Le Dernier Assaut en français est un représentant de la Vietnamploitation signé de ce bon vieux Trenchard-Smith qui, lorsqu’il s’en donne les moyens n’est pas nul, et il le prouve avec ce métrage d’action/guerre qui profite de son indépendance pour proposer un spectacle ultra-violent et radical. Le film surprend en effet par son ultra-violence totalement décomplexé qui laissera sans doute médusé tant ça fleure le gore version Umberto Lenzi ou Ruggero Deodato. Les effets sont franchement réussis par ailleurs. Trenchard-Smith ne fait pas dans la dentelle, assumant également un scénario dramatique, où la guerre est poisseuse, sale, sans état d’âme. Il n’y a pas de place pour ça, et le film assume ça jusqu’à la fin dans un spectacle formel étonnamment maitrisé. Tourné en Philippines dans une zone alors réellement dans un état de quasi guerre civile, le film emprunte les figurants à l’un des belligérants et les hélicoptères à l’autre ! Sans blague. Le film dispose donc d’une figuration de grosse production et de moyens militaires dignes d’un Rambo 3. Ca explose à tout va, ça fusille, tout fait crédibles et poussiéreux, et pour cause, quelques heures avant de venir sur le tournage les hélico tiraient réellement sur les guérilleros communistes pas loin ! La mise en scène de Trenchard-Smith est excellente et le film est viscéral, avec son scénario en mode forteresse assiégée. Simple mais très efficace, le récit est un classique du genre et distille toutes les scènes plus ou moins attendues, mais ça roule comme sur des roulettes avec un rythme aux petits oignons et des scènes d’action qui s’enchainent avec fluidité. Une touche d’émotion, un ton grave et dramatique, et le tout est emballé. Alors oui, on reste dans du cinéma d’exploitation, ce qui se sent clairement dans un paquet de scènes caricaturales, voire un peu grotesques (vers la fin un truc dramatique n’a pas pu m’empêcher de rire quand même !). Mais enfin, ça passe.
Le casting est parfaitement choisi pour le métrage. Ermey revient au Vietnam comme acteur et conseiller sur le film et il tient parfaitement son rôle face à un Wings Hauser qui néanmoins lui vole la vedette et s’impose dans le rôle le plus intéressant du film. Il est au confluent des ambiguités du soldat et incarne le côté absurde de cette guerre. Le reste du casting accumule les « gueules » parfaitement adéquates dans un métrage de ce genre, avec des personnages plus (et souvent moins) subtils, et même la femme du réalisateur en infirmière !
Franchement, si vous aimez le cinéma d’action bourrin, voilà un film fait pour vous. Injustement méconnu par rapport aux Chucknorrisseries douteuses, c’est un film d’action aux limites du cinéma d’horreur, qui conjugue de gros moyens à des ambitions de pure série B. Comme souvent, ça donne du fun en barre, et franchement, tout ici est très fun, tout en restant, il faut le reconnaître, assez simpliste, excessif et caricatural à plusieurs égards. 4