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    Je ne suis pas votre nègre
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    Christoblog
    Christoblog

    838 abonnés 1 688 critiques Suivre son activité

    3,0
    Publiée le 15 mai 2017
    Voilà un film qui n'est pas facile d'accès.

    Il ne constitue pas à proprement parler un tableau du racisme aux USA (comme je l'imaginais un peu benoîtement en ayant survolé la presse), mais un voyage à l'intérieur de la pensée d'un écrivain, James Baldwin.

    La bande-son est constituée de lecture d'extraits d'ouvrages de ce dernier, et du coup, le film oscille en permanence entre plusieurs pôles : la biographie de Baldwin (son séjour à Paris, son enfance, ses rencontres), ses pensées à propos de la société américaine (avec des fulgurances qui laissent parfois pantois) et des apports historiques, souvent glaçants.

    La mise en scène de Raoul Peck est très maîtrisée, recherchée, mais ne contribue pas à simplifier le propos. Au final, on est souvent désarçonné par ce que l'on voit et entend, parfois sidéré, et rarement ému.

    A défaut d'être vraiment captivante, l'expérience reste enrichissante et me laisse dans la bouche un arrière-goût prononcé de pessimisme quant à l'avenir de la société américaine. Rien ne semble avoir vraiment évolué depuis l'époque où Baldwin s'exprimait, et l'époque Obama apparaît aujourd'hui comme une parenthèse incongrue.

    A voir en cas d'ambiance intellectuelle émolliente nécessitant une stimulation ponctuelle.
    Carlos Stins
    Carlos Stins

    79 abonnés 657 critiques Suivre son activité

    5,0
    Publiée le 14 mai 2017
    Le racisme est un sujet très régulièrement abordé au cinéma, parfois de manière discutable, et l'on pouvait craindre d’assister à un documentaire moralisateur un peu bateau mais ce documentaire traite du sujet avec tellement de justesse et de dignité qu'il m'a profondément surpris et ému. En effet, Raoul Peck traite à travers les écrits de James Baldwin du racisme selon un angle plus élargi et donne une vision complète du problème. Le sujet est abordé petit à petit et dans toute sa complexité. Le documentaire réussit à nous faire adopter le point de vue d'un afro américain et déconstruit les clichés pour apporter un message fort et indispensable. En s'appuyant sur de superbes images d'archive, le documentaire mue petit à petit pour nous montrer toute l'évolution qu'a connu le problème raciale jusqu'à aujourd'hui. Ce documentaire est immanquable tant il aborde avec courage et finesse un sujet passionnant et essentiel.
    Gérard Delteil
    Gérard Delteil

    209 abonnés 1 920 critiques Suivre son activité

    4,5
    Publiée le 11 mai 2017
    Les films, fiction et documentaires, sur la lutte pour les droits civiques ne manquent pas. Pourtant celui-ci a une force exceptionnelle. La beauté et la cruauté des images comme l'intelligence du texte de Baldwin qui a servi de synopsis nous prennent aux tripes. Raoul Peck nous montre une fois de plus qu'il est un cinéaste de haut vol dont l'engagement est sans compromis. C'est peut-être pour cela qu'il tourne relativement peu. On peut se réjouir que ce film, initialement diffusé sur Arte, passe maintenant dans les salles. Bien plus qu'un docu supplémentaire, c'est du grand cinema !
    Ufuk K
    Ufuk K

    527 abonnés 1 491 critiques Suivre son activité

    4,0
    Publiée le 11 mai 2017
    Ce documentaire nominee lors des derniers oscars et encensé par la critique est académique mais indispensable . En effet même si celui-ci met du temps à se mettre en route ce documentaire devient par la suite passionnant démontrant parfaitement bien le mécanisme et les conséquences du racisme des blancs d'Amérique envers la communauté noire américaine.
    brunocinoche
    brunocinoche

    98 abonnés 1 108 critiques Suivre son activité

    5,0
    Publiée le 10 mai 2017
    Excellent documentaire tant sur le plan de la richesse des archives que sur les commentaires. Si la lutte sociale des noirs américains et els meurtres de Malcolm X et Martin Luther King sont connus, les archives que proposent ce documentaire sont souvent rares, passionnantes, et enrichissantes. Elles ont surtout ici remarquablement utilisées pour étayer les propos de l'écrivain James Baldwin, véritable découverte (pour moi, en tout cas) de ce film. Propos profonds et subtils d'un écrivain talentueux et meurtri, mots de révolte mais aussi émotion et superbe réflexion sur l'humanité. Ces mots, portés avec une étonnante sobriété par Joey Starr nous vont droit au cœur tout comme ces étonnantes images de haine de répression mais aussi d'espoir et d'amour.
    WutheringHeights
    WutheringHeights

    112 abonnés 930 critiques Suivre son activité

    4,0
    Publiée le 12 mai 2017
    A la fois profondément politique et délicatement littéraire, (;;;) un film captivant et utile dans le monde actuel.
    Clef en or Dulac
    Clef en or Dulac

    3 abonnés 16 critiques Suivre son activité

    4,0
    Publiée le 10 mai 2017
    Le film de Raoul Peck Je ne suis pas votre nègre, a rencontré un certain succès aux États-Unis et l’on ne peut qu’admirer l’engouement qu’il suscite tant il est exigeant. Exigeant parce que c’est un documentaire, exigeant car sa narration en voix-off est très littéraire : elle se compose en effet uniquement de textes de James Baldwin, dont la pensée construite et éclairante s’affirme dans un style élaboré, élégant. Il peut se révéler ardu de suivre cette pensée, qui plus est transmise par la voix étouffée de Joey Starr - Samuel L Jackson en Anglais -, tout en décryptant les sons, les inscriptions et surtout les images d’archives, qui superposent différents exemples du racisme de la société américaine, envers ses propres citoyens d’origine africaine, du 19e au 21e siècle : des lynchages dans les États du Sud aux violences policières qui ont engendré les émeutes de Los Angeles ou le mouvement « Black Lives Matter ». Raoul Peck démontre donc magistralement qu’il n’est pas vain de faire le pari de l’intelligence et que les spectateurs sont en mal d’une parole intellectuelle et philosophique aujourd’hui disparue des grands médias.

    Il est sain, voire salutaire de nous plonger, ces jours-ci, dans la pensée d’un homme qui a finement observé la société américaine et ses écueils : l’extermination et la ségrégation, dès l’origine, puis la perpétuation d’une domination, adossée à un racisme construit et conforté notamment par l’image des afro-américains qu’a véhiculé le cinéma. Par parenthèse, de Naissance d’une nation à La Prisonnière du désert – ce dernier film recelant néanmoins une critique de la furie raciste du cow-boy – s’affirme la même terreur des Blancs d’imaginer la femme blanche violée par l’Indien ou le Noir, fantasme horrifique qui révèle le délire de la pureté de la race, mais qui est diamétralement opposé à la réalité historique du métissage aux États-Unis, qui advint, au contraire, des viols des esclaves noires par les maîtres blancs. Baldwin écrit, et il parle. Formé pour être prédicateur, il s’adresse, à la télévision comme dans des conférences universitaires, avec une froideur ou une rage contenue dont il sait jouer. Certaines de ses théories nous sont familières : déshumaniser l’autre c’est faire oublier que c’est la façon dont on traite ce prochain qui est inhumaine, et permettre que cela advienne – un invariant des sociétés racistes et des discours qui ont pu mener à des génocides. Pourtant, il ne faut cesser de le rappeler – oui, nous diabolisons les clandestins pour nous dédouaner de les exploiter à mort ! Le propos de Baldwin dépasse tellement son contexte que le prétexte du film : un projet de livre sur trois personnages emblématiques de la lutte contre les droits civiques des Afro-américains, Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King, tous trois assassinés, deviendrait presque secondaire. La lucidité de Balwin, son sens de la formule, parfois proche de l’aphorisme, sont vivifiants : « le Blanc est la métaphore du pouvoir » ; le nègre est une construction mentale du Blanc et en tant que telle, elle ne regarde que celui-ci, aussi l’auteur lâche-t-il : « je ne suis pas votre nègre ». D’autres observations, moins communes, font mouche : Baldwin remarque que les Blancs ne connaissent pas les Noirs, ni les ghettos où vivent ceux-ci, tandis que les Noirs connaissent intimement les Blancs. Enfin, autre écueil de l’Amérique – l’analyse est encore une fois éclairante sur le présent – Baldwin décrit l’échec de la sphère intime, le vide existentiel abyssal des vies privées des Américains, qui sont incapables d’être en prise avec leurs émotions, piégés par la sphère publique, la consommation, le divertissement. Pour résister, lisons, parlons, écoutons ; regardons Peck nous raconter Baldwin. zemovieblog.wordpress.com
    Marie P
    Marie P

    9 abonnés 1 critique Suivre son activité

    5,0
    Publiée le 10 mai 2017
    Œuvre indispensable pour comprendre les États Unis et être noir aux USA. Baldwin force le respect , nous ouvre les yeux et nous met en face de nos préjugés . C'est intelligent , émouvant, et surtout porte à réfléchir
    Daniel C.
    Daniel C.

    152 abonnés 721 critiques Suivre son activité

    4,5
    Publiée le 1 mai 2017
    Voici un documentaire à voir absolument, indispensable pour saisir les folles théories sociales, qui peuvent voir le jour. L'histoire doit être enseignée dans toute l'ampleur de ses dérives mortifères. L'humain ne se différencie pas par son origine ou sa couleur de peau. Ceci n'est qu'un tour de passe-passe pour exercer le pouvoir, pour dominer une partie de la population, l'asservir au nom de principes absurdes, ridicules et qui ont pu s'affirmer comme vérités scientifiques. Quand la haine devient le vecteur rassembleur, il y a danger. L'esclavage est un crime. Il a constitué la norme à une époque et c'est une hérésie. Les leaders noirs, qui ont été assassinés, l'ont été par des meurtriers. Le scandale provoqué par la scolarisation de jeunes filles noires relève de l'indécence. C'est un fait, qui s'est produit. Tant que la négritude devra être revendiquée ou affirmée, les blancs auront à se remettre en question et se demander quelle part est la leur, la nôtre, la mienne pour qu'il en soit encore ainsi. Méfions nous des idéologies qui prônent la haine, qui soufflent sur les braises de l'exclusion. Ce documentaire de Raoul Peck nous donne matière à penser et c'est plus que nécessaire par les temps, qui courent.
    jean-paul K.
    jean-paul K.

    13 abonnés 323 critiques Suivre son activité

    3,5
    Publiée le 26 avril 2017
    Si le début n'est guère passionnant car on a l'impression d'une lecture d'un livre; de plus la voix rocailleuse de JoeyStarr est parfois difficile à comprendre. Puis l'histoire se met en place, devient passionnante et gagne encore en intensité avec les interviews et débats.
    Olivier Barlet
    Olivier Barlet

    300 abonnés 399 critiques Suivre son activité

    5,0
    Publiée le 25 avril 2017
    (...) Baldwin décrit un monde lointain, une mentalité révolue de sentiment de domination légitime et absolue des Blancs sur les Noirs, dont Peck nous montre à chaque instant qu’elle est toujours là, vivante, visible. Les élections aux Etats-Unis et maintenant en France en sont la preuve la plus indéniable, les images de jeunes abattus par la police et le mouvement Black Lives Matter en sont la continuation macabre et militante. La voix caverneuse de Joey Starr en français (Samuel L. Jackson en anglais) retranscrit à merveille le ton à la fois acerbe et visionnaire de Baldwin. (...) Le documentaire de Peck est d’une profondeur rare, pétrie de complexité limpide qu’il laisse le public intégrer. (...) Baldwin comprenait son époque mieux qu’elle-même et l’incarnait dans toute sa complexité. « Si je ne suis pas ton nègre, alors qui peut bien l’être ? » La réflexion de Baldwin est faite d’évidences et de tautologies difficiles à intégrer ; Raoul Peck nous les livre en 90 minutes de lumineuse démonstration.
    Arnaud R
    Arnaud R

    91 abonnés 826 critiques Suivre son activité

    4,5
    Publiée le 18 avril 2017
    Un documentaire exceptionnel qui chronique la question raciale aux États unis à travers les âges et les yeux d'un James Baldwin plein de philosophie et de colère en même temps. La condition noire aux États Unis est bien encore précaire et il est important de voir à quel point elle a toujours été mise en difficulté malgré les belles évolutions effectuées.
    anonyme
    Un visiteur
    5,0
    Publiée le 14 mars 2017
    J'avais découvert Baldwin l'été dernier en traduisant un livre d'une féministe étasunienne, Andrea Dworkin, qui a fouillé les romans et les essais de J.B. pour son propre essai, INTERCOURSE, et j'ai trouvé particulièrement émouvant de voir l'auteur articuler en conférence et lors d'une entrevue télé le pavé qu'il jette dans notre confort moral. Raoul Peck a fait un magnifique travail d'archive pour déliter le racisme sous-jacent à la culture nord-américaine depuis un siècle et demi, mais surtout pour faire sentir la profonde émotion d'un homme qui dit la vérité sur sa vie et les nôtres. C'est un film que je recommande sans hésitation à quiconque veut mener une réflexion sur la remontée du racisme et de l'idéologie de la suprématie blanche.
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