The Irishman
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490 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 décembre 2019
Un formidable chef d’œuvre, construit comme des mémoires qui reviennent au fur et à mesure. L'effet de rajeunissement peut paraitre grotesque mais on le dépasse rapidement pour savourer ces prestations d'acteurs qui semblent sortir d'outre-tombe, en particulier Joe Pesci dont l'interprétation est exceptionnelle, toute la monstruosité et la froideur d'un vrai parrain italo-américain. Le film américain de l'année.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 novembre 2019
Quel film, la vie de Franck Sheeran en fil rouge joué par des acteurs de génie et un réalisateur abouti, les effets de rajeunissement sont bluffant Bravo Mr Scorsese.
demoph
demoph

2 abonnés 43 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 novembre 2019
The Irishman raconte l'histoire de Frank Sheeran en s'appuyant sur le témoignage de celui-ci. Sheeran fut une sorte de tueur à gage dans la mafia. Ami d'un des chefs de celle-ci, Russell Buffalino, exceptionnel Joe Pesci, il devint aussi ami de Jimmy Hoffa, patron du plus gros syndicat américain, quand la mafia l'envoya le protéger. Le film raconté par un Frank Sheeran en fin de vie, en maison de retraite, raconte le voyage au cours duquel Sheeran se retrouva à choisir lequel de ses deux amis trahir, un voyage au cours duquel il se rappelle tout les événements de sa vie depuis sa rencontre avec Russell, événements qui l'ont mené à devoir choisir entre les deux.
Mais l'originalité du film est que contrairement aux tragédies habituelles où le personnage choisit puis vit dans le remord, ici, Frank est un personnage bien trop passif pour réellement choisir. Il ne fera que ce qu'on lui dira. Dès le début, quand on le voit raconter un trajet sur l'autoroute en listant les noms de toutes les autoroutes à emprunter, on comprend qu'on a à faire à un personnage dont les choix sont très limités. Il y a une ironie mordante de Scorsese qui par la voix-off montre un personnage raconter ses choix, les argumenter en détail, choix du flingue, choix de l'autoroute... mais dont la voix-off disparaît aux moments des choix existentiels car il n'y a plus rien à raconter.
st Thomas
st Thomas

4 abonnés 19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 décembre 2019
Bon sang que ce film sublime!
On est prit dedans dès le début pour ne plus en sortir, les 3h30 passe en 1h00 heure et on en redemande encore!
C'est avec un grand plaisir de retrouver Pacino/De Niro et avec un Pesci en Caïd
Les deuxièmes et troisièmes rôles sont toujours aussi remarquables, tous les ingrédients Scorsesient sont là pour en faire un grand film et laisse une trace indélébile après son visionnage, sur l'irrémédiable/l'irréparable et ses causes dans le temps qui passe!
À voir et à revoir
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 28 novembre 2019
Soyons honnête : En fait ce qui me désole le plus c'est de devoir admettre que ce film ne mérite pas plus de 2 étoiles !

Je suis un fan de Martin Scorsese depuis Mean Street, Taxi Driver et toute une série de chef-Oeuvre inoubliable et je ne m'attendais pas du tout à souffrir en reguardant Irishman !! Les sequences interminables, les travelling marcher completement ratés et même par moment la Photo de ce film m'on fait penser que jétais en présence d'un plagiat du grand maître .Et puis oyons franc: Compte tenu du scénario et du fond de l'histoire , ce film ennuyeux et filandreu aurait pu tenir dans un format « Court-métrage » de 11 minutes tellement la narration traîne le pied pendant heues.

Le Grand Martin Scorsese s'essouffle peut-être ( ?? ) mais en tout cas j'espère qu'il aura l'occasion de nous faire vibrer dans un prochain film.

Celui-ci je vais faire comme si je ne l'avais jamais vu...
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 1 décembre 2019
La très mauvaise note est un peu exagérée, c'est pour tempérer tous les fanboys qui ont surnoté avant moi et qui m'ont fait perdre 3h30. Qu'est-ce qu'on s'ennuie fermement tout au long des 3h30. Non, pas moyen de s'attacher à Franck ou à Jimmy ni aux seconds rôles sous-exploités. La narration avec tiroirs et flashbacks dans tous les sens n'apporte rien, si ce n'est de l'ennui. Les ficelles narratives sont peut-être trop subtiles pour moi, si bien que je trouve le scénario complètement décousu. spoiler: Pourquoi Hoffa devient-il pestiféré tout d'un coup ? Parcequ'il est colérique ? Pourquoi son fils adoptif doit-il faire le taxi ? Pourquoi la fille de Franck lui en veut autant alors qu'elle connait son père et Hoffa, non ? C'est qui ces "ils" qui tuent Kennedy et veulent la fin de Hoffa?
(...)
J'ai trouvé tout cela plat au possible, la lenteur ne sert pas la tension narrative. Des procès aux assasinats, tout est fade. Pas de passion amoureuse non plus. Un cinéma d'un autre temps peut-être. Heureusement que je n'ai pas dépensé le moindre centime personnel pour le voir. Je préfère largement payer ma place de cinéma pour un bon film de super héros, plutôt.
AMCHI
AMCHI

6 038 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 décembre 2019
Qui l'eut cru qu'un jour un film de Scorsese finirait sur Netflix et n'aurait pas droit à une sortie en salles, heureusement on est loin des petites productions Direct to DvD ou VOD (160 millions de dollars comme budget).
The Irishman est un bon film mais au vu des noms au générique on s'attendait à un grand moment de "cinéma" mais il n'en est rien. Durant la première heure ce qui frappe directement c'est cette impression de déjà-vu, le sentiment d'avoir connu tout cela dans d'autres films et séries (je pense aux Soprano), de radoter les mêmes choses puis il y a le rajeunissement numérique qui a fait grincer des dents et il y a de quoi. C'est surtout pour De Niro que c'est perfectible, son visage est étrange (on dirait qu'il recouvert d'un masque en silicone et son regard est parfois vide) et les acteurs n'ont pas forcément la démarche de l'âge de leur personnage mais au bout d'un moment on n'y fait pas forcément attention par contre ils jouent toujours très bien. Scorsese brasse une longue période dans un film sans doute trop dense, le film est long pourtant il ne parvient pas à aborder tout ce qu'il veut, parfois ça se perd dans des scènes qui semblent rallonger un peu trop ce film mais d'autres scènes sont bonnes (bien qu'un jour après avoir achevé The Irishman je n'ai pas vraiment un instant en tête qui m'a marqué...) toutefois l'histoire ne m'a pas happé, les personnages présentés sont peu reluisants et non pas ma sympathie même si De Niro et Pesci ne rendent pas du tout leurs rôles détestables et je n'ai pas ressenti de l'émotion à travers cette fresque.
Voilà je l'ai vu, je n'ai jamais été un admirateur de Scorsese bien j'apprécie beaucoup certains de ses films (notamment Taxi Driver) et The Irishman me laisse assez mitigé car fondamentalement il n'y a rien de mauvais dans ce film or pris dans son ensemble ce n'est pas transcendant.
Redzing
Redzing

1 180 abonnés 4 522 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 novembre 2019
A 77 ans au compteur, Martin Scorcese semble ne rien avoir perdu de sa fougue et de son ambition. Il nous livre "The Irishman", fresque sur un travailleur américain qui, entre les années 50 et 70, se met au service de la mafia italienne, et du célèbre syndicaliste Jimmy Hoffa. Le film a joué sur le fait qu'il s'agit à sa sortie du plus gros budget pour une production Netflix, mais surtout sur le rajeunissement numérique de ses personnages. Car il réunit les prestigieux Robert De Niro, Joe Pesci, et Al Pacino, et les fait évoluer sur plusieurs décennies ! Attaquons tout de suite le cas de ce fameux rajeunissement : s'il pique parfois les yeux au premier abord (surtout pour De Niro), d'autant plus que la morphologie et la gestuelle des acteurs trahit leur âge réel, on s'y habitue assez vite. Et il serait dommage de s'arrêter à ces éléments, car le film est beaucoup plus profond. On y retrouve un style proche de "Goofdellas" et "Casino" : voix-off entraînante, montage dynamique et efficace, narration vertigineuse enchaînant les divers rebondissements et intrigues secondaires, etc. Toutefois, Scorcese semble vouloir ici davantage se poser. Par rapport à ses prédécesseurs, le film est plus long, plus lent, moins violent, et s'intéresse davantage à la fin de la vie de ses personnages qu'à son début. Il apporte ainsi une réflexion sur la vie de gangster, la loyauté, et l'ambition. Il en profite pour livrer une vision assez cinglante du fameux Jimmy Hoffa. A ce niveau, le trio d'acteur principal est excellent. Robert De Niro et Al Pacino semblent retrouver goût au jeu d'acteur après 20 ans d'errements discutables, surtout Pacino, incarnant un Hoffa charismatique, impulsif, et obsédé par le pouvoir. Par ailleurs, on retrouve avec grand plaisir Joe Pesci, devenu trop rare, et jouant un gangster aussi touchant qu'inquiétant. "The Irishman" est donc une très bonne surprise pour ceux qui craignaient de voir des acteurs vieillissants et un réalisateur fatigué.
ConFucAmuS
ConFucAmuS

544 abonnés 960 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2020
Y aurait-il une fatalité chez les grands réalisateurs ? Sont-ils destinés à revisiter leurs plus grands travaux ? Comme pour se lancer le défi ultime : se mesurer à l'héritage qu'ils ont légué à la postérité. Mais pour y ajouter quoi ? Comme d'autres, en changeant son fusil d'épaule pour regarder le seul sujet inépuisable : le temps.
Passer après Les Affranchis et Casino, modèles Béhémoth du film de mafieux ? Oui, c'est bien ça. Et vous savez quoi ? Martin Scorsese le fait sans tressaillir et ça marche. Pourquoi ? Justement parce que The Irishman n'est pas tant la suite de ces illustres ainés que leur antithèse absolue.
Soyons clairs : plastiquement, le film est tout aussi élégant. Mais un trouble s'installe très vite. Que se passe-t-il ? Pourquoi le maestro choisit de mettre cette scène en valeur plutôt qu'une autre? Pourquoi étire-t-il ce dialogue à priori anodin ? Pourquoi cette mesure dans les performances de Robert De Niro et Joe Pesci ? Pourquoi ce "de-aging" étrange, qui retire des rides mais ne cherche pas à masquer les corps flétris de ces acteurs ? Plus que jamais, Martin Scorsese livre un film dont une seule vision ne suffira pas pour en extraire toute la richesse.
Je pense qu'il s'agit d'une des œuvres les plus belles de son auteur. Formellement, c'est un aboutissement magistral. Tout ce qu'entreprend Scorsese en termes de cadrage ou de découpage, de choix de photographie ou de montage, converge vers cette donnée précieuse, le temps. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le point de bascule du film se niche dans une dispute (géniale) au sujet d'un retard.
Malgré la grande beauté de l'ensemble, l'heure n'est plus au panache mais au bilan. Le bilan de ces personnages, de ces hommes qui se sont condamnés trop jeunes et passent leurs vieux jours à ressasser leurs actes et leurs coûts.
The Irishman est colossal et paradoxalement intimiste. On couvre une distance de plusieurs décennies, un temps politique éreinté par les scandales (Cuba, Castro, JFK et son frère Bobby, le Watergate), pourtant toute l'attention de Scorsese se polarise sur ces hommes à l'arrière-plan qui sont pourtant liés à l'avant-scène. Leurs conversations, leurs états d'âmes et leurs introspections. On dirait presque que The Irishman prend tout ce que Les Affranchis et Casino ont laissé de côté, tous ces moments d'une vie, au premier abord moins importants et pourtant tellement signifiants. Jusqu'à une dernière heure où tous les enjeux se révèlent. Une heure attentive, contemplative et funèbre. Terriblement belle et définitive. Bien plus dépouillée que la tragédie attendue, on est dans la conclusion testamentaire brute. Sans artifices ni trémolos, un constat sans appel et sans retour. C'est peu dire que voir de tels mythes s'offrir une dernière virée aussi ambitieuse et sincère. Al Pacino domine tout le casting, en devenant le cœur palpitant de cette fresque noire. Mais l'âme de The Irishman se niche bien dans la prestation de Robert De Niro, derrière ses yeux fatigués trahissant l'amertume qui se diffuse le long de ces 209 minutes. Puis évidemment, c'est un tel plaisir de revoir notre Joe Pesci, dont la magie tient à sa sobriété.
Une immense méditation sur le temps, celui qui flétrit les corps pourtant jeunes et alourdit le poids des regrets, The Irishman est un chant du cygne merveilleux, dont les intonations de In the still of the Night résonnent longtemps après le visionnage.
Un Scorsese définitif.
moket
moket

556 abonnés 4 377 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 janvier 2020
Une chronique de la mafia pas aussi flamboyante que "les affranchis" et à la longueur un peu rebutante, même si on ne voit pas le temps passer. Mais quel casting ! Le destin de Frank Sheeran est un peu déconcertant : pas d'ascension fulgurante ni de chute spectaculaire, juste un type qui a passé sa vie à faire le sale boulot. Le film est très classe dans sa reconstitution de l'Amérique post-guerre mondiale et a quelque chose de touchant à montrer l'œuvre implacable du temps même sur ces grandes figures du crime organisé.
Yves G.
Yves G.

1 537 abonnés 3 552 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 décembre 2019
Frank Sheeran (1920-2003) a raconté sa vie dans un livre intitulé « J’ai tué Jimmy Hoffa » dans lequel il revendique l’assassinat en 1975 du chef des Teamsters américains. Le titre original de ces mémoires est moins tonitruant : « I Heard You Paint Houses ». Telles auraient été les premiers mots adressés par Hoffa à Sheeran. Il s’agissait moins de saluer ses talents de peintre en bâtiment que d’évoquer à demi mots sa profession de tueurs à gages, l’expression renvoyant au sang de ses victimes giclant sur les murs des maisons où elles étaient exécutées.

Un Irlandais devenu italien. Le sujet est posé. Il est de ceux que Scorsese affectionne, qui constitua déjà la toile de fond de quelques uns de ses plus grands films : "Les Affranchis", "Casino", "Les Infiltrés". Il opte pour un titre différent de celui, trop elliptique, du livre qu’il adapte : ce sera The Irishman, qui donne la vedette à Robert De Niro, son acteur fétiche, même s’il partage l’affiche avec deux autres acteurs d’anthologie, Al Pacino (qui n’avait jamais tourné avec Scorsese) et Joe Pesci (un fidèle de la première heure), sans oublier Harvey Keitel qui tenait un rôle dans le tout premier film de Scorsese tourné en….1967.

Petits meurtres entre amis. Autant dire qu’on est entre vieilles connaissances septuagénaires. Autant dire que "The Irishman" a des airs intemporels de testament. Martin Scorsese aurait pu signer le même film, avec les mêmes personnages, le même scénario, il y a vingt ou trente ans, à l’époque glorieuse des "Affranchis" ou de "Casino" – qui, lui, comptait une figure féminine (ah ! Sharon Stone !) dont hélas "The Irishman" est dépourvu.

Le maestro prend son temps. "The Irishman" dure plus de trois heures et avance à un rythme de corbillard. Scorsese veut bien qu’on l’enterre ; mais la cérémonie se fera au tempo qu’il aura décidé ; et le tempo n’est pas prestissimo. Du coup, on s’ennuie un peu. La première heure est languissante, qui met en place un procédé qui mélange trois temporalités (les confessions de Sheeran racontées en flashback depuis une maison de retraite, une virée automobile en 1975 des couples Sheeran et Buffalino, la vie proprement dite de Sheeran depuis la fin de la Seconde guerre mondiale), dont on peine à comprendre l’architecture. Tout s’accélère avec l’entrée en scène de Jimmy Hoffa, campé par un Al Pacino toujours aussi ébouriffant, quels que soient les toupets qui le coiffent.

Martin Scorsese fait des infidélités aux salles obscures en sortant son film sur Netflix. Le procédé, venant d’un des monstres sacrés du septième art, peut surprendre. Scorsese sur Netflix ? Et puis quoi encore ? Gracq publié en poche ? Chostakovitch en replay sur NRJ ? Soulages exposé aux Quatre Temps ?

Le problème de cette modalité de diffusion est qu’elle m’a privé du recueillement et de la concentration que la salle impose. Devant un (petit) écran d’ordinateur, distrait par toutes les sollicitations de la vie quotidienne, je ne me suis pas plongé dans le film. J’en ai saucissonné le visionnage en trois épisodes. J’ai du coup eu l’impression de regarder une mauvaise mini-série. L’aurais je vu en salles trois heures de rang, je me serais peut-être forgé une toute autre opinion.
 Kurosawa
Kurosawa

599 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 janvier 2020
Cela ressemblait à un projet maudit; "The Irishman" a finalement vu le jour grâce à une technologie enfin à la hauteur – selon les dires de Scorsese – et à l'appui de Netflix, puisqu'aucun studio n'a voulu produire ce magnifique chant du cygne. En reprenant ses acteurs fétiches, dont Joe Pesci sorti de sa retraite, et en signant une première collaboration avec Al Pacino, Scorsese rejoue ses meilleurs films de gangsters mais sur un mode mineur. Par "mode mineur", il ne faut pas penser qu'il y aurait un déficit d'ambition, mais plutôt l'abandon de la prédominance de la fiction et une volonté de moins appuyer la virtuosité de la mise en scène. Bien sûr que Scorsese garde son style, ses voix-off, ses montages parallèles et ses arrêts sur image mais il malaxe ces matériaux dans le sens où le curseur est légèrement déplacé, ajusté à une méditation inédite et bouleversante sur la mort. La voix est par exemple plus lente du fait du vieillissement des acteurs; le montage complexe est vertigineux pendant les deux tiers du film – puisqu'il faut quand même raconter une histoire, et celle-ci est dense, comme en attestent le nombre important de personnages et de revirements – mais finit par gagner en simplicité dans la conclusion; enfin, les arrêts sur image ont une dimension mortifère car en même temps qu'ils présentent un nouveau personnage, c'est aussi sa mort qui est indiquée à l'écran. Le film n'a donc pas la vitalité de "Casino" ou des "Affranchis" parce que l'histoire est déjà écrite : celle de Scorsese, dont la carrière est derrière lui, mais aussi celle de Franck Sheeran, qui n'a plus qu'à passer dans sa chaise roulante les derniers instants d'une vie de regrets, envahi par la honte de ne pouvoir avouer le meurtre de son ami Jimmy Hoffa. Ce dernier plan, l'un des plus beaux de l'oeuvre de Scorsese, résonne avec un autre, encore plus mélancolique, qui cadre de dos un Joseph Patrick Kennedy paralysé, en train de regarder inconscient le soleil déclinant. Dans un film qui aura sans cesse confronté la petite histoire à la grande et la soumission des gangsters aux politiques, enfin ces deux plans réconcilient deux personnages antagonistes, non dans un combat idéologique mais dans une mort certaine. Que ce rapprochement se fasse par une idée de mise en scène aussi simple et lumineuse déchire, il dit presque à lui seul la grande beauté de ce film qui compte parmi les plus importants d'un cinéaste définitivement immense.
CH1218
CH1218

219 abonnés 2 931 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2020
Annoncé en 2008 déjà, le film voit enfin le jour, 11 ans après, sous la bannière de Netflix. Scorsese nous sert une nouvelle épopée mafieuse avec le brio qu’on lui connaît en nous contant la vie d’un syndicaliste, travaillant pour le compte du puissant syndicat professionnel des conducteurs routiers présidé par l’incontournable Jimmy Hoffa, qui entretient des rapports privilégiés avec la mafia. Dans la lignée des « Affranchis » (un pur chef d’œuvre) et de « Casino » (un très grand film), « the Irishman » est un long et passionnant métrage qui perd cependant de son accroche durant son dernier tiers, de par l’évidence de son dénouement qui se dessine. Comme l’histoire se passe sur plusieurs décennies, le réalisateur a eu recours au rajeunissement numérique de ses acteurs. Mais contrairement à sa mise en scène, cette pratique n’est pas totalement maîtrisée mais n’interfère nullement sur la qualité globale du film. Pour l’occasion, Joe Pesci est sorti de sa retraite et retrouve Robert De Niro et Harvey Keitel (participation décharnée) ainsi qu’Al Pacino pour ce qui est sa toute première apparition devant la caméra de Marty Scorsese. Après des années de disette, le jeu de ce dernier retrouve enfin de son éclat.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 16 décembre 2019
Parfaitement soporifique
Je l'ai regardé jusqu'à la fin, pour les acteurs.
C'est une suite de séquences interminables, totalement inintéressantes pour la plupart.
Lucas T
Lucas T

1 abonné 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 décembre 2019
The Irishman, dernier film de Scorsese à l'heure où j'écris ces lignes est un pur film de gangster "à l'ancienne", une plongée dans le monde de la mafia du point de vue de Frank Sheeran (Robert De Niro), ancien criminel dans une organisation qui le dépasse.

Ce film est une pure merveille, malgré le fait qu'on puisse regretter de ne pouvoir le voir que sur Netflix (en France en tout cas). Martin Scorsese réussit un coup de maître avec ce (très) long-métrage, à l'heure où les films de super-héros et les comédies sont les maîtres d'Hollywood, et où lui vient s'imposer sur une plateforme parfois décriée par l'industrie avec son style, ses acteurs et ses histoires sombres et complexes.

Déjà, inutile de préciser que si vous voulez regarder le film, il est préférable d'avoir du temps devant vous (3h30, ça peut paraître long). Ensuite, il faut bien s'accrocher car le nombre de personnages et leurs liens ainsi que le contexte historique peuvent paraître parfois durs à saisir. Heureusement, le film prend son temps et ne précipite pas l'action, ainsi on peut assimiler les informations sur les personnages, leurs vies et leur univers. Car oui, les personnages sont extrêmement bien écrits et développés (sans compter le jeu d'acteur grandiose de ceux qui les incarnent). On se plaît à suivre la vie de nos protagonistes et on en veut toujours plus, si bien qu'à la fin, on en ressort avec un manque malgré la durée du métrage. L'histoire se déroulant sur plusieurs décennies, on explore en profondeur l'Amérique à différentes époques dans le long flash-back de Frank Sheeran. On suit ses débuts avec Russell Buffalino (Joe Pesci), son amitié avec Jimmy Hoffa (Al Pacino) et je n'en dirais pas plus pour éviter le spoil.

La musique du film est superbe (In The Still Of The Night est parfaitement bien calée ans l'histoire). Les musiques viennent d'ailleurs de chaque époque montrée dans le film, ce qui rend le tout d'autant plus appréciable part l'authenticité apportée. Authenticité que l'on retrouve d'ailleurs dans la violence, crédible et crue. Les morts sont expéditives et pas forcément glorieuses. Le monde de la mafia est très bien retranscrit dans un ton sombre mais parfois amusant et c'est ça qu'on aime chez Scorsese: du réalisme, de la violence, de la musique et de l'humour.

Pour finir, je ne peux que vous conseiller ce film si vous avez aimé Les Affranchis et si les films très longs et compliqués ne vous font pas peur!
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