Talentueux comme pas deux, Christopher Nolan peut probablement se targuer d’être l’un des tous meilleurs réalisateurs de ce XXI ͤ siècle, fort d’une filmographie incontournable ; et, après s’être attelé par deux fois à l’univers de Batman (Begins et l’immense The Dark Knight), celui-ci se fendit d’une nouvelle œuvre retentissante : Inception. Second film du cinéaste dont le scénario ne reposait pas sur une œuvre préexistante, celui-ci irradiait d’une ambition scénaristique folle dans le genre, et ce en reposant sur un postulat de science-fiction grandement novateur : l’utilisation qui en est faite du rêve est effectivement très intelligente de prime abord, et foutrement intrigante de surcroit, Inception nous invitant à suivre les pérégrinations de Don Cobb, sorte de voleur subtilisant des informations d’importance au sein de rêves... là où la cible est le plus vulnérable. Bien que le procédé technique soit plutôt obscur (d’origine militaire), il apparait rapidement que, malgré la complexité se dessinant rapidement autour de l’extraction, Nolan ne soit pas passé en coup de vent sur les dessous de sa géniale idée : entendons par là que celui-ci s’est une nouvelle fois creusé les méninges sans lésiner, Inception se voulait dès lors aussi alambiqué que réfléchi, les méthodes de Cobb bénéficiant d’une myriade d’éclaircissements donnant à l’ensemble une consistance indéniable ; on pourrait même parler de logique propre, mais le bât blesse toutefois en terme de cohérence, le long-métrage manquant de peu d’être à certains instants dépassé par ses prétentions hautement complexes, sources de nombreuse confusions en les circonstances. Autrement, la trame en elle-même se veut prenante et c’est peu dire : il est d’ailleurs très intéressant d’observer le personnage de Cobb à l’œuvre, tant celui-ci concentre à lui seul la quasi-totalité des tenants et aboutissants du long-métrage, au gré d’un enchevêtrement savamment mené entre toutes les zones d’ombre d’une intrigue décidément pas en reste. En résumé, tout gravite avec brio autour du rôle phare de Leonardo DiCaprio, ici et comme à son habitude excellent, et la galerie de personnages secondaires convainc tant en termes d’apport scénaristique que d’interprétation (casting de luxe avec les montants JGL, Tom Hardy, Ellen Page, ou encore le charismatique Ken Watanabe...) ; Inception brille donc d’une densité peu commune, parachevée au travers d’une ambiance ni plus ni moins grisante, fort d’une forte tonalité épique et sombre (Hans Zimmer rules). Visuellement ce n’est également pas en reste, fort d’un budget approprié en la matière, ce qui donne lieu à un défilé de plans tous plus vertigineux les uns que les autres, parfait exemple d’une véritable créativité ici à l’œuvre ; Inception excelle donc même dans la forme, ce qui couplé à son fond terriblement intelligent en fait un blockbuster sans pareil. Pour finir, il reste à souligner la portée conséquente de ce long-métrage phénomène, qui dans la même veine que d’autres éminences de science-fiction nous propose une véritable réflexion vis-à-vis de la réalité, ses frontières et les illusions la parsemant... où et quand débute le rêve ? Et à l’image de sa conclusion laissant en suspens bon nombre d’interrogation, de quoi soulever une foule de débats quant au dénouement de Inception, voilà l’ultime preuve du génie scénaristique qu’est Christopher Nolan, qui nous aura pour l’occasion diverti, surpris, impressionné... et laissé pantois. Foutue toupie.