Presqu’à la hauteur! J’attendais pas mal mine de rien ce spin-off à la quadrilogie! La série « Le Continental » de 2023 était sympathique, bien foutue mais assez oubliable. Pour ce « De l’univers de John Wick: Ballerina » (parce que oui c’est bien ça le vrai titre), j’ai passé un super moment! C’est un divertissement d’action globalement maitrisé, qui se moque pas de son spectateur, et qui reste fidèle à l’univers auquel il appartient.
D’abord, en tant que fan de la licence, j’avais des craintes, notamment parce que l’équipe technique ici est très différente comparé à celle des films précédents. Mais « Ballerina » arrive totalement à s’inscrire dans la continuité des « John Wick ». On retrouve tous les ingrédients qui font la personnalité de la saga d’action: l’ambiance, le ton, un très léger humour ou encore la musique. De plus, l’histoire nous fait un minimum voyager, et les décors où se passent l’action sont variés. Mais ce qui fait surtout que les « John Wick » arrivent à se détacher des autres métrages du genre, c’est son esthétique. Et « Ballerina » ne déroge pas à la règle. Visuellement, tout fait un minimum soigné. On retrouve une mise en scène moins inspirée certes, mais semblable à ce qu’on a connu avec la quadrilogie. L’utilisation des jeux de lumière fonctionne à nouveau très bien. On pardonnera quelques rares plans avec des effets numériques pas bien beaux. L’oeuvre a le mérite d’avoir une identité visuelle. Du côté des combats eux-mêmes, le spin-off parvient à proposer des chorégraphies impressionnantes. L’action est vraiment spectaculaire. On le constate dès les premières minutes avec une introduction classique narrativement mais efficace et directement rassurante. Il y a des bonnes idées pour mettre en scène les combats, avec par exemple l’utilisation d’armes inédites pour la franchise (lance-flammes, des patins à glace ou un lot de grenades)! Certaines morts vont d’ailleurs être poussées jusqu’au bout, et on peut être satisfait du côté intense, violent, sanglant et explosif de ce nouveau volet. Chad Stahelski, le papa derrière la caméra des 4 premiers opus, est venu à la rescousse pour tourner quelques scènes d’action supplémentaires. La sortie du film a alors été repoussé d’un an, mais on imagine clairement que le rendu final a gagné en qualité. J’ajoute qu’il m’a semblé que les combats sont de plus en plus jouissifs et mémorables en avançant dans le film.
On retrouve également une histoire simple, qui suit donc les origines, l’entrainement puis la vengeance du personnage de Ana de Armas. Les événements racontés se déroulent entre ceux de « Parabellum » et « Chapitre 4 ». On suit plus un « John Wick » pour sa forme que par son fond, mais j’aurais apprécié qu’on en apprenne plus sur l’univers et le lore de la licence. Ce qui est lié à la Ruska Roma est assez vite expédié je trouve, et c’est dommage. En outre, niveau scénario, on peut distinguer des maladresses dans l’écriture, qui fait alors plutôt faignante.
Ana de Armas, qui s’était déjà fait remarquer dans le dernier « 007 », est badass et convaincante. La mignonne cubaine a connu un entrainement physique intensif comme Keanu Reeves dans son temps. On sent facilement que c’est bien elle qui a réalisé la plupart des cascades. J’aurais aimé cela dit plus de richesse dans le développement psychologique de l’héroïne, mais ils ont bien assumé que c’est son film à elle, et la protagoniste constitue une belle réussite du métrage. Le fait que ce soit une jeune femme a beaucoup d’intérêt. Ça change clairement d’un Monsieur Wick de 1m90, qui paraissait de plus en plus invincible au fur et à mesure des opus. Ici, Eve Macarro va compenser son petit gabarit par son sang froid, sa brutalité et son ingéniosité à se servir de ce qui peut être des armes. C’est ainsi intéressant à suivre et plutôt bienvenu pour suivre la franchise d’un autre oeil. Pour poursuivre sur les personnages, j’ai été déçu du traitement de celui porté par Norman Reedus (l'inoubliable Daryl Dixon). Son charisme n’a pas suffi à le rendre marquant, tant son temps à l’écran est trop court. Espérons le revoir dans une éventuelle suite. On a aussi le retour de Ian McShane et de Lance Reddick pour des connexions plaisantes avec les autres volets. Reddick fait ici sa dernière apparition en tant qu’acteur. Il nous avait en effet quitté en Mars 2023, ce qui nous fait bien dire que « Ballerina » a été grandement repoussé. Keanu Reeves, quand à lui, a un véritable rôle secondaire, et ça a été un soulagement. Il n’est pas sur l’affiche juste pour attirer les spectateurs. Le Baba Yaga apporte sa touche de grand kiffe. Il intervient surtout pour le climax, et, sans surprise, il vole la vedette.
Bref, c’est le moins bon des 5 films, mais ce premier spin-off est tout à fait honorable. J’attends de voir les prochains. Une oeuvre sur le personnage de Donnie Yen, par exemple, serait en préparation. Nous verrons bien. Le cinquième chapitre à la saga mère devrait aussi arriver. Mes attentes restent légèrement à la baisse par rapport aux films de la quadrilogie qui resteront à jamais les meilleurs je crois bien. « Ballerina » est un film d’action généreux, qui fait plaisir, et que je recommande facilement.