sans doute que le récit, malgré son aspect kaléidoscopique, est quelque peu convenu et froid, mais l'intérêt est ailleurs, dans cette esquisse mélancolique et désabusée d'une femme parvenue à la fin de son destin, qui ne peut être qu'amère et flottante, entre réalité et fantasmes. Le choix d'Angelina Jolie pour interpréter la Diva semblait aussi audacieux qu'incongru mais le résultat est plus que probant. Tout comme la décision d'avoir confié à des acteurs aussi talentueux que Alba Rohrwacher et Pierfrancesco Favino des rôles certes en retrait mais cependant indispensables pour donner un peu de chaleur à un film qui en manque objectivement un peu.
FaRem

10 570 abonnés 11 443 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 décembre 2024
Angelina Jolie incarne l'une des plus grandes chanteuses d'opéra de tous les temps lors de ses derniers jours à Paris. Une icône sur le déclin, une chanteuse qui a perdu sa voix, une femme fatiguée qui n'est plus que l'ombre de l'artiste qu'elle était. Des derniers jours délicats pour un dernier "voyage" parfois introspectif avec des flashbacks qui sont sans doute les éléments les plus intéressants du film, mais l'ensemble n'a cependant suscité ni fascination ni émotion chez moi. Il s'agit d'un film élégant réalisé avec beaucoup de respect pour la femme et la chanteuse qu'elle était, mais c'est trop lisse et superficiel à mon goût. C'est peut-être trop à l'image d'Angelina Jolie qui, pour moi, imite, mais n'incarne pas. Pablo Larraín a déclaré qu'on pouvait entendre 1 % comme 50 % de la voix de l'actrice suite au mixage avec celle de Maria Callas, mais au-delà de l'aspect vocal dont je me moque, je n'ai pas cru à ces scènes-là. Il y a un sentiment d'artificialité dérangeant avec une synchronisation labiale douteuse. J'ai plus ressenti de choses en une scène avec la jeune Callas incarnée par Aggelina Papadopoulou que pendant tout le reste du film. Beaucoup de choses peuvent s'expliquer par la période choisie qui est difficile à aborder, mais j'ai trouvé le film trop vide.
François A.
François A.

30 abonnés 223 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 février 2025
Film chef d'œuvre avec une interprétation magnifique de Maria Callas par Angelina Jolie qui est époustouflante. Elle chante avec sa propre voix et surtout on ressent tout de cette diva et, par petites touches successives sa vie nous est révélée comme dans un rêve ou un cauchemar, mais de manière très poétique. Maria a vécu une véritable tragédie grecque qui éclate sur le grand écran grâce à tout le talent de son interprète. C'est poignant. Le son est parfait ! Les images d'archives se mêlent aux séquences tournées, on ne voit absolument pas passer les 2h03 du film. Je pense que ce film marquera définitivement la carrière d'Angelina Jolie et je ne serai pas surpris qu'elle reçoive un Oscar ou un César bien mérité !
Z20041211205515180734471
Z20041211205515180734471

18 abonnés 5 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 février 2025
Vu en avant première aujourd’hui. Pour la 1ere fois de ma vie je suis sorti au milieu du film. Un film lent, histoire de la décadence de Maria Callas qui ne présente aucun intérêt
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2025
Loin des films Marvel ou de Kung Fu Panda, la très belle Angelina Jolie se glisse avec finesse dans le costume de la diva qu’elle incarne avec un infini respect pour son modèle. Même sans connaître la biographie de la Callas, même sans être un spécialiste de l’opéra, il y a beaucoup d’émotion à accompagner la chanteuse dans ses derniers mois à se consumer à Paris entre addiction aux anxiolytiques et solitude désespérée après tant de succès et d’adulation. Les seconds rôles sont tous excellents, les images superbes, notamment l’évocation des triomphes passés sur les plus grandes scènes du monde ou les vues d’un Paris en automne, en écho d’une vie qui déclinait.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 565 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 février 2025
A vu « Maria » de Pablo Larrain réalisateur Chilien qui enchaine les biopics à la vitesse et avec la délicatesse d’un marteau piqueur. Après « Neruda » (l’écrivain Pablo Neruda), « Jackie » (Jackie Kennedy), « Spencer » (Lady Diana-Spencer), « Le Comte » (Pinochet), voici « Maria » sur La Callas qui n’en demandait probablement pas tant. Le scénariste qui ne s’est pas foulé propose le principe éculé de commencer le film spoiler:
par la mort de la Diva pour remonter le temps par d’incessant spoiler:
s flash-backs, tous dans le désordre pour donner un peu de rythme à un film qui lancine entre largo et lento. Ici tout n’est que fausses notes, des décors empesés et théâtraux (le dressing de la chanteuse possède plus de statues que la galerie du Louvre), la reconstitution du Paris des années 70 qui a été tournée en… Hongrie (un Parisien tombe de son fauteuil à chaque scène qui se déroule dans un café, où dans la rue), l’interprétation tout aussi figée que le visage de son actrice principale alors que le traits de Callas étaient si expressifs… Maria Callas (Angelina Jolie) spoiler:
passe son temps à ingurgiter des anti-dépresseurs et des anxiolytiques spoiler:
pendant que son Majordome (Pierfrancesco Favino) et sa Gouvernante (Alba Rochwacher) s’évertuent à lui dire d’aller voir un médecin (Vincent Macaigne). Totalement shootée Callas a des hallucinations et revit son passé. spoiler:
Maria a perdu sa voix, et lorsqu’elle s’exerce dans sa cuisine elle demande son avis à la Gouvernante !!! car bien sur la Diva avait probablement aussi perdu l’ouïe !!! Comme sa bonne lui dit que c’est magnifique, La Callas file en vitesse répéter avec un pianiste qui lui, trouve que son chant est une catastrophe spoiler:
. Ce film a une complaisance malsaine à comparer la voix fatiguée de la chanteuse avec celle de ses heures de gloire en enchainant et superposant sur le même air d’opéra, les deux voix. Les dialogues sont irréalistes (« Je n’ai pas eu d’enfant car mon corps n’a pas voulu faire un autre moi, il a reconnu que j’étais un tigre » !!!) Le film ne nous apprend absolument rien qui n’a déjà été raconté dans la presse… à scandale de l’époque. La Callas est orgueilleuse, jalouse, autoritaire, capricieuse… on en saura guère plus. L’on nous propose des scènes totalement inventées et dérangeantes dont celle de la rencontre entre Maria et spoiler:
John Ford Kennedy dont sa femme Jackie vient de coucher avec Onasiss est le climax spoiler:
. Le film est découpé en 1 prologue, 3 actes et une conclusion spoiler:
où l’on voit La Callas en train de mourir tout en chantant « Vissi d’arte » toutes fenêtres ouvertes dans son salon en chemise de nuit alors que tous les habitants de sa rue …en Hongrie (lol) sont émerveillés. Il ne manquait plus qu’elle se jette par la fenêtre comme Tosca… se défenestrer Rue Georges Mandel dans le 16ème arrondissement et atterrir dans une rue de Budapest… Ca au moins ça aurait eu de la gueule spoiler:
…. A FUIR !!!
Ufuk K

617 abonnés 1 718 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 février 2025
"Maria" qui a reçu des critiques mitigés, en compétition l'an dernier à la Mostra de Venise est un biopic musical convenable. En effet, Pablo Larrain, le cinéaste chilien, conclut sa trilogie sur des grandes femmes avec un portrait de la dernière semaine de Maria Callas, avant sa mort en 1977. La performance d'Angelina Jolie est remarquable, et il est dommage qu'elle n'ait pas été retenue pour les Oscars. J'ai beaucoup aimé les décors, l'univers du film, ainsi que les interprétations scéniques d'Angelina Jolie. En revanche, je suis moins enthousiaste concernant le fond, car l'ensemble paraît assez superficiel et trop classique, presque académique à mon avis
Laurent A.
Laurent A.

59 abonnés 469 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 février 2025
Que l'on aime ou pas l'opéra, on ne peut rester insensible à ce film en forme de biopic qui reprend les moments les plus importants de la diva, sur fond d'un siècle colorisé aux couleurs d'un passé déjà éloigné et pourtant si proche. Le film est construit en quelques épisodes marquants d'une vie, axés sur la dernière semaine de la vie de l'artiste, en une fin d'été parisien baigné de soleil mais déjà empreinte d'une forte nostalgie automnale. L'excellence de l'interprétation est servie par une bande-son somptueuse. Un film pour mieux connaître celle qui a été l'un des plus grands phénomènes lyriques du XXème siècle et qui donnera aussi envie d'écouter / réécouter son œuvre. Un film au bon format pour un grand nom de l'art lyrique et un très beau moment de cinéma.
Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 599 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2025
Divin

Je tiens Pablo Larraín pour un des meilleurs cinéastes sud américains. Je crois avoir vu pratiquement tous ses films depuis 2010 et son étonnant Santiago 73 post mortem, certainement la vision la plus originale et iconoclaste de l’arrivée au pouvoir de la junte de Pinochet. Depuis, il ne m’a jamais déçu. Même s’il a abandonné la face militante et engagée de son cinéma pour se tourner vers le biopic- ces 123 minutes sont le 4ème du genre après Neruda, Jackie et Spencer -, j’aime toujours autant ses films inspirés et virtuoses. La vie de la plus grande chanteuse d’opéra du monde, Maria Callas, lors de ses derniers jours, en 1977, à Paris. Un pur chef d’œuvre consacré à une des plus grandes artistes du 20ème siècle.
Force est de constater que la mode est au biopic. En attendant Bob Dylan, et après Maria Schneider, Pierre Bonnard, Bob Marley, Niki de Saint Phalle, Sarah Bernhardt, c’est donc le tour de la Callas de passer au révélateur de la caméra. Contrairement, aux deux derniers cités, qui réussissaient à parler d’une sculptrice et d’une star du théâtre sans jamais montrer ni sculptures ni une scène de théâtre – un exploit en soit, mais qui nuisait totalement à l’intérêt desdits films -, Pablo Larrain, lui, ne se prive pas – et ne nous prive pas -, de faire de son biopic, un film musical… Et quel régal ! Certes, mettre en images, la dernière semaine de la diva et l’illustrer avec Verdi, Bellini ou Puccini, avouez qu’il y a pire. Ce joyau de mise en scène met en valeur le scénario de Steven Knight – rendu célèbre dans le milieu de la télévision pour avoir créé et scénarisé l'émission Who Wants to Be a Millionaire ?, « Qui Veut Gagner des Millions ? » in french, à la fin des années 1990 – qui réussit, ici, un véritable tour de force : raconter une bonne partie des blessures, des traumatismes vécus par Maria Callas durant son existence, par des retours en arrière d’une finesse rarement atteinte. Même le choix des arias chantés durant ce film ne s’est pas fait au hasard. Car ils interviennent à des moments précis du récit, comme si les tragédies dans lesquelles elle jouait sur scène étaient inextricables de ses propres drames. C’est virtuose et sublime à la fois. Pas un plan n’est anodin, - la photographie de Ed Lachman tient du miracle -, et surtout l’émotion est là, permanente, prégnante, totale. Pablo Larrain est un immense cinéaste. Espérons que cette merveille – qui ne sort sur nos écrans que le 5 février – rencontre son public.
L’autre grande surprise est le choix d’Angelina Jolie pour le rôle titre. Elle est parfaite, d’une sobriété sans nulle autre pareille et autant que faire se peut dans la peau – et même parfois dans les vrais vêtements de la diva -, d’un personnage aussi excentrique que pouvait l’être Callas. De plus, c’est bien elle qui chante, - le réalisateur ne voulait pas de playback sur le tournage -, après 7 mois de cours à adopter une bonne posture, à travailler sa respiration et à maîtriser son accent. Même si sa voix est mixée avec celle de la cantatrice, c’est un véritable exploit, dont elle ne se croyait pas elle-même capable. Auprès d’elle, le couple de majordome et femme de chambre, Pierfrancesco Favino et Alba Rohrwacher, - méconnaissable-, sont bouleversants. Certainement, à la fois, le plus beau biopic que j’ai vu et une des très grands films de ce début d’année. Quand on pense que Pablo Larrain était en compétition à Venise, qu’il revient bredouille et que c’est Almodovar qui a été primé ???
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 janvier 2025
Conclusion de sa trilogie sur les femmes de pouvoir, Pablo Larraín m'a finalement conquis avec ce Maria centré sur les derniers jours de vie de la Callas. La cantatrice de légende est ici incarnée par une Angelina Jolie absolument magnétique et bouleversante, constamment dans la nuance à chaque photogramme de cette splendeur visuelle (le Paris d'époque semble tout droit sorti des travaux de Gordon Willis via ces teintes ocres douceâtres).
Pourtant, les fulgurances sont loindres que dans Jackie ou Spencer, mais en abandonnant le maniérisme ou les saillies hallucinatoires de ces derniers, le réalisqteur et Steven Knight reserrent le récit pour quelque chose de plus émouvant. Un requiem funèbre ou la solitude du personnage se fait se télescoper ses souvenirs d'enfance, ceux d'une romance toxique et une extinction de voix synonyme de trépas.
Là encore les ingrédients dramaturgiques de Maria ne surprennent pas, mais Angelina Jolie porte le tout (c'est bien elle qui chante dans l'ultime segment) avec une grâce et un talent tel (sans conteste la meilleure performance de sa carrière) qu'on ne peut qu'être cueilli par la douleur véhiculée par son personnage.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2025
En se concentrant sur les derniers jours de la Callas, Pablo Larrain poursuit son exploration de la psyché de grands personnages féminins, après Jackie Kennedy et Lady Diana, en évitant toujours soigneusement les pièges grossiers du biopic.

Son style opératique, toujours d'un goût très sûr et magnant avec élégance l'emphase aussi bien que la litote, trouve ici l'occasion de s'exprimer avec justesse. Nous sommes littéralement dans la tête de Maria, avons avec elle d'étranges visions, revivons quelques moments clés de sa vie et ressentons cette dissociation progressive de l'esprit, du corps et de la voix.

Angelina Jolie est époustouflante d'élégance, Pierfrancesco Favino et Alba Rohrwacher sont formidables en domestiques souffre-douleurs énamourés de leur maîtresse, il faut dire captivante.

Le film possède certes un caractère un peu artificiel et compassé, mais ce style se marrie très bien au sujet, transformant l'agonie lente de la star en une sorte de marche funèbre d'une grande beauté : on appréciera l'exercice si on se laisse griser par les relents capiteux de la mort qui approche pour s'emparer d'une beauté déjà en partie disparue.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 403 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 février 2025
Portée par une direction artistique de haute tenue, le chilien Pablo Larrain aborde la vie de la soprano Maria Callas entrée dans la légende de son vivant.

Ce que nous montre avant tout le cinéaste, c'est que la réussite sociale, artistique, la renommée, ne pèsent pas grand chose ( pour ne pas dire rien) tant que le ou les traumas qu'a vécus un individu n'ont pas été résolus.

Certains épisodes suggérés lors de scènes en noir et blanc, ou des bribes de dialogues distillés ici ou là seront des pistes pour tenter de comprendre le mal être de cette artiste prodigieuse.

Il y a certes quelques moments où la partition musicale prend le dessus, mais l'axe directeur choisi par Larrain ( l'instrospection - certes parcellaire - de son personnage) place finalement" Maria" dans un autre registre que celui du biopic musical.

Il faut (selon moi) une bonne dizaine de minutes avant que le scénario ne se mette en place.

Il y a aussi quelques scènes pas très passionnantes c'est vrai, mais ce qui ressort de "Maria", au plan existentiel et de choix de vie, justifie largement sa vision. Au fond, Callas déesse du bel canto, était aussi quelqu'un comme tout le monde.
Aurélie Dutrey
Aurélie Dutrey

12 abonnés 33 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 décembre 2024
"Maria" de Pablo Larraín : pas convaincue du tout, visuellement magnifique, mais ennuyeux et sans émotion, décevant.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 février 2025
Loin du biopic, Maria est une incantation, un chant du cygne sublimé par l’image et la voix. Le film ne cherche pas à raconter la vie de Maria Callas, mais à en ressusciter l’ombre, à en capturer le frémissement ultime, ce moment où le corps vacille sous le poids du passé, où la voix n’est plus qu’un écho de sa propre splendeur.

Angelina Jolie habite le rôle avec une intensité rare. Elle n’imite pas la diva, elle l’incarne, la devine dans ses silences, dans ses colères, dans cet abîme d’orgueil blessé qui la consume. Ici, la Callas n’est plus la prêtresse infaillible qu’elle fût sur scène, mais une femme en exil d’elle-même, enfermée dans le luxe glacé de son appartement parisien, fuyant un monde qui ne la comprend plus. Son regard, perdu dans des souvenirs délabrés, dit tout du paradoxe de son existence : une icône vénérée, et pourtant plus seule que jamais.

La mise en scène est somptueuse, opposant la grandeur d’autrefois à la déchéance du présent, entre éclats d’or et lumières crues. Les scènes d’opéra, filmées avec maestria, sont des fragments de gloire que la Callas convoque dans sa mémoire, comme pour en conjurer la disparition. La prouesse du film tient aussi dans ce travail sonore audacieux : la voix de la cantatrice se mêle à celle de l’actrice dans une fusion inédite, troublante, où réalité et illusion s’effleurent dans un ultime aria.

« Maria » est un voyage au cœur du crépuscule, une élégie somptueuse où l’icône s’efface peu à peu derrière la femme, où la voix s’éteint doucement, emportant avec elle un pan de l’éternité.
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