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    Buñuel après l’âge d’or
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    3,8
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    poet75
    poet75

    273 abonnés 703 critiques Suivre son activité

    4,0
    Publiée le 24 juin 2019
    Adaptation d’un roman graphique de Fermin Solis paru en 2011, ce long-métrage traite d’un sujet pour le moins inattendu dans un film d’animation puisqu’il y est question d’un épisode bien réel du parcours artistique du cinéaste Luis Buñuel. Après avoir réalisé un court-métrage (« Un chien andalou » en 1929) puis son premier long-métrage (« L’Âge d’Or » en 1930), ce dernier se retrouve non seulement ruiné mais dans l’impossibilité de poursuivre son travail de cinéaste. En effet, après le scandale provoqué par « L’Âge d’Or », film anti-bourgeois et violemment anticlérical (on peut d’ailleurs noter, me semble-t-il, la pertinence de cet anticléricalisme qui ne faisait que fustiger à bon escient ce contre quoi s’élève le pape François aujourd’hui, autrement dit précisément le cléricalisme et ses dérives ainsi que l’hypocrisie d’un nombre non négligeable de clercs), après ce film qui a déclenché les foudres du Vatican, toutes les portes se ferment pour le cinéaste.
    Abattu, Buñuel part rejoindre un de ses amis, le sculpteur anarchiste Rámon Acín, tout en projetant de filmer un documentaire dans les Hurdes, la région la plus misérable de l’Espagne d’alors. Mais, sans aucun moyen financier, le projet a peu de chance d’aboutir. C’est alors que survient le plus improbable des miracles. Acín achète un billet à la loterie tout en promettant au cinéaste que, s’il gagne, il fera don de la somme entière pour la réalisation du film. Or, aussi incroyable que cela puisse paraître, le billet est gagnant.
    Avec le concours du poète Pierre Unik et du photographe Eli Lotar qui les rejoignent sur place, Buñuel et Acín entreprennent donc de filmer la vie pitoyable des habitants des Hurdes. La réalisation n’est pas de tout repos, on s’en doute, dans un tel contexte. Buñuel semble avoir tourné la page des deux films surréalistes qui l’avaient rendu célèbre, mais ce n’est qu’en apparence et, à la moindre occasion, l’artiste provocateur reprend le dessus. C’est le cas quand il décide de tourner des scènes en habit de nonne ( !) ou lorsqu’il filme l’agonie d’un âne piqué par des milliers d’abeilles. Peut-être n’y a-t-il là, d’ailleurs, qu’une manière de se protéger, en quelque sorte, en détournant le regard, des conditions épouvantables dans lesquels vivent ou survivent les habitants des Hurdes.
    Pour raconter la genèse du film qui prendra pour titre français « Terre sans pain », Salvador Simò a conçu et réalisé un long-métrage qui, certes, ne brille pas spécialement par la qualité des dessins et des animations, mais qui passionne littéralement par la subtilité de son scénario. Au récit linéaire de la fabrication de « Terre sans pain », des difficultés rencontrées par l’équipe, au point qu’une brouille en vient à séparer, pour un temps, les amis avant qu’ils ne se réconcilient, le réalisateur a habilement adjoint quelques-unes des scènes réelles tourné dans les Hurdes, mais aussi quelques flashbacks ainsi que quelques rêves ou, plutôt, cauchemars. Buñuel est un homme hanté par des figures tutélaires, celle de son propre père mais aussi celle de Salvador Dali (dont il ne veut pas entendre parler) et c’est aussi un homme qui, sous une apparence rude, laisse entrevoir des fragilités (ainsi son étrange phobie des poules et des coqs) !
    Nul besoin d’être un admirateur ni un grand connaisseur de l’œuvre de Buñuel pour apprécier ce film d’animation, il suffit de se laisser toucher par l’histoire d’une obstination artistique, par celle d’une amitié qui se relève de toutes les épreuves et par l’épouvantable misère qui était le triste lot des habitants des Hurdes en 1930.
    Yves G.
    Yves G.

    1 488 abonnés 3 503 critiques Suivre son activité

    2,5
    Publiée le 23 juin 2019
    Après le scandale provoqué par son film "L’Âge d’or", interdit par la censure, le jeune réalisateur Luis Buñuel se retrouve ruiné et déprimé. Un coup de chance lui offre une opportunité : son ami le producteur Ramón Acín gagne à la loterie une somme qui lui permet de financer un nouveau film.
    Il s’agira d’un documentaire tourné dans une région reculée de l’Estrémadure.

    Tiré du roman graphique de Fermín Solís, "Buñuel dans le labyrinthe des tortues", le film de Salvador Simó inaugure un genre : le making-of d’un documentaire en dessin animé.
    Pourquoi pas ? On voit depuis quelques années l’animation, comme le montre la richesse de la programmation du festival d’Annecy qui vient de se conclure, envahir tous les genres. Le temps n’est plus où elle se cantonnait aux comptines trop sucrées pour enfants. L’animation raconte des histoires aux adultes. Elle constitue désormais un sous-genre du documentaire historique. En témoignent des œuvres telles que "Funan" sur le génocide cambodgien, "Another Day of Life" sur la guerre d’indépendance de l’Angola ou "Adama" sur les tirailleurs sénégalais enrôlés durant la Première Guerre mondiale.

    Buñuel après l’âge d’or évoque une page méconnue de la vie et de l’œuvre de Luis Buñuel. Le réalisateur espagnol, expatrié à Paris, n’a pas trente ans. Il fréquente André Breton et Salvador Dali. Il vient de tourner "Un chien andalou" et "L’Âge d’or", deux œuvres profondément subversives qui marqueront l’histoire du surréalisme, mais qui souffrent d’être déconnectées du réel. Le documentaire "Terre sans" pain marque une rupture dans sa carrière. Pour la première fois, Buñuel se coltine avec le réel – même si, comme le montre le film, il n’hésite pas à le re-fabriquer. Indirectement politique, son cinéma le devient directement.

    "Terre sans pain" est un témoignage anthropologique – qui n’est pas sans rappeler dans cette veine "Nanouk l’Esquimau" de Robert Flaherty tourné dix ans plus tôt. Le dessin animé nous en montre les séquences les plus emblématiques. On y découvre des populations misérables, arriérées. Le documentaire de Buñuel n’était pas tendre avec les animaux : on y voyait un coq étêté, une chèvre précipitée du haut d’une falaise, un âne agonisant sous la piqûre d’un essaim d’abeilles. Le dessin animé, quatre-vingt dix ans plus tard, a l’audace de braver les oukases de la SPA et du parti animaliste et de nous remontrer ces images.

    Seul défaut : on aurait volontiers fait l’économie des cauchemars de Buñuel qui le mettent en présence d’un père avare de tendresse dont le réalisateur quémande la reconnaissance.
    QuelquesFilms.fr
    QuelquesFilms.fr

    271 abonnés 1 644 critiques Suivre son activité

    3,5
    Publiée le 19 juin 2020
    Après le scandale de l'Age d'or, les portes se ferment pour Buñuel qui ne parvient plus à financer ses projets. Un coup de chance et le soutien d'un ami cher lui permettent cependant de prendre la direction de Las Hurdes, un des coins les plus pauvres d'Espagne, pour y tourner un documentaire. Le cinéma d'animation a rarement pour sujet le cinéma lui-même, voilà déjà une bonne raison de voir ce film. Un film "de niche" qui parlera essentiellement aux cinéphiles et aux amateurs de Buñuel, pour lesquels Terre sans pain évoque quelque chose. Un film dont on est content qu'il puisse exister, à la marge extrême des circuits commerciaux. Si la forme, l'animation elle-même, n'est pas extraordinaire, le fond est toujours intéressant, brossant un portrait sensible et paradoxal du cinéaste espagnol, plongeant le spectateur dans une Espagne de grande pauvreté, à l'aube du Franquisme, et questionnant documentaire et surréalisme, le tout avec intelligence.
    islander29
    islander29

    873 abonnés 2 366 critiques Suivre son activité

    4,0
    Publiée le 20 juin 2019
    Un beau moment de cinéma, l'idée de ce film est très bonne, et la mise en scène de qualité….Le film nous relate la vie de Luis Buñuel entre 1930 et 1933....En réalité il nous retrace la réalisation de son film Terre sans pain dans les Hurdes (région rurale à l'Ouest de Madrid…. ce film d'animation est très réussi, la qualité des dessins est indéniable, à la fois avec une douceur et une abondance des couleurs, et un beau réalisme des personnages, des paysages…..J'ai été captivé par l'histoire de ce documentaire, Terre sans pain, où l'on a le droit souvent à une mise en parallèle de l'animation, avec les vraies images de 1931 ( comme une explication de texte)….Comme c'est bien réalisé, le contraste entre l'animation et le noir et blanc, nous raconte aussi l'histoire du cinéma….Et puis il faut le dire il y a des scènes magiques ou cruelles ( la décapitation des coqs, les abeilles sur l'âne, les relations avec les paysans, la disparition de la petite fille) … L'émotion s'ajoute à la beauté du dessin, grâce aussi à une musique sensible et mélancolique…..Cet hommage à Buñuel, mérite vraiment d'être vu en V.o. ou pas;....En sortant je n'avais qu'une envie, filmer ce que je voyais….
    Cinéphiles 44
    Cinéphiles 44

    1 382 abonnés 4 189 critiques Suivre son activité

    4,0
    Publiée le 5 juin 2019
    « L’âge d’or » est un film surréaliste sur l’amour fou réalisé par Luis Buñuel en 1930. Bien que considéré comme un chef d’œuvre aujourd’hui, le film a été critiqué au point d’être censuré et jugé pervers. Suite à ce scandale, le réalisateur s’est senti désarmé et surtout sans le sou. Il parvient néanmoins à trouver les fonds nécessaires pour tourner son prochain film « Terre sans pain », un documentaire sur l’une des régions les plus arriérées d’Espagne. « Buñuel après L’âge d’or » est un film d’animation mettant en scène le destin de ce groupe d’amis partis en tournage sur ces terres inconnues. La fluidité de l’écriture et la simplicité du dessin rendent l’ensemble accessible à tous. Nul besoin d’être cinéphile, même si connaître la filmographie du réalisateur donnera davantage de plaisir à suivre cette aventure incroyable parsemée de plans de coupe du vrai film.
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