Erica Shaw, une documentariste ayant eu son heure de gloire, est engagée par la fille du millionnaire Campbell Bradford pour réaliser un film sur lui. Or il s'avère très vite que ce vieil homme mourant traîne un sombre et mystérieux passé...
Réalisé par Paul Shoulberg, "So cold the river" (2022) est une adaptation du roman éponyme de Michael Koryta. Visuellement superbe, ce thriller fantastique bénéficie d'une réalisation magistrale et d'une intrigue captivante en forme de puzzle. Dès la première scène, le film baigne dans une atmosphère étrange et inquiétante que renforce l'ensorcelante musique d'Ariel Marx. L'une des plus somptueuses BO du ciné actuel. L'interprétation est également haut de gamme, tant en ce qui concerne les principaux personnages (Bethany Joy Lenz, Andrew James West et Katie Sarife) que les seconds rôles (Deanna Duragan et Kevin Cahoon). La présence obsédante de la bouteille d'eau sulfureuse a déconcerté certains spectateurs. Un peu comme dans une toile de Magritte, il s'agit d'un symbole poétique en apparence incongru mais en réalité plein de sens. Le soufre de cette eau thermale symbolise en effet la perversion morale de certains personnages [spoiler]à commencer par Erica Shaw elle-même[spoiler]. "So cold the river" est une splendeur, et je suis frappé par l'accueil glacial qui lui a été réservé _ tandis que d'innombrables navets sont encensés. Les rares belles œuvres du cinéma contemporain sont souvent ignorées par la critique et le grand public : c'est tout particulièrement le cas ici. "La vraie beauté est si particulière, si nouvelle, qu'on ne la reconnaît pas pour la beauté" écrivait Marcel Proust...Tant sur le plan esthétique que narratif, un grand film comptant parmi les plus sous-côtés de ces deux dernières décennies.
NB : une partie de cette critique a été plagiée, presque mot pour mot, par un compte de Sens Critique. L'originale est celle-ci.