Zibahkhana est forcément une curiosité horrifique puisqu’il s’agit d’un film d’horreur pakistanais. Maintenant est-ce qu’il est nécessaire de le découvrir ? Et bien pour tout dire j’ai plutôt était agréablement surpris. Si le résultat n’est pas une tuerie, il faut avouer que c’est sympathique.
Le casting n’est pas vraiment mauvais, mais n’est pas non plus transcendant. Cela ne me surprendrait pas d’ailleurs que pour la plupart des acteurs ce fut là leur premier rôle. Globalement ils remplissent le contrat en criant, en hurlant, et ils sont assez naturels ce qui finalement n’est ni pire ni moins bon que dans beaucoup de slasher américains et de slasher tout court. Leurs personnages sont faibles, ils n’ont pas grand-chose à faire, mais enfin ils se débrouillent suffisamment pour faire illusion, et pour se faire dézinguer de façon honorable. En tout cas je craignais pire c’est certain. Quant au méchant, il faut avouer que son style burqua en fait un tueur assez charismatique même si un peu comique. J’imagine qu’un épisode de Scary Movie aurait très bien pu faire un détournement en empruntant ce genre de tueur.
Le scénario est assez bon. Alors certes c’est très basique, on est dans du slasher et Zibahkhana a décidé de ne pas innover véritablement, en nous servant une histoire très simple, qui lorgne en effet assez vers Massacre à la tronçonneuse. Malgré quelques petits moments de folies (les zombis), le métrage s’apparente en fait à une série de dézingage de jeunes autour d’une cabane abandonnée par un tueur. Si l’histoire n’a rien de géniale, en revanche le rythme est punchie, notamment dû au fait que le film est court, et le réalisateur reprend avec un certain talent la recette du slasher. Ce n’est pas ennuyant, il y a quelques moments chocs, et l’ensemble est plutôt bien orchestré avec une bonne gradation, pour ma part, si je n’ai pas été surpris par l’intrigue, j’ai passé un moment sympathique.
Visuellement on regrettera une mise en scène pas toujours des plus enthousiasmantes, qui cherche surement un peu trop à imiter plutôt qu’à imposer un style personnel. Problème c’est que l’imitation est loin de valoir les originaux, surtout que Khan ne copie pas les moins bons des slashers. Heureusement, le film compense vraiment par une photographie travaillée, et notamment cet étonnant jeu sur les éclairages, qui donne une ambiance étrange au film, et par la prouesse d’arriver à rendre des décors sommes toutes très moyens plus photogéniques que prévus. Sans casser la baraque là encore, il faut avouer que Zibahkhana a une certaine atmosphère à lui, et elle est souvent efficace. Enfin, si les effets sanglants ne sont pas tout bien crédible, il y a quelques bons moments qui joue un peu la surenchère, et ce n’est pas plus mal. Musicalement on regrettera que le thème d’ouverture, assez original et sympathique n’est pas été repris davantage ou n’ait pas cédé sa place à quelque chose de qualitativement équivalent dans le déroulé du film.
Bon, en tout cas Zibahkhana est tout de même une petite découverte tout à fait appréciable, que j’ai regardée avec plaisir. On sent un réalisateur soucieux de ce qu’il fait malgré des moyens dérisoires. Le résultat aurait réellement pu être excellent, si, à l’instar d’un Small Town Folk ou d’un Chromeskull 2 le film avait forcé un peu plus pour se trouver son histoire et sa mise en scène plutôt que de piquer ailleurs. Mais enfin pour un tout petit budget, un film quasi amateur, c’est très correct. 3.