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Olivier Barlet
294 abonnés
394 critiques
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4,0
Publiée le 2 mai 2023
Une esthétique d’une grande beauté qui lui a valu le prix Paulin Vieyra de la critique africaine de cinéma . Essentiellement basé sur des plans fixes où l’action se déroule parfois à distance, l’inscrivant dans son environnement, le film met en scène Mahmoud, un Algérois désabusé, qui va faire une pause dans le village de son enfance. Il est confronté aux fixations traditionnelles et au rejet de son frère Koukou que l’on considère comme fou. Prenant sa défense, il se met à son écoute et découvre un rapport à la nature et aux femmes qu’il n’avait pas encore valorisé. Les paysages sont magnifiés dès les premiers plans, quant aux femmes, Omar Belkacemi en multiplie les portraits mais aussi l’humour, Mahmoud se confrontant de plus en plus aux valeurs traditionnelles rudement défendues par les hommes du village. Ce sont clairement elles qui travaillent le plus, sans plainte, dans l’abnégation, à l’image de la mère de Mahmoud, mais quand elles chantent et dansent, tout le monde est fasciné. . Il exprime à Koukou sa philosophie : ces énonciations alourdissent cependant le film qui devient vite didactique. A cela s’ajoute la condamnation des hommes dans une dualité sans nuances, ce qui finit par limiter la portée de cet appel.
Présenté au Cinemed 2021, Rêve de l'algérien Omar Belkacemi n'était pas encore référencé sur IMDB, le réalisateur n'apparaissant que pour son court-métrage La vague, qui date de 2015. C'est donc une avant-première mondiale à laquelle a assisté le public du festival de Montpellier. Même s'il appartient à la fiction, le film se situe à un carrefour entre documentaire, essai philosophique sur la liberté et élégie de la nature. Situé dans un petit village de montagne, Rêve s'attache à un personnage de "fou" ou étiqueté tel par les hommes de la communauté qui le trouvent trop "différent" tandis que son frère, professeur de philosophie à Alger, essaie de plaider sa cause. La narration est très lâche, ayant du mal à convaincre, s'évadant sans cesse d'un récit que le réalisateur a voulu diffus et ouvert à une liberté de ton, certes appréciable, mais qui détourne l'attention, alors même que certaines scènes fortes spoiler: (un suicide) ne débouchent sur rien d'autre. Cette balade en altitude, loin d'être désagréable, ne parvient cependant pas à devenir mémorable.
Au cœur de la Kabylie, Omar Belkacemi, réalisateur de la fiction "Argu" (« rêve »), nous transporte dans son univers. Une Kabylie belle par son esthétique, ses paysages panoramiques impénétrables mêlés aux couleurs vives des tenues amazighes. Une Kabylie intense par ses danses et chants traditionnels, par sa poésie chargée d'émotions. Une Kabylie profonde par ses silences, ses regards opposés et opprimés. Une Kabylie rebelle par sa culture millénaire en résistance et son désir de liberté "La vie sans poésie est une mort lente", telle est sa devise. Bravo à ce réalisateur-poète algérien très prometteur ! A voir absolument