On retrouve ici toute la sensibilité dont fait souvent preuve Rachid Bouchareb, son amour pour les personnages, les relations humaines complexes et souvent fragiles... Œuvre sereine et posée, « Little Senegal » commence comme une quête et une réflexion sur le passé du héros (élément imprégnant le film du début à la fin) pour ensuite se diriger vers une sorte de « comédie » dramatique, ce qui est beaucoup dû à la vigueur des dialogues, la répartie dont font preuve plusieurs personnages et cette volonté chez Bouchareb d'avoir toujours un regard nuancé sur chacun de ces protagonistes. Loin du simple plaidoyer antiraciste, le futur auteur d' « Indigènes » montre au contraire une vision à contre-courant, à l'image de noirs américains installés depuis longtemps et montrant une réelle indifférence, si ce n'est un profond mépris quant aux noirs africains venus les « envahir »... Après, c'est un rythme particulier : lent, calme, où il se passe beaucoup et peu de choses à la fois. À défaut d'être captivant, voilà donc un film subtil, touchant et parfois profondément mélancolique, une vision personnelle et originale d'une certaine Amérique et de ses immigrés : à découvrir.
Le sujet est vraiment très intéressant mais je pense qu'il aurait pu être traité différemment et avec plus dynamisme.
Je n'ai pas compris l'acharnement du vieil homme a vouloir forcer la jeune maman à garder le bébé dont elle ne voulait pas et qui repart tranquillement chez lui en Afrique... abandonnant le marmot dans les bras d'une femme qui ne veut pas de lui et qui lui fera probablement payer toute sa vie... ... choc des cultures...
L'acteur principal, Sotigui Kouyaté qui nous a quitté en avril 2010, est d'une justesse remarquable !!
Le film est intéressant car sur un sujet peu traité, à savoir, la filiation entre Afro-Américains et Africains. Le fil conducteur est le voyage qu’entreprend Alloune [Sotigui KOUYATÉ (1936-2010), acteur Malien et comédien fétiche de Peter Brook (1925-2022), notamment dans « Le Mahâbhâratâ » (1988) et âgé alors de 65 ans], vieux guide du musée « La maison des esclaves » sur l’île de Gorée, au large de Dakar, et d’où partaient les esclaves pour les Etats-Unis (même si son rôle a été surestimé car seuls 4 % des esclaves sont partis de Gorée, la majorité provenant de ports du Bénin, du Togo, du Nigéria, du Congo et d’Angola).spoiler: Il part à la recherche de son ancêtre, emmené dans une plantation de Caroline du Sud (arrivée des esclaves dans l’île Sullivan, en face de Charleston) où il prend le nom de son propriétaire, Robinson. Alloune suit ses descendants jusqu’à New York où il retrouve Ida, veuve vivant dans le quartier africain (d’où le titre) d’Harlem et qui tient une boutique de souvenirs et de journaux. On y découvre, outre la difficulté à vivre des Afro-Américains (petits boulots, logements médiocres, mariage de complaisance), le mépris qu’ils ont pour leurs « cousins » africains. Le personnage de Karim (Roschdy ZEM, 36 ans, 1ère collaboration sur quatre avec le réalisateur) n’était pas indispensable. Le film relève plus du conte car pas toujours réaliste (quid du financement du voyage d’Alloune aux Etats-Unis, obtention de son visa, spoiler: rapatriement du corps du neveu Hassan au Sénégal ?).
Voilà un film que j'ai beaucoup apprécié mais dont la conclusion m'a laissé un gout amer. En effet, et en essayant de ne pas dévoiler l'histoire, j'ai trouvé la scène avec le bébé à la maternité plus que discutable. Pourquoi forcer une mère à accepter son enfant quitte à ce que ce dernier en assume les conséquences toute sa vie? (à moins de suivre une pseudo morale religieuse à 2 balles) J'ai bien compris que le papy réagissait en fonction des codes et des valeurs de la famille africaine et que ces dernières n'étaient pas du tout adaptées à la société américaine mais reste que le gamin se retrouve avec une mère qui ne veut pas de lui et que le papy, une fois le mal fait, retourne à sa vie en afrique. Bref, je n'adhère pas du tout d'où ma note sévère pour un film par ailleurs plutôt réussi.
Un film intéressant qui témoigne du manque de considération de la communauté africaine en Amérique et qui retrace la quête d'un homme à retrouver ses racines.Il aurait fallu plus d'enthousiasme de la part des acteurs et davantage de rythme pour donner du poids à ce film sur l'esclavage qui reste trop anonyme.
Je suis tombé ce matin sur de vieux tickets de cinéma rangés dans une vieille boite, et j'ai retrouvé celui de Little Sénégal, vu en 2001. Je me souviens parfaitement de ce film, et de la personne au guichet du cinéma, toute étonnée de voir arriver un jeune ado de 15 ans, et me disant : "Tu t'es trompé de film, Yamakasi c'est la séance d'après!". Mais non je voulais bien voir ce film, et quel film ! Même si les acteurs ne sont pas vraiment exceptionnels, l'histoire est très émouvante ... Un très beau long métrage sur la recherche de ses origines, un sujet malheureusement trop peu traité ... A voir, et à revoir. D'ailleurs c'est ce que je vais faire, et ce dès demain !!
Un film nécessaire! Il y a des oeuvres filmiques qui, le temps de la durée d´un long métrage, problématisent avec tant de justesse l´expérience diasporique au jour d´aujourd´hui que ne l´auraient deux traités d´histoire sur le même thème! Le film de Rachid est intelligent et subtil de par son travail soigné dans la mise en scène. J´ai aimé ce basculement du personnage du long plan de la lucarne de la forteresse de Gorée en Terre d´Amérique. L´ellipse de la mythique figure de la traversée atlantique dans l´autre sens n´en reste pas moins exprimée. On suit, comme un complice, le personnage dans sa quête de "parents" lointains; sa naïveté est tout aussi attendrissante qu´intrigante tout au long du film. Beau film!
Kouyaté est admirable et d'une grande justesse dans ce film qui met en scène un Africain à la recherche de ses racines. C'est un scénario riche. Le racisme entre les afro-américains et les africains est bien représenté. Le film est authentique, car les gens qu'Alloune rencontre, dans la première partie en Afrique, puis dans les plantations, les musées et les bibliothèques aux USA ne sont pas des acteurs. L'histoire retrace le fabuleux destin d'un peuple déraciné, car on a toujours profité d'eux. Le film retrace la reconstruction d'une famille éclatée et évoque un espoir de vie entre deux peuples. Les acteurs sont d'une très grande justesse dans leur interprétation. Hassan et Biram, même s'ils ne sont pas de vrais acteurs, laissent percevoir dans certains passages du film une révolte et une sensibilité sur l'esclavage moderne.