Adam McKay est probablement le meilleur réalisateur de comédies américaines aujourd’hui. Sa filmographie est courte, mais ne souffre d’aucun navet. Alors quand il sort Anchorman 2, on est tout ouïe.
Malheureusement, Anchorman 2 (la première suite d’Adam McKay) est tout ce que le premier film n’était pas. Anchorman 2 est un étalage de mauvais goût, aussi boursouflé et indigent que particulièrement ennuyeux. Il semblerait qu’il ait décidé qu’un gag pathétique serait plus drôle si celui-ci était hurlé. Bien évidemment, cela ne marche pas. Tout est amplifié, répété, allongé à l’excès, tant et si bien que Ron Burgundy, le gentil gland du premier opus est devenu un type insupportable et réellement pathétique. On est bien loin de l’immense Step Brothers. Adam McKay supprime aussi ce qui était la plus-value du premier opus : les seconds rôles. En quittant San Diego, on a quitté les Chris Parnell, Judd Apatow, Fred Willard. En arrivant à New York, on retrouve l’excellent Dylan Baker, sous-utilisé et surtout l’équipe de Ron Burgundy qui n’est là que pour être les faire-valoirs sur cinq ou six scènes. Pour un film de plus de deux heures, c’est court. Et ce n’est pas l’abominable Steve Carell qui peut sauver cela. Clairement, Anchorman 2 se plante et c’est encore plus criant lorsqu’on arrive à la scène d’affrontement entre différents présentateurs : retrouver le Frat Pack dans le premier était très amusant. Enchaîner quinze guests stars pour ne rien en faire après, c’est bien plus agaçant. L’apparition extrêmement réjouissante de Vince Vaughn arrive trop tard, le mal est déjà fait. A l’image du film.
Anchorman 2 est l’exemple typique pour quoi on ne devrait pas faire de suites de comédies, surtout quand un film alternatif est déjà sorti en faisant l’affaire. Triste pour toutes les parties engagées dans ce naufrage total.