Un peu lent parfois, ce film dans la forme, a cheval entre psychose et a history of violence est tout de même un très bon film à voir au moins pour l'interprétation de l'acteur principal.
Il y a quelques Cronenberg qui n'atteignent pas ma sensibilité. "Spider" en fait partie. Bien qu'extrêmement bien réalisé, interprété et la superbe musique d'Howard Shore au diapason, cette histoire aussi tordue que le personnage de Ralph Fiennes n'a vraiment rien d'extraordinaire...
Une bonne "étude psychologique" du personnage principal doublé d'un drame touchant. Admirablement joué par les acteurs, le film immerge rapidement le spectateur dans l'univers des souvenirs de Spider. Admirable.
Cronenberg est franchement un réalisateur qui me surprendra toujours (en bien comme en mal). Là, pour l’occasion, il abandonne la chair pour se plonger dans les méandres de l’esprit. Tout ça se combine sobrement dans des décors remarquables. Le cheminement est presque lynchéen. En tout cas, pour moi, l’expérience a été totale. Génial…
Un film déroutant, déstabilisant, limite malsain, à voir au moins deux fois pour capter dans leur intégralité chaque niveau de lecture. La collaboration Cronenberg/Fiennes est magistrale de toutes pièces.
De nombreux atouts majeurs font de Spider une oeuvre sublime et inclassable. Tout d'abord, le scénario est très bien écrit, tortueux tout en étant admirablement simple, et pleinement intéressant. Il consiste en une profonde introspection, en l'analyse méticuleuse de l'enfance de "Spider" Cleg, afin de discerner les raisons de son internement en asile psychiatrique. Ensuite, Spider est un film d'atmosphère. Le rythme lent, langoureux, lancinant, confère à l'oeuvre une ambiance très particulière, mystérieuse et pesante. Puis il faut mettre en exergue une réalisation architecturale grandiose. Les plans sont extrêmement travaillés et magnifiques, et la photographie est tout simplement sublime. On peut également signaler les très belles mélodies environnantes. Enfin, l'interprétation est impeccable. Ralph Fiennes livre une composition édifiante d'un homme torturé par son passé et de fait incapable de vivre normalement. La résolution de l'énigme va peut-être enfin l'aider à panser ses plaies et à avancer. Son regard halluciné est remarquable, et sa présence est impressionnante. Il est prodigieux, et sa prestation est pour ma part à oscar. Spider m'a véritablement bluffé par sa singularité, son incroyable capacité à se détourner inexorablement des sentiers battus, de tous les films sans âme et formatés que l'on a l'habitude de voir. David Kronenberg aidé de sa virtuosité coutumière livre une plongée psychologique, freudienne, vertigineuse et ébouriffante au coeur de la folie, des affres et tourments de l'âme humaine. Une oeuvre expérimentale glaciale, intense et déroutante.
Un film soigné , bien interprété , l'atmosphère est bien rendue . Pourtant la sauce ne prend pas ,probablement à cause de l'insistance porté à la maladie donnant des lenteurs épouvantables .
Qu'est-ce que c'est chiant... mais alors qu'est que c'est chiant ! Dès la 5e minute du film, on sent que les 93 vont passer très très très lentement........ A voir peut-ètre pour les fans du réalisateur, mais moi je n'ai pas accroché.
Au début je trouvais ça un peu mou, puis passé la première demi heure, j'ai été captivé par l'écran, Cronenberg signe une oeuvre malsaine (comme à son habitude), délirante, belle, et surtout avec un Ralph Fiennes magnifique.
Un Cronenberg qui rompt avec ses obsessions et style habituels : pas de mutations corporelles, pas d'effets spéciaux. On est plongé dans un univers délirant au sens clinique du terme dont la vérité ne se révèle qu'à la fin. Reste le mystère insondable d'un complexe d'Oedipe déréglé. La réalisation est aussi peu spectaculaire que possible, l'ambiance est surtout créée par le rythme, la lumière, la couleur. Une scène où Spider se voit enfant allongé sur la terre sensée recouvrir sa mère est aussi troublante que morbide. Le final donne une impression de glissement régressif. C'est dense, passionnant.
La première fois que je l'ai vu, je me suis fait chier façon Arte quand ils passent un documentaire sur l'élevage de Yaks au Népal. Tout se déroule très lentement, la musique oppresse, Ralph Fiennes fait peur avec ses attitudes de psychopathe. Mais la fin du film, là où tout s'éclaire, imposait un second visionnage. Je l'ai fait, un peu contraint et forcé par ma saleté de bonne conscience cinéphile. Et là, je me suis régalé à repérer les différents passages du film dans lesquels la réponse est livrée. Tout à coup, la musique m'a semblé extrêmement bien choisie pour le film, j'ai élevé Ralph Fiennes au rang de grand acteur, j'ai même failli applaudir, ce que je n'ai pas fait pour ne pas paraître ridicule. Bilan donc : il faut le voir plus d'une fois et lire à côté les interprétations qui ont été faites, afin d'apprécier pleinement ce chef d'oeuvre. Bravo monsieur Cronenberg.
Après les arcanes du corps, Cronenberg s'essaie avec succès à explorer les méandres de l'esprit humain. En contant l'histoire de Spider, atteint de folie après une expérience traumatisante durant son enfance, le metteur en scène canadien signe une de ses plus belles mise en scène. Isolé dans un quartier londonien où tout part en lambeau (l'usine à gaz voisine, les bâtiments, l'esprit des protagonistes), Spider va explorer son passé dans un environnement chaotique et métallique qui rappelle l'imperméabilité de son esprit. Ralph Fiennes interprète avec une retenue exemplaire cet homme perdu. Quant au traitement du récit, Cronenberg utilise les ressorts classiques de sa filmographie (gémellité, impuissance face à des forces inexplicables) mais aussi les clichés d'Hollywood de l'époque, étonnant pour un film qui fut si difficile à financer. A base de twist et d'enquête, l'histoire révèle en fait la tragédie d'un homme qui devient fou de jalousie contre son père et refuse de voir sa mère devenir sexuée. Grand film psychanalytique et anti-spectaculaire au possible, c'est à nouveau à l'intelligence du spectateur que Cronenberg fait du pied, avec un talent toujours aussi impressionnant.