Votre avis sur Une femme disparaît ?
4,0
Publiée le 3 septembre 2016
J’ai décidé de découvrir un peu plus le cinéma des années 30, et de poursuivre en même temps mes incursions dans le cinéma d’Alfred Hitchcock, réalisateur que je continue d’apprécier, même dans ses films moins connus à l’instar d’Une femme disparaît.
Ici le film séduira surtout par son humour, très efficace. On est clairement dans une comédie, du début à la fin, même si en milieu de parcours le métrage prend aussi une tournure un peu inquiétante, mais enfin, on sent bien qu’on n’est pas dans un suspens étouffant ! Les acteurs sont très bons, spécialement Margaret Lockwood, un peu moins dans la surenchère cabotine que Michael Redgrave, amusant, mais qui en fait parfois beaucoup dans le comique burlesque ! Autour de ce couple attrayant et étonnement assorti, des seconds rôles piquants, en particulier celui de Paul Lukas. A des acteurs talentueux le film adjoint des personnages hauts en couleur, excentriques et qui prête souvent à rire. Ok, c’est parfois assez gros, mais le talent fait que ça passe sans souci !
L’histoire est donc portée par son humour. Si le rythme reste soutenu, il y a quand même un petit manque d’enjeu dans le milieu du film, avec quelques redondances et une enquête qui piétine, et le spectateur avec. Le film vit alors sur ses répliques, ses passages drôles, mais ça se traine un peu scénaristiquement parlant. Toutefois de l’originalité, de la fraicheur, un sens évident des dialogues, pour un résultat qui s’avère prenant et d’une belle modernité. L’humour en effet n’a pas vieilli, témoignant d’une agréable subtilité de ton.
A la réalisation on retrouve la maitrise d’Hitchcock. Ok, ce dernier n’offre pas le summum de son talent, mais on sent nettement sa maitrise du huis-clos, puisque le film se passe essentiellement dans un train, il y a des plans très recherchés, et puis c’est toujours en mouvement, dynamique, la mise en scène n’est jamais ennuyeuse ou plate. J’ai clairement eu le sentiment d’évoluer dans un film virevoltant, alerte, ce qui d’ailleurs renforce parfaitement la dimension comédie du film, et l’éloigne du registre du suspens ou du polar.
Une femme disparait est au final une belle petite surprise. Je ne le considère pas comme l’un des meilleurs Hitchcock, sûrement à cause d’une intrigue qui reste légère et superficielle et d’une réalisation soignée mais qui n’a pas le génie des grands films du réalisateur. C’est un moment de détente plaisant, dans un registre purement comique qui reste très costaud. 4.
4,5
Publiée le 1 décembre 2020
Le film prend son temps pour s'installer dans un joyeux bordel qui permet de bien camper les protagonistes. C'est assez drôle et on en retiendra l'étrange tandem d'amateurs spoiler: de cricket (homosexuels ?) la soubrette délurée qui aurait bien voulu… et le directeur du lieu, excentrique dans ses débordements. En revanche la séquence de danse folklorique dans la
chambre est lourde. Le film démarre véritablement avec le départ du train, en fait un tout petit peu après, et la magie opère : on est scotché quasiment jusqu'à la fin. Beaucoup d'humour, de décontraction, les acteurs sont très bons et les personnages secondaires hauts en couleurs. Le sous texte est astucieux et distillé avec intelligence : spoiler: le pacifisme ne sert à rien (l'amant de la dame) et l'indifférence non plus (les deux
supporters). Curieusement l'image qui reste après la vision du film est celle de cette étrange spoiler: nonne (Catherine Lacey) avec ses talons haut dévoilés
par un plan superbe.
4,0
Publiée le 20 février 2020
Petit chef d'oeuvre de Sir Hitchcock par l'ampleur qu'y prend l'intrigue dans l'espace limitè d'un wagon de chemin de fer! En effet, "The Lady Vanishes", donc l'action se dèroule entièrement dans un train, ne manque pas d'atouts! Le roi du suspense y affirme sa maîtrise dans la conduite du rècit en nous montrant, dans un pays imaginaire qui ressemble à l'Allemagne (la menace nazie et l'imminence de la guerre sont bien là), un petit groupe de touristes attachant : une jeune hèritière, une vielle femme et un musicologue! Une mystèrieuse disparition et voilà comment Hitchcock nous embarque dans une oeuvre exemplaire qui ne manque ni d'humour ni de rebondissements! Margaret Lockwood & Michael Redgrave forment un duo irrèsistible face à Dame May Whitty, une disparue pour le plaisir des cinèphiles...
4,0
Publiée le 29 avril 2015
Après une entrée en matière quelque peu poussive, "The Lady Vanishes" finit par devenir un suspense d'une efficacité redoutable, en forme de huis-clos mouvant (le film se passe essentiellement dans un train). Hitchcock, comme il sait si bien le faire, joue remarquablement sur l’ambiguïté de la situation, à savoir si l’héroïne est folle ou bien s'il s'agit d'un complot. Une fois le doute levé, le film devient encore plus soutenu du fait de l'opposition qui s'est dessinée. Le suspense est donc prenant mais toujours accompagné de subtiles touches d'humour (les deux anglais qui veulent à tout prix voir leur match de cricket) et d'un charme qui touche l'histoire d'amour entre les deux personnages principaux, interprétés par la ravissante Margaret Lockwood et le séduisant Michael Redgrave. Tout est intelligemment pensé, à l'instar d'un final très hitchcockien, au montage particulièrement rapide. Un film où la finesse de la mise en scène s'accorde parfaitement à un scénario de grande qualité.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 octobre 2015
Le troisième film de mon cycle Hitchcock est encore une fois une réussite : le scénario est bien ficelé et contient des rebondissements efficaces, on s'identifie facilement aux personnages, la mise en scène est maitrisée... Si j'ai un seul reproche à faire au film, ce serait le même qu'aux autres Hitchcock que j'ai vus : la conclusion est trop rapide : une fois que le mystère est résolu on balance une scène de situation finale et c'est tout. Ça manque véritablement e dernier plan iconique ou au moins qui conclut le film sans qu'on ait l'impression qu'Hitchcock avait juste besoin de le boucler. Mais je chipotte, ça reste très bon.
4,0
Publiée le 21 mars 2015
C'est un Hitchcock que je veux voir depuis 6 ou 7 ans... Enfin je le vois ! et je ne suis même pas déçu après tant d'attente ! Alors c'est un "petit" film qui ne paye pas de mine, une enquête policière, plutôt drôle, à bord d'un train ressemblant foutrement à l'orient express, moi ça me va !

J'aime la façon dont c'est amené, au début on ne se doute même pas de qui va disparaître, de qui est le héros du film, on suit juste ces personnages qui ont tous leur idée fixe (le cricket, le divorce, la musique...) on apprend des choses sur eux, on collecte des informations sans savoir si elles vont servir. Puis dans le train, une fois que l'on sait qui disparaît le film commence vraiment, et là forcément on se demande qui a fait le coup ou bien si cette fille n'est pas folle (mais ça serait trop simple).

Ce que j'ai beaucoup aimé c'est au niveau de l'histoire, rien ne semble improbable ou tiré par les cheveux, on n'a pas un truc qui sort de nulle part... au contraire. On a les doutes avant le personnage principal, ou bien en même temps, puis on change le point de vue pour avoir un éclaircissement, mais ça n'est jamais lourd, c'est fait avec une certaine subtilité.

Ce que j'ai beaucoup aimé c'est que chacun a une raison pour ne pas dire la vérité, mais cette raison est purement anodine et égoïste... le film n'en fait pas de réelles sous intrigues qui viendraient plomber le récit.

Cependant la résolution du problème m'a laissé un peu de marbre, je m'attendais à mieux, à plus simple. ça serait mon reproche au film.

Néanmoins, le couple de héros est franchement attachant et la fin est vraiment sympa, ça ferait presque penser à une fin d'un film de Lubitsch.

Un film franchement sympathique !
4,0
Publiée le 20 avril 2020
Après le succès de Jeune et innocent en 1937, Alfred Hitchcock, au sommet de son art en Grande-Bretagne, commence à jouir d’une grande réputation outre-Atlantique et s’apprête à conclure la décennie des années 1930 avec un thriller d’espionnage qui n’est pas sans faire penser au cadre et à l’atmosphère de l’une des œuvres majeures d’Agatha Christie, Le Crime de l’Orient-Express, publié seulement 4 ans plus tôt.
Ce rapprochement est toutefois à nuancer. Là où Agatha Christie s’inspire d’une affaire médiatique de kidnapping, Alfred Hitchcock déroule son récit à la lumière de la menace nazie grandissante, un an avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Attribuer le rôle des méchants de ses films aux représentants de cette idéologie ténébreuse n’est pas chose nouvelle dans la filmographie du cinéaste, qui a commencé cette pratique dénonciatrice dès 1933, avec L’Homme qui en savait trop.
Au départ, ce projet cinématographique n’était pas confié au maître du suspense, mais à Roy William Neil, producteur à la Gainsborough Pictures, contraint de laisser sa place après une blessure durant les premiers jours de tournage et un incident diplomatique avec la Yougoslavie relatif au traitement négatif des autorités du pays dans le script du film. Hitchcock arrive et remanie l’équipe du film, puis modifie le scénario en y ajoutant un ton léger et comique, qu’il mélange au genre dramatique de l’intrigue initiale. Il invente un nouveau pays, la Bandrika, et change quelques éléments scénaristiques.
Ce nouveau long-métrage, basé sur le scénario du roman « The Wheel Spins », se tient presque à huit clos, dans la mesure où les décors varient peu. Dans une première partie au ton presque intégralement comique et proche du vaudeville, introduite par la maquette d’une gare faisant penser à celle de Jeune et innocent, les différents personnages sont présentés et introduits entre les murs d’un hôtel plein à craquer. Dans la seconde, le train en direction des Balkans voit se dérouler l’intrigue principale et dramatique, l’enlèvement de Miss Froy, une vieille dame anglaise en apparence ordinaire. Pour mener l’enquête, une jeune héritière américaine prête à se marier, Iris Mathilda Henderson, et un musicien fantasque et vif d’esprit, Gilbert Redman, s’associent pour interroger les différents témoins. Néanmoins, chacun d’entre eux dispose d’intérêts personnels qui les motivent à ne pas coopérer et qui font d’eux autant de suspects potentiels. Dans cette partie de Cluedo grandeur nature, nos deux détectives en herbe font fonctionner leurs cellules grises et mettent leur réflexion en commun jusqu’à mettre à jour un vaste complot impliquant des agents à la solde d’une autorité faisant penser à celle du régime nazi. A la veille de la Seconde Guerre mondiale et alors que cette idéologie menace l’Europe, Hitchcock stigmatise clairement le pacifisme, dénonce la neutralité et soutient l’entrée en guerre de l’Angleterre contre l’Allemagne. Le passager du train qui agite un mouchoir blanc est tué tandis que les deux amis anglais, représentants de la détermination britannique et longtemps restés indifférents au drame qui se joue dans le train, prennent les armes pour sauver le petit groupe d’une mort certaine.
Pour porter son film à l’écran, Hitchcock fait confiance à deux inconnus : Margaret Lockwood, qui n'a alors que quelques seconds rôles derrière elle, et Michael Redgrave, célèbre au théâtre, qui obtient son premier et plus grand rôle au cinéma. Ce duo crève l’écran, prolongeant celui de Robert Donat et Madeleine Caroll dans Les 39 Marches, dans une même dynamique de séduction.
De l’arrivée mouvementée et comique dans l’hôtel à l’épilogue au registre plus sérieux, le rythme ne faiblit jamais et le spectateur se retrouve coincé dans ce train, emporté dans cette enquête le long des chemins de fer. Dans ces wagons qui se suivent, les apparences sont trompeuses et on se rend compte à quel point le cinéaste a pu s’amuser à perdre le public avec des fausses pistes et des zones d’ombres. Pris au jeu, difficile de cacher son propre plaisir à participer avec le couple de premier plan pour dénouer cette affaire énigmatique.
Quelques mois plus tard, après une dernière production (La Taverne de la Jamaïque), la période anglaise d’Hitchcock s’achève. Celle qui a offert ses premiers succès au réalisateur et qui lui a permis d’améliorer ses techniques cède sa place aux studios Hollywoodiens, qui donneront naissance aux plus grandes réussites hitchcockiennes.
4,5
Publiée le 4 mars 2022
Une femme disparaît est un des films les plus connus de la période anglaise d’Alfred Hitchcock. Il faut reconnaître que le cinéaste, qui était en pleines négociations avec David O. Selznick pour partir aux États-Unis, y fait preuve de tout son talent. Effectivement, il montre comment gérer une intrigue pouvant facilement tomber dans l’absurde tout en restant dans le domaine du suspense. De plus, il arrive à travers ce scénario parfaitement mené à inclure des commentaires discrets sur l’actualité spoiler: (le plus connu étant sa critique des accords de Munich avec la séquence où un homme se fait abattre alors qu’il tend un mouchoir blanc)
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D’un point de vue technique, Hitchcock peut exploiter admirablement un budget loin d’égaler ceux de ses futurs films hollywoodiens (seule l’utilisation de maquettes retranscrit cette pauvreté relative) en partie grâce au fait que le film se déroule uniquement pendant une heure dans un train.
Dès qu’on monte dans celui-ci, le long-métrage devient clairement un des meilleurs de sa période anglaise où le suspense supplante, tout en conservant une petite part, la comédie qui caractérisait une exposition des personnages que l’on pouvait juger un peu longue (il faut attendre 24 minutes avant que l’on puisse comprendre que l’on est dans une histoire à suspense) même si le cinéaste y exploite certaines de ses thématiques spoiler: comme l’évocation de l’homosexualité quand les personnages de Charters et Caldicott sont obligés de dormir dans le même lit et se partage un seul pyjama (alors que, logiquement, ils auraient dû en avoir chacun un malgré le contretemps qu’ils ont rencontré). On pourra d’ailleurs noter que ces deux personnages comiques marquèrent tellement dans le film qu’ils furent réutilisés deux ans plus tard dans Train de nuit pour Munich de Carol Reed et qu’ils furent repris régulièrement par leurs interprètes (Basil Radford et Naunton Wayne) au music-hall et à la radio
.
Enfin, il ne faut pas oublier de noter qu’Hitchcock, à l’image de ce qu’il fera avec Lifeboat ou Les Oiseaux) choisit de ne pas accompagner son récit par de la musique extradiégétique afin de renforcer l’importance que la musique intradiégétique revêtira au cours de l’intrigue.
Ainsi, même si on peut lui reprocher une première demi-heure un peu longue et trop axée sur la comédie, Une femme disparaît devient dès la montée dans le train et le lancement réel de l’intrigue un incontournable de la filmographie hitchcockienne et très clairement une de ses meilleures œuvres anglaises.
4,0
Publiée le 10 juin 2017
Sympathique film de Hitchcock dans sa « période anglaise ». Tous les ingrédients d’un film d’espionnage d’avant-guerre (la Seconde) mais sans lourdeurs scénaristiques et avec déjà le suspense et l’humour du maître. Mise en scène d’un déjà très grand et des acteurs irréprochables qui s’amusent comme des fous dans cette histoire tordue. À (re)découvrir.
4,0
Publiée le 22 février 2020
Avant dernier film britannique d’Alfred Hitchcock avant sa carrière à Hollywood, “Une femme disparaît” est une comédie d’espionnage réussie. Après une introduction plus ou moins utile au vu de sa longueur, une femme du nom d’Iris, constate la disparition d’une vieille femme dans le train qui les ramène chez elles. Alors qu’aucune personne à bord ne semble s’inquiéter ni ne souvenir de la vieille dame, Iris commence à mener l’enquête avec un autre voyageur. Le duo fonctionne à merveille à l’écran. Au fur et à mesure que l’enquête piétine, l’apprentie détective commence à douter. Hitchcock installe cette paranoïa chez le spectateur avec une empathie troublante. Les péripéties du film ne sont-elles que le fruit de l’imagination de notre héroïne ? La suite de l’histoire va prendre une position tournée vers le film d’action et permet ainsi de rehausser le rythme de l’intrigue jusqu’alors psychologique. Entre suspense, fausses pistes et notes d’humour, “Une femme disparaît” est un Cluedo trépidant.
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4,0
Publiée le 2 mai 2017
En 1938, Alfred Hitchcock réglait ses comptes avec la politique de l'Europe envers le IIIe Reich avec cette métaphore d'un train, ou chaque personnage pris à ses occupations, feint d'ignorer la disparition d'une veille dame auquel personne ne s'intéresse vraiment à l'exception de l'héroïne. C'est ce discours politique sous-jacent, cette critique de l'égoïsme humain, qui renforce cette intrigue en forme de Cluedo, car Hitchcock a fait mieux en terme de scène de suspense. Le film possède également un humour de tous les instants.
4,5
Publiée le 29 décembre 2017
J'ai vu un film... intriguant, avec une somme incroyable de rebondissements... Un véritable Hitchcock de haute volée qui nous fait plonger dans une aventure d'espionnage pleine de surprises et d'intrigue... Il y a une virtuosité à la narration, à la mise en scène, et ce huis-clos est tout à fait réjouissant... On découvre une série de personnages particulièrement bien campés avec des motivations claires qui nous font comprendre leurs prises de positions qui les mettent aux prises avec une manigance de haute intensité. Nous sommes à la veille d'une prochaine guerre (les pacifistes sont d'ailleurs brocardés par l'histoire) et les services secrets britanniques sont sur le point d'éventer un secret d'espionnage... Les personnages sont croustillants, les séquences surprenantes et les dialogues parfois franchement drôles... C'est un très grand film.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 18 octobre 2019
Le cinéma de Sir Alfred Hitchcock est toute une mise en scène entraînée, travaillée et maîtrisée, dans la bonne humeur américaine que l'on suit cette intrigue dans les Balkans, une enquête de disparition de dame âgée témoin gênant afin d'étouffer une affaire criminelle quelconque.
Cette femme se volatilise, c'est une énigme pour une enquêtrice utile de se mettre en valeur dans cette œuvre, brillantissime bravo chapeau gentlemen English oh my lord and for the god sake ! Voilà, l'artiste virtuose clôt l'issue finale, le refrain instrument de musique et chant marquant du film.
4,0
Publiée le 18 janvier 2015
En 1938, Hitchcock n’a pas encore traversé l’Atlantique, et depuis son Albion natale, il en est toujours à répondre aux commandes. Soyez sans crainte : la reconnaissance ne saurait tarder. Thriller astucieux et retors, Une femme disparaît… et paf, le pitch. J’en révèle quand même un peu plus, l’intrigue se passe principalement à bord d’un Trans-Europ-pas-Express, où Margaret Lockwood et le fantasque Redgrave enquêtent sur la soudaine absence d’une bonne petite grand-mère. C’est un peu Miss Marple au secours d’un jeune couple, sauf que les rôles sont inversés et que l’homme qui causera la Psychose des Oiseaux a plus d’un tour dans son objectif. Surimpressions, plans obsédants, retournements de situation, paranoïa, magie et suspicions, le noir & blanc old-school gagne une seconde jeunesse : malgré les truquages d’avant-guerre, le futur maître du suspense réussit brillamment son examen pour Hollywood. Polar polyglotte et politique aux frontières de la schizophrénie, où d’excellents acteurs peignent une galerie de portraits haute en couleurs, il nous entraîne vers une terre inconnue, oppressante et cocasse, dérangeante et subtile, dont le carton en salles et l’estime qu’on lui voue ne surprendra personne. Alors, même si la loco change de sens, que les cascades vont à deux à l’heure et le décor défile sur un panneau, on retiendra bien plus qu’un charmant goût passé : c’est une authentique réussite, et ça, ça passe au-delà des âges.
4,0
Publiée le 21 février 2020
Ce film est vraiment très intéressant, le scénario vous captive du début jusque la fin, même si le début est un peu laborieux (il faut bien placer les circonstances!). Seul bémol : la scène de poursuite qui a bien mal vieilli, mais cela devait être un exploit en 1938. Ce qui est à noter à l'issue de ce film est qu'il s'agit d'un film d'espionnage qui accuse sans aucun doute l'Allemagne nazie mais sans jamais les citer réellement même si l'action est sensée se passer dans les Alpes autrichiennes et sur la voie ferrée entre l'Autriche et l'Angleterre.
A voir par tous les amateurs de thriller hitchcockien; ou pas.
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